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YONNE

[Article mis en ligne le 01-04-2020]

Viticulture

Les mange-bourgeons menacent les vignes

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Les mange-bourgeons grimpent dans les ceps afin de manger l’intérieur des bourgeons.

À la sortie de l’hiver, les vignes icaunaises entrent dans une période de sensibilité. Le moment où des chenilles, appelées «mange- bourgeons» grimpent dans les ceps pour manger les bourgeons de l’année en cours. Un phénomène qui peut causer des dégâts et entraîner une perte de la récolte.

Actuellement dans les vignes, comme chaque année à la même période, des insectes menacent la production. Leur nom ? Les mange-bourgeons. Des chenilles qui se nourrissent des bourgeons de la vigne. «Il y a deux principaux genres de chenilles : les boarmies et les noctuelles», précise Guillaume Morvan, conseiller en viticulture à la Chambre d’agriculture de l’Yonne. «Ces chenilles sont très mal connues. On ne connaît pas forcément toutes les espèces, on ne connaît pas entièrement leurs cycles. Globalement, il y a une génération par an, avec un vol qui a lieu en été et une ponte à la fin de l’été. Du coup, à la sortie de l’hiver, les chenilles se réactivent en fonction de la température et grimpent dans les ceps pour y manger les bourgeons de l’année».
Les vignerons sont donc très attentifs à leurs vignes. «On est en pleine période de sensibilité. Cette période démarre à partir du moment où le bourgeon commence à être gonflé, où les écailles commencent à s’ouvrir, ce qui permet à la chenille de manger l’intérieur», continue Guillaume Morvan. Une période de sensibilité qui dure «jusqu’au stade de «bourgeon éclaté», c’est-à-dire juste avant d’avoir des feuilles ouvertes.

Les vignerons en observation
Alors, comment limiter les dégâts ? «On incite les vignerons à faire des observations dans leurs vignes. On retrouve ces mange-bourgeons souvent dans les mêmes parcelles», explique le conseiller viticole de la Chambre d’agriculture de l’Yonne. «On va dans les vignes et on essaye de voir s’il y a une fréquence de ceps dans lesquels on trouve des bourgeons mangés, qui est suffisamment importante. Il y a un seuil de traitement qui est de 10 % de pieds attaqués avec au moins un bourgeon. Tant que l’on est en dessous, il n’y a aucune nécessité de traiter».
Et traiter ne veut pas forcément dire utiliser un produit, «c’est lutter contre les chenilles. Le premier réflexe, c’est d’enlever les chenilles à la main, car très souvent elles n’attaquent qu’une petite partie de la parcelle. Mais lorsqu’une parcelle est complètement attaquée, dans ce cas-là, il y a des traitements».
Aussi, certains vignerons icaunais ont mis au point une soufflerie afin de se débarrasser des chenilles. «Ils passent le pulvérisateur mais uniquement avec l’air, sans produit, ce qui permet de décoller les chenilles des baguettes», détaille Guillaume Morvan. «Il y a des panneaux récupérateurs de l’autre côté pour les récupérer afin de les enlever de la vigne». Un moyen astucieux qui permet de gérer les plus grandes surfaces touchées par les mange-bourgeons sans traiter pour autant.

Un effet hivernal
L’Yonne semble faire partie des départements les plus touchés par ces chenilles. «On a dû mesurer, quelques années, 20 à 25 % de perte de récolte sur certaines parcelles», assure Guillaume Morvan.
Si tous les cépages sont potentiellement attaquables, les dégâts sont variables d’une année à l’autre. «Il y a un effet de l’hiver qui joue», indique Guillaume Morvan. «La dernière très grosse année, en termes de dégâts, c’était en 2005. Ce qui s’était passé, c’est qu’au moment du débourrement, il y a eu une période de froid et la vigne n’avait pratiquement pas poussé pendant trois semaines, restant au stade de sensibilité. Donc les chenilles étaient venues se nourrir sur la vigne».
Cependant, l’hiver doux, comme on le connaît cette année, n’est pas forcément favorable au développement des mange-bourgeons. «C’est une réflexion que l’on a. Depuis quelques années, on a des mois de janvier et février qui ne sont pas particulièrement froids, avec même de belles périodes. Et on a déjà constaté qu’à cette période, on avait des chenilles déjà actives mais qui ne trouvaient pas forcément des bourgeons à manger, car ces derniers sont très durs. Alors on se demande si ces chenilles ne meurent pas de faim ou de perte d’efficacité. Et au moment où la vigne est sensible, il est possible qu’il y ait une certaine quantité de chenilles qui soit déjà morte», conclut Guillaume Morvan.

Christopher Levé

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