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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 06-12-2018]

Productions végétales

L’APPV 21 à l’écoute du projet R2D2

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En introduisant l’assemblée générale de l’APPV 21, son président, Didier Lenoir, a rappelé les temps forts de l’année 2017 et surtout son point d’orgue, le congrès national de l’AGPB. Entre le constat amer d’attaques de plus en plus violentes subies par l’agriculture et l’espoir de trouver des alternatives techniques durables, 2018 se termine en demi-teinte et préfigure les dossiers à venir et à tenir en 2019.

L’année 2018 apporte encore son lot de dossiers à pousser tant auprès des instances européennes que du gouvernement français : Égalim, produits phytosanitaires, rééquilibrages des aides Pac et l’épineuse question de la séparation de la vente et du conseil… Mais ce qui marque encore plus ces derniers mois, c’est l’accélération des procès d’intention faits à l’agriculture en général et aux grandes cultures en particulier.
«On a subi un cran de plus dans le niveau de violence des attaques» regrette Didier Lenoir. Face aux charges constantes, largement relayées ou orchestrées par médias interposés, la lutte est inégale. C’est «un problème de fond» déplore le président de l’APPV 21, car en amalgamant certains chiffres on tord le cou à la réalité et on biaise les résultats. Pour Didier Lenoir «au-delà de la dénonciation des pesticides, ces remises en cause traduisent une inquiétude générale du public envers la chimie. On fait des amalgames sur tout, alors que les consommateurs ne savent pas toujours que certains produits interdits depuis longtemps en agriculture, sont encore présents dans des produits cosmétiques largement utilisés».
Ce manque d’information créée forcément une opacité que certains grands de l’industrie chimique savent entretenir. L’agriculture en première ligne de défense subit ainsi souvent de mauvais procès qui ne la concernent plus depuis longtemps.

Communiquer tous azimuts
Cette situation, qui devient insupportable à nombre de producteurs, montre une fois de plus la nécessité de communiquer mieux et tous azimuts pour que les bulles des fakes news et autres manipulations de chiffres, éclatent. C’est important, rappelle Didier Lenoir, «car après chaque attaque très médiatisée, il faut du temps pour remonter la pente». Le grand air de la calomnie une fois joué, il devient très difficile de se faire entendre positivement.
La conclusion s’impose à tous : «nous avons tout intérêt à valoriser ce que l’on fait et à communiquer largement dessus».
L’intervention de Nicolas Cerutti, de Terres Inovia, a justement donné du grain à moudre aux adhérents présents, en expliquant comment à partir d’une impasse, on peut raisonner différemment et se donner les moyens de produire en utilisant au mieux toutes les ressources d’une biodiversité naturelle, qu’il est important de préserver car elle peut être un allier de poids pour les cultures.

Projet R2D2 : la faune auxiliaire en première ligne de défense
Nicolas Cerutti a d’abord posé le décor : sur les plateaux de Bourgogne, la gestion chimique des principaux ravageurs d’automne du colza se trouve limitée par des résistances majeures aux insecticides de la famille des pyréthrinoïdes.
Les exploitants se trouvent dans des impasses, diminuent leur sole de colza et l’économie des exploitations s’en ressent. C’est une situation d’autant plus grave, qu’elle s’étend à d’autres régions en France.
Pour trouver des solutions opérationnelles et accompagner les agriculteurs, Terres Inovia et ses partenaires (Arvalis-Institut du végétal, Seine et Yonne, Soufflet Agriculture, Dijon Céréales, l’Inra et la Chambre d’agriculture de l’Yonne) ont conçu le projet R2D2 : «Restaurer la régulation naturelle et améliorer la robustesse des cultures pour réduire l’utilisation des insecticides en Bourgogne». Tout est dit ou presque dans l’intitulé, mais tout reste à faire et à prouver.
Le projet concerne une zone de 1 000 ha environ et s’étale sur six ans. Délai indispensable à l’expression des mécanismes naturels de régulation et à la validation de modes de gestion alternatifs.
Le projet s’appuie sur deux piliers. Le premier, consiste à préserver la vie et l’activité de la faune auxiliaire qui régule naturellement les ravageurs, à condition de ne pas être éradiquée elle-même par les interventions.
Ce qui amène à limiter des apports chimiques mieux les cibler (dans le temps et dans l’espace), à adapter les pratiques agricoles (éviter au maximum le travail du sol, miser sur les couverts), implanter des bandes fleuries (zones de refuge et de nourriture pour ces insectes floricoles) etc.
Le second pilier consiste à augmenter la robustesse des cultures et donc leur résilience vis-à-vis des attaques d’insectes, en s’appuyant sur les leviers agronomiques que sont : l’allongement des rotations, l’augmentation de la fertilité du sol, les associations culturales, le décalage des dates de semis…
La recherche d’alternatives et les tests grandeur nature en cours sont menés collectivement, mais la prise de risque doit rester limitée pour les agriculteurs volontaires. Reste donc à trouver des solutions financières qui permettent d’accélérer le mouvement, en réduisant d’un cran le risque financier pour des exploitations déjà très éprouvées sur le plan économique.

Anne-Marie Klein

Pierre Kons
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