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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 05-03-2020]

Innovation

Cuma : quand adaptation rime avec satisfaction

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Les Cuma participent au développement des circuits courts via la mutualisation d’ateliers de transformation, de moyens de transport et de commercialisation.

Avec un réseau de 11 740 structures en France métropolitaine les Cuma restent pour plus de 200 000 agriculteurs une solution efficace pour partager les frais de mécanisation mais pas seulement. En s’adaptant aux nouveaux modes de commercialisation et aux changements climatiques, elles font preuve de grande adaptation.

Lieu d’échanges entre agriculteurs, les Cuma sont reconnues pour de nombreuses activités de mécanisation. 87 % d’entre elles ont une activité de récolte et 81 % une activité de travail du sol. Le transport et la manutention (80 %), la fertilisation (73 %) et les semis (65 %) sont aussi des postes particulièrement présents en Cuma. Celles-ci sont de plus en plus nombreuses à s’engager vers d’autres modes de cultures. « D’après les derniers chiffres recensés, en 2017, 2 480 Cuma avaient une activité de désherbage alternatif », indique Manon Bossa, chargée de mission agroéquipement à la FRCuma Aura. Elles sont, par ailleurs, impliquées dans près de 130 GIEE, groupement favorisant l’émergence des dynamiques collectives prenant en compte à la fois des objectifs économiques et des objectifs environnementaux, sur les thématiques sols, gestion de l’azote et autonomie alimentaire. Depuis 2016, les Cuma favorisent l’emploi. Elles sont reconnues comme groupement d’employeurs et mettent donc à disposition de leurs adhérents un ou plusieurs salariés. « Aujourd’hui, quelque 1 615 Cuma portent la casquette d’employeur pour un total de 4 700 salariés », ajoute-t-elle.

L’enjeu des aléas climatiques
Ces dernières années, les aléas climatiques leur ont demandé une plus grande capacité d’adaptation. « Aujourd’hui, la fenêtre de tir pour réaliser certains travaux agricoles est de plus en plus courte. Nous constatons que les changements climatiques ont un double impact sur les Cuma : soit ça oblige les agriculteurs à aller vers encore plus de matériel partagé optimisé, avec toute la difficulté qui est celle d’arriver à anticiper la météo, soit ils sortent carrément du système Cuma et se tournent plutôt vers un entrepreneur indépendant pour réaliser leurs travaux sur l’exploitation », explique Manon Bossa. Pour mieux répondre aux attentes des agriculteurs, certaines d’entre elles ont, par exemple, fait le choix d’investir dans un tracteur ou bien ont décidé d’embaucher un salarié pour davantage structurer les projets internes et/ou inter-Cuma. « Cela arrive assez souvent en cas de besoins soudains et imprévisibles qu’il y ait des arrangements entre Cuma. L’entraide est une philosophie qui est encore très ancrée », ajoute-t-elle. La plateforme mycuma.fr qui recense la quasi-totalité des structures françaises peut aussi donner lieu à des échanges réguliers, chaque adhérent(e) ayant une vue globale sur les disponibilités de matériel près de chez lui/elle.

Du matériel spécifique
Ces dernières années, le passage au bio et le changement du travail du sol avec des techniques culturales simplifiées (TCS) ont beaucoup fait évoluer l’organisation de certaines Cuma. C’est aussi le cas des productions très localisées, sous signes de qualité. Elles s’équipent, par exemple, de matériels spécifiques pour la production de noix de Grenoble AOP ou encore de la châtaigne d’Ardèche AOC. « Elles investissent autant sur l’amont de la production que sur l’unité de transformation, le séchage et le calibrage de leurs produits, des phases très importantes avant la commercialisation », ajoute la chargée de mission à la FRCuma.

Adaptation aux circuits courts
Pour s’adapter aux nouveaux modes de commercialisation, notamment aux circuits courts, certaines Cuma investissent non seulement dans des moyens de production mais aussi dans des moyens de transformation, de transport et de commercialisation en groupe. Les Cuma participent au développement des circuits courts via la mutualisation d’atelier de transformation. Plus d’une cinquantaine d’entre elles sont impliquées dans cette activité. Exemple à la Cuma des producteurs du gras de Volvestre (Haute-Garonne) où une petite trentaine d’adhérents partage un atelier de découpe, de transformation, de conditionnement et de préparation de plats cuisinés de canards gras. Une soixantaine de Cuma sont également impliquées dans des activités logistiques autour des circuits courts, tels que des chambres froides ou des camions de livraison. « La Cuma du Roannais a investi dans un camion de fabrique d’aliments à la ferme pour une centaine d’adhérents de trois Cuma porteuses du projet dans un rayon de 40 km autour de Roanne. Elle permet de broyer, aplatir, mélanger et incorporer des vitamines ou minéraux. Il s’agit d’un projet unique en France ». La section logistique « Terroirs sur la route » de la Cuma de la terre à l’assiette (Loire-Atlantique) a fait le choix d’investir dans un camion frigorifique commun pour la vente directe afin d’optimiser la livraison des produits de la ferme aux consommateurs. Des démarches de commercialisation en groupe ont vu aussi le jour suite à la note de service DGAL du 7 avril 2010 ouvrant la possibilité de gérer un point de vente collectif (PVC) en Cuma. « Nombre d’entre elles ont investi, entre autres, dans des balances et des caisses communes au sein d’un même magasin de producteurs », conclut Marion Bossa.

Alison Pelotier

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