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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 06-06-2019]

Économie

L’agroalimentaire français «délocaliserait» trop pour exporter

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( Crédit photo : Agri 53 )
Plutôt que de produire en France pour ensuite exporter, les industriels français auraient plutôt tendance à s’implanter directement sur les marchés visés, observe la Cour des comptes dans un récent référé. Moins forte chez leurs homologues allemands, cette internationalisation aurait des conséquences directes sur le solde commercial. L’exemple laitier semble criant.
La production délocalisée se substitue à des exportations depuis le territoire français», conclut la Cour des comptes dans un référé du 20  mai, très critique vis-à-vis de la politique française de soutien aux exportations agricoles et agroalimentaires. Comme piste de réflexion, les sages de la rue Cambon proposent au gouvernement de se pencher sur les stratégies des «groupes français [qui] ont davantage délocalisé leur production que leurs concurrents de l’UE».
En juin  2005 déjà, l’INSEE prévenait que «l’internationalisation de l’économie française se traduit davantage par l’implantation à l’étranger de filiales de firmes multinationales que par des exportations». 52  % des activités et 53  % de l’emploi industriel des multinationales françaises sont réalisés à l’étranger. Une part bien plus importante que pour les entreprises allemandes, assure la Cour des comptes. «L’économie française a choisi une forme d’internationalisation différente de son voisin allemand, dans laquelle l’investissement de production à l’étranger occupe une place plus importante», explique-t-elle à Agra Presse.
Dans le secteur laitier, les chiffres sont très parlants. Les industriels français transforment 20  milliards de litres de lait à l’étranger et 23,8  milliards de litres en France. En Allemagne le ratio est de 5  milliards pour 30,3  milliards de litres transformés en Allemagne.

Lactalis investit toujours plus à l’étranger
Dans le détail, Savencia (4e industriel laitier français en chiffre d’affaires) se targue, par exemple, d’être le numéro un au Brésil des fromages fondus et un acteur majeur des ingrédients en Argentine. L’industriel privé est aussi bien implanté en Russie où il dispose d’outils de fabrication. Sodiaal (3e) fabrique des fromages Entremont aux quatre coins de l’Europe et des yaourts Yoplait en Chine. Plus petite, la coopérative Eurial est tout de même implantée aux États-Unis. Mais c’est le numéro un mondial du lait, Lactalis, qui se développe toujours plus à l’international.
Rien que sur l’année 2018, l’industriel a investi dans des yaourts aux États-Unis ; a pris une participation majoritaire dans un groupe libanais spécialisé dans les fromages fondus ; s’attaque aux fromages canadiens par le biais de sa filiale italienne Parmalat ; a acheté des usines de lait infantile en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et au Mexique  et a repris une partie des activités de Nestlé en Malaisie.

Autant d’implantations qui grèveraient le solde commercial français car «ce qui est produit à l’étranger se substitue aux produits qui pouvaient être exportés depuis la France auparavant», estiment les magistrats, «au moins en partie», précisent-t-ils. En partie, en effet, car, dans le commerce international, le transport et la logistique jouent un rôle central dans la stratégie des entreprises. Exporter du lait liquide en bouteille ou des produits ultra-frais à l’autre bout du monde n’est pas toujours le plus pertinent, ni même possible.

Des flux d’importations
La Cour des comptes sous-entend également que la stratégie d’internationalisation des entreprises françaises entraîne des flux d’importation. «Une partie plus ou moins importante de la production des groupes multinationaux français à l’étranger revient en France sous forme d’importations», explique-elle. «Si l’on étudie la liste des 500 premiers exportateurs et importateurs français du secteur agricole et agroalimentaire, les mêmes entreprises figurent bien souvent des deux côtés. La plupart des exportateurs sont aussi des importateurs importants de produits agricoles et agroalimentaires», remarque la Cour des comptes. La double peine serait donc appliquée au solde commercial : moins d’exportations et plus d’importations, le grevant irrémédiablement.

AJ

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