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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 18-06-2020]

Commercialisation

Drives fermiers : un succès au-delà du confinement ?

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Mi-mars, les drives fermiers ont dû mettre en place des conditions de distribution adaptées aux contraintes sanitaires, tout en faisant face à une forte progression de leurs commandes.

Le grand public les a découverts à l’occasion du confinement : les drives fermiers se sont retrouvés en pleine lumière, porteurs de valeurs de proximité et de produits frais naturels. Leur succès très soudain n’était-il qu’un feu de paille ? Qu’en est-il une fois advenu le déconfinement ?

L’amour ne dure que trois ans, paraît-il. Pour les drives fermiers, le coup de foudre est-il allé, lui, au-delà des contraintes du confinement ? Alors que de sévères restrictions de circulation se sont imposées à nous à la mi-mars, ces organisations de commercialisation et de distribution de produits agricoles ont soudain été placées aux avant-postes de l’espace médiatique. Le grand public, d’un seul coup, ne jurait plus que par les circuits de distribution de proximité, l’accès à des produits frais et sains, le soutien affiché et revendiqué aux producteurs locaux. Des approches de consommation dont, objectivement, on ne pouvait que se féliciter. Mais aujourd’hui, qu’en est-il ? Les grandes déclarations sur la nécessité de profiter de ce choc sanitaire pour repenser nos modèles économiques et nos modes de consommation ont-elles tenu au-delà du 11 mai, date du démarrage du déconfinement ? Bien que Bourguignons, on peut risquer, sur ce thème, une réponse de Normand : oui et non. Incontestablement, la crise du Covid-19 et les contraintes du confinement ont permis à ces organisations de se faire connaître et d’attirer au-delà du cercle d’une clientèle de convaincus et d’habitués.

Retour à une belle normalité
En Bourgogne, la progression très rapide des inscriptions et des commandes auprès des drives fermiers, observée mi-mars, en témoigne. En Côte-d’Or, cette structure, créée en 2016, a dû faire face, en quelques jours, à un triplement de ses commandes, qui sont passées de 80 par semaine, à 230. Entre le 18 et le 19 mars, on était passé sans coup férir de 130 à 230 commandes ! Naturellement, une telle montée en puissance avait obligé les producteurs réunis au sein du drive à adapter la logistique de livraison hebdomadaire des produits, en tenant compte des contraintes sanitaires. Aujourd’hui pourtant, comme le confirme Jade Rolée, conseillère à la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or et membre de l’équipe assurant le fonctionnement du drive, «tout cela est un peu retombé. On s’y attendait et, malgré tout, le niveau de commandes reste plus élevé que ce qu’il était avant le confinement. Il est encore deux fois supérieur à ce que nous connaissions auparavant» (soit aux alentours de 160 commandes hebdomadaires ndlr). «Il faut aussi reconnaître, ajoute la jeune femme, que la très forte progression rencontrée au moment du confinement a parfois été difficile à suivre, avec des volumes de produits pas toujours suffisants». En Côte-d’Or donc, c’est un retour à plus de normalité qui se profile mais l’organisation aura tout de même gagné en visibilité et en débouchés. Du côté de l’Yonne, on observe aussi une retombée du soufflet, de manière générale. Mais là encore, les drives ont tout de même capté une nouvelle clientèle dont une partie reste fidèle, en dépit du déconfinement. «L’objectif national affiché par les drives fermiers, note Alice Demolder-Bilhot, conseillère Diversification à la Chambre d’agriculture de l’Yonne, c’est de conserver 25 à 30 % de la clientèle nouvelle attirée pendant le confinement. À notre niveau, nous avons mis en place une enquête de satisfaction à travers laquelle nous tentons aussi de comprendre pourquoi certaines personnes qui sont venues pendant le confinement, ne le font plus».

Panier moyen en hausse
Dans ce département, plusieurs drives sont en fonction à Sens, Auxerre et Avallon. «À Sens, précise la conseillère, les commandes ont été multipliées par trois. Nous étions montés à plus de 180 par semaine. Aujourd’hui, le niveau est revenu à 100 paniers hebdomadaires». Sur Auxerre et Avallon, au plus fort, les commandes ont atteint près de 400 paniers par semaine. Actuellement, le compteur en affiche 250. «Il faut se souvenir qu’avant la crise, souligne Alice Demolder-Bilhot, on livrait entre 35 et 40 paniers par semaine à Sens, 80 à Auxerre et une trentaine à Avallon…» L’impact a donc été réel et même si, comme le déplore Christophe Rousseau, secrétaire du drive fermier et producteur de viande dans l’Yonne, «certains ont repris les “ bonnes ” habitudes de l’hypermarché, après nous avoir dit «C’est génial ce que vous faites» personne n’a le cœur à se plaindre de l’impact économique bénéfique qu’a eu le confinement. «Notre structure, poursuit Christophe Rousseau, a réalisé un chiffre d’affaires de 25 000 euros par semaine pendant le confinement et comme nous n’avons pas de grosses charges, en termes de locaux notamment, on ne peut que se réjouir de cela. Aujourd’hui, notre rythme de croisière se situe à 250 paniers par semaine, c’est déjà une belle progression…» Sans oublier que, dans ce département, le montant moyen du panier acheté au drive, qui était de 35 euros avant le confinement, est monté à 60 euros pendant ce dernier. Dans le paysage régional des drives fermiers, celui de la Nièvre est un cas particulier : c’est justement le confinement qui a entraîné sa naissance. La Chambre d’agriculture du département en a été la structure porteuse mais, à présent, il s’inscrit dans le paysage à travers une association nouvellement créée, sobrement nommée «Drive fermier de la Nièvre», dont la présidence est assurée par Amélie Vincent, productrice locale (voir également page 10 de ce numéro). «Au moment de notre création, explique Amélie Vincent, nous avons livré jusqu’à 150 paniers par semaine sur deux sites, à Nevers et Saint-Benin d’Azy. Aujourd’hui, le rythme s’est un peu ralenti, autour de 80 à 90 paniers». Qu’importe, les producteurs ont trouvé là un vecteur de structuration de leur distribution et un noyau de clientèle solide. Avec le confinement, les drives fermiers n’ont certes pas complètement renversé les habitudes de consommation, mais ils ont consolidé leur place dans le paysage de la distribution alimentaire et ce n’est déjà pas négligeable.

Berty Robert

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