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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 18-10-2018]

Val de Saône

«Une année très particulière»

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La levée du colza est très hétérogène (photo prise le 10 octobre).
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Le maïs grain non irrigué a vu ses rendements diminuer de 30 %. Le maïs irrigué a maintenu son potentiel, moyennant un apport d’eau deux fois plus important que d’ordinaire.

Philippe Dubief, à Losne, évoque les conséquences de la sécheresse dans ses grandes cultures.

L’agriculture subit de plein fouet les conséquences du changement climatique. Près de Saint-Jean-de-Losne, Philippe Dubief avait déjà été contraint de retourner 40 ha de colza, pour semer du soja. «Les précipitations avaient été très importantes en début d’année, je me suis retrouvé avec un certain nombre de parcelles morcelées», se rappelle l’exploitant de 52 ans. Après une baisse de 15 % des rendements de céréales lors de la moisson d’été, un autre aléa climatique est intervenu rapidement avec la sécheresse. Les impacts sont nombreux et parfois conséquents. Le premier en date concerne la mise en place de couverts végétaux rentrant dans la réglementation des SIE : «Un mélange composé d’avoine, de vesce et de trèfle blanc a aussi vite levé que végété, il n’aura strictement rien apporté au sol», regrette Philippe Dubief.

Mauvaise posture pour le colza
Le colza, semé comme tous les ans entre le 25 août et 1er septembre, n’a pas reçu l’eau nécessaire pour lever. «Il pleut généralement autour du 15 août dans le secteur et ce, au moins neuf années sur dix. Il n’y a rien eu cet été, ni même en septembre ce qui est exceptionnel. Il est tombé pour la première fois 10 mm le week-end des 6 et 7 octobre, fort heureusement. Je n’avais jamais vu cela depuis mon installation en 1992», poursuit le Côte-d’Orien. Une très forte hétérogénéité était constatée dans ses cultures à la date du 10 octobre : «le développement végétatif varie selon le type de terre. Le colza n’a toujours pas levé dans l’argile, c’est un peu mieux dans les limons sableux. Ce constat est général dans les alentours. Que faire devant une telle situation, qui plus est inédite ? Personnellement, j’ai décidé de laisser passer l’hiver. Espérons que le climat puisse corriger ce retard de végétation, avec de l’eau sans plus tarder et un hiver assez clément en termes de températures, pour permettre un certain rattrapage de la pousse. Dans le cas contraire, de fortes gelées pourraient être dévastatrices cet hiver. Il faudra alors envisager des semis partiels de soja dans les parties où il n’y a plus rien. Je prendrai une décision en sortie d’hier, courant février».

Cultures de printemps en berne
Les cultures de printemps de Philippe Dubief ont enregistré des baisses de rendements supérieures à 30 % pour la partie non irriguée de la ferme : «leur développement végétatif ne s’est pas déroulé dans des conditions optimales, c’est le moins que l’on puisse dire, avec de fortes chaleurs et la sécheresse qui perdure. Pour le soja, qui a été récolté dès le début du mois de septembre, nous approchons une baisse de 40 % des rendements. Ces derniers sont décevants dans le secteur et varient le plus souvent entre 20 et 25 q/ha. Le maïs non irrigué a beaucoup souffert lui aussi, la baisse est de l’ordre de 30 % avec des résultats allant de 75 à 85 q/ha pour mon exploitation. C’est la première fois que je récolte aussi tôt le maïs, dès le 20 septembre. Le seul point positif concerne les frais de séchage qui seront plus que limités cette année. D’ordinaire, un coût d’environ 25 euros la tonne est appliqué pour un taux d’humidité de 30 %, avec des tarifs dégressifs». Les champs de soja et maïs irrigués de Philippe Dubief ont davantage tiré leur épingle du jeu en maintenant tant bien que mal leurs potentiels, moyennant toutefois une irrigation deux fois plus importante qu’une année plus classique. «Une parcelle de maïs a nécessité six tours d’eau cette année, c’est exceptionnel, mais le coût n’est pas neutre, avec un tarif de fioul d’environ 40 euros à l’hectare à chaque irrigation», illustre l’exploitant de Losne.

Orge et blé dans l’attente
Après l’orge d’hiver les 5, 6 et 7 octobre, Philippe Dubief semait son blé la semaine dernière, avec là encore beaucoup d’interrogations : «s’il pleut demain, tout ira bien pour ces deux cultures. Si tel n’est pas le cas, leurs potentiels risquent d’être impactés comme pour le colza. Cette année est vraiment particulière et difficile sur tous les plans. Nous avons bénéficié d’un effet prix, fort heureusement, mais celui-ci doit être tempéré car nous ne faisons qu’approcher nos coûts de production, ce qui est un minimum».

Aurélien Genest

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