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YONNE

[Article mis en ligne le 01-10-2020]

Chanvre

Une culture supplémentaire pour diversifier les rotations

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Le chènevis (la graine de chanvre) est trié, séchée puis à nouveau triée à la récolte.

Afin de diversifier les rotations sur leurs exploitations, six agriculteurs bios ont fait le choix de cultiver du chanvre. Une plante qui a l’avantage d’être un véritable complément de ce qui existait déjà sur leurs fermes.

Dans le nord du département, six agriculteurs ont fait le choix d’instaurer la culture du chanvre sur leurs exploitations respectives. Pour un total de 90 hectares. «C’est une culture supplémentaire. On est tous en système bio et on a besoin de diversifier les rotations», indique Jérôme Vincent, agriculteur à Chigy. «Le chanvre est vraiment une culture différente des autres. On n’est pas du tout sur les mêmes espèces : une fleur différente, des époques de semis et de récolte différentes. C’est vraiment un complément de ce qui existait déjà sur nos fermes».
Le chanvre est une culture compliquée à récolter. Cela a donc demandé une organisation pour les agriculteurs. «Une Cuma a été créée spécifiquement pour les bios. On est six agriculteurs dans la Cuma bio Vanne et Othe à faire du chanvre et donc à mutualiser le matériel : Arnaud Souchet (Dixmont), Joël Priault (Les Bordes), Jean-Loup Benoist (Dixmont), Emmanuel Cretté (Dixmont), Benoit Vallée (Cérilly) et moi-même», détaille Jérôme Vincent. «On fait les chantiers de récolte ensemble. On est tous sur le même bassin d’alimentation. Donc on a les mêmes problématiques. Le chanvre apporte un plus sur nos exploitations».
La récolte du chanvre se fait courant septembre. «Nous sommes sur un territoire compliqué donc les rendements ne sont pas ceux escomptés. Ils sont de 500 kg pour le chènevis (la graine, ndlr) à l’hectare, avec des écarts entre 200 et 1 000 kg suivant les années. Et en paille, on va être entre 4 et 6 tonnes à l’hectare. On est environ 30 % inférieur à ce que l’on attendait. Mais cela est dû à notre secteur dit intermédiaire», poursuit-il.

Une pousse très rapide au départ
Alors, comment se cultive le chanvre ? «Assez simplement», rit Jérôme Vincent. «Comme on est en bio, on est sur un labour d’hiver pour nettoyer les terrains. On fait une préparation de sol (deux à trois fois) pour faire des faux semis pour faire des premières germinations, que l’on détruit ensuite avant de semer. Ce qui permet de ne pas avoir de mauvaises herbes de suite».
Le chanvre est une plante qui a besoin de pousser très vite au départ. «Donc on attend d’avoir un sol réchauffé, supérieur à 12-14 °C, pour semer (souvent courant avril ou mai)». C’est aussi une culture très sensible au tassement du sol. Il faut donc un sol bien ressuyé et bien préparé. «Si on a la chance d’avoir un peu d’humidité et de la chaleur, c’est une plante qui va pousser très vite».
La récolte du chanvre se fait en deux parties. «Le chènevis que l’on récolte avec une moissonneuse-batteuse classique avec un équipement spécifique. Le chènevis est récolté dans une benne et on a quatre heures pour le trier et le sécher. Il faut obtenir un taux d’humidité de 9 % au maximum pour que les acides ne se développent pas dans la graine, car elle sert à faire de l’huile alimentaire», explique Jérôme Vincent. «La deuxième production est la paille de chanvre qui est fauchée tout de suite. On la laisse au sol pendant cinq jours. Puis on l’andaine et on la laisse sécher encore deux jours, avant de la mettre en balle ronde. Les productions sont ensuite livrées à la Chanvrière de l’Aube», conclut-il.

Christopher Levé

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