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YONNE

[Article mis en ligne le 15-11-2018]

Semis d’automne

Des conditions de semis jamais vues

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L’orge de Philippe Benard (au fond) a levé en deux vagues successives.

La longue sécheresse a influencé les semis des cultures d’automne. Le retour de la pluie soulage les céréaliers qui peuvent enfin terminer leurs semis.

Des difficultés à entrer dans les champs pour semer à cause de l’humidité, c’est habituel. Mais des semis rendus difficiles à cause d’une sécheresse, c’est plutôt inédit ! À Marchais-Béton, en Puisaye, Philippe Benard confie n’avoir «jamais vu une période de sec aussi longue ! On n’a pas eu de pluie depuis le 15 juin et la première pluie conséquente a été… de la neige !» Le céréalier exploite 206 ha en rotation colza-blé-orge, avec du pois ajouté cette année. Il a pu semer 90 % des surfaces destinées au colza après un labour, entre le 20 et le 30 août. Le colza est correct, pour ce qui a levé. «Fin septembre on a retourné 30 % qui n’ont pas réussi. C’est la première fois que je rate du colza ! Dans la partie que j’avais désherbée j’ai mis du pois, et j’ai mis du blé et de l’orge dans les parties non désherbées.» Philippe Benard a semé ses orges précipitamment, entre le 9 et le 13 octobre, pour qu’elles bénéficient de la pluie conséquente annoncée le 14 octobre. Pluie qui n’est jamais arrivée, comme de nombreuses précipitations annoncées par la météo, qui a provoqué beaucoup de faux espoirs chez les agriculteurs durant la sécheresse. Il n’a fait que 30 ha sur les 50 ha initialement prévus. «J’ai semé du blé sur un précédent blé dans le reste, j’ai jamais semé de l’orge si tard, je ne sais pas ce que ça peut donner donc j’ai préféré semer du blé, qui est plus adapté à un semis tardif. Avec le risque que ça donne moins…» Les orges ont levé, mais en deux vagues successives, la deuxième pointant tout juste le bout de ses cotylédons. L’agriculteur a attendu le retour de la pluie pour semer son blé du 23 octobre au 9 novembre, des dates qui sortent de l’ordinaire dans le coin «D’habitude, en Puisaye, on ne sème plus après le 25 octobre. Et au 15 octobre les semis de blé sont terminés. Cette année, on a semé bien plus fort, je suis à 250 grains au m2 en temps normal, cette année, on est plus à 330-350…» Le Poyaudin espère maintenant un hiver doux, pluvieux mais sans plus. «On a usé beaucoup d’outils, de fioul et de temps cet été avec cette sécheresse… Au moins, semer tard limite les risques de jaunisse nanisante, d’autant plus qu’il n’y a plus de Gaucho ! Reste à voir si les champs seront propres».

Déséquilibre de levée
À Mercy, près de Brienon-sur-Armançon, Bernard Thevenon exploite 160 ha en rotation colza - pois chiche - blé - escourgeon - orge de printemps sur place et un peu plus loin, en forêt d’Othe. Son colza, semé du 12 au 15 août, a reçu 8 mm de pluie, ce qui a permis sa levée. «Il est magnifique aujourd’hui ! J’ai fait juste un insecticide début septembre mais il n’y a pas trop eu de pression. Mon fils par contre, a dû retourner 15 ha. Le seul bémol : j’ai dû échanger une parcelle dans ma rotation, je n’avais pas pu la déchaumer. J’ai semé sur une parcelle destinée au pois chiche, en association sur un Cipan, et je mettrai du pois chiche sur l’autre». Concernant le blé et l’orge, l’agriculteur a semé du 1er au 14 octobre, lui aussi un peu plus dense que d’habitude pour pallier les conditions sèches et anticiper sur une perte. «Je travaille en semis simplifié donc ça a été, et les 3 ou 4 mm de pluie tombés ont suffi pour faire lever tout de suite après semis dans les limons battants. En revanche, dans les argiles, ça ne lève que maintenant. Le déséquilibre de croissance va poser problème pour le désherbage, il faudra favoriser les parcelles les plus développées en premier». En plus de la sécheresse, Brenard Thevenon se voit confronté à une autre problématique : les sangliers, plus virulents que jamais. «On a un gros problème de sangliers pas maîtrisés. Je viens d’avoir une parcelle de 3,65 ha détruite à 65 %, je dois resemer. On est obligé de clôturer les parcelles maintenant, ce ne sont pas des conditions de travail ! ».

Orianne Mouton

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