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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 06-06-2019]

Global Feder

Segmentation accrue

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Yves Largy, président de Global Feder
Le 29 mai à Chalon-sur-Saône se tenait l’assemblée générale de Global Feder, Terre d’Ovin et Feder Éleveurs bio. Si ces entités connaissent des hauts et des bas avec la conjoncture, l’Union de coopératives continue de développer ses marchés pour mieux rémunérer ses éleveurs adhérents.
Symbole que les ovins sont considérés au sein de Global Feder, Gilles Duthu débutait cette assemblée sur l’exercice 2018 chez Terre d’ovin. Si l’année a connu une baisse d’activité, il préférait plutôt positiver les 35% de «progression» en dix ans de l’activité. Il ne cachait pas néanmoins que côté prix, la conjoncture est «compliquée». Pour essayer de valoriser, une nouvelle démarche Label Rouge a été engagée sur les races rustiques ou prolifiques. Au total, c’est 20 % de la production ovine qui est vendue sous signes de qualité chez Terre d’ovin.
Autre entité misant sur un signe de qualité officiel, Feder éleveur bio (FEB) a «étendu» son périmètre à « l’ensemble » de la zone Feder. Un «agrandissement» qui va de pair avec celui des outils chez Séléviandes et Unebio. Nicolas Boucherot, Président de FEB, vise d’ailleurs maintenant à «mieux planifier» pour encore «mieux valoriser».

3 900 bovins par semaine
Deux bonnes introductions au rapport d’activité complet réalisé par le directeur de Feder, Michel Millot qui campait immédiatement l’importante activité «bovin» : 195 000 bovins mis en marché en 2018 par les trois coopératives bovines de Feder, soit 3 900 chaque semaine ! Dans le détail, 100 801 pour Socaviac et 91 380 pour Global. Chaque semaine, cela représente 1 700 bovins de boucherie et 2 200 bovins maigres. Le groupe livre vingt abattoirs différents en bovins, dont Bigard-Socopa principalement (79 % du total).
Divisé en onze zones, par centre spécialisé ou non, la zone «Bourgogne du Sud avec Rhône-Alpes» pèse quelque 53 000 bovins sur le total. 40 % en gras et 60 % en maigre, soit quasi la moyenne du groupe (44 % / 55 % ; 1 % repro). Michel Millot notait au passage la «très forte augmentation de l’activité génisse» (21 000 en 2018), laissant à son président le soin de conclure sur ce phénomène.

Première année d’Eurofeder
Côté bovins maigres, principalement des broutards (64 300), la tendance 2018 est-elle à la baisse. 57 % d’entre eux sont destinés à l’export. À noter que 22 % des broutards partent néanmoins chez d’autres éleveurs. «Nous tenons à cette activité», insistait Michel Millot. Ce qui fait donc 480 bêtes par semaine pour de l’engraissement ou repousse. Certes loin derrière les 1 200 bovins maigres partant à l’export chaque semaine. Pour l’exercice 2018, Eurofeder aligne des chiffres impressionnants : 230 871 têtes vendues à 60 % en Italie, 13 % en France et 24 % (54 443 têtes) à des Pays-Tiers (Turquie, Algérie…) «malgré les problèmes sanitaires», rajoutait Michel Millot, conscient des efforts nécessaires de la part de ses équipes à tous les niveaux.

Filières qualités et plus-values
Pour introduire les filières qualité, Michel Millot revenait à la filière ovine avec 150 000 ovins mis en marché en 2018 par les trois coopératives ovines de Feder, «principalement» des agneaux gras. Près d’un mouton sur deux (47 %) est engagé en filière qualité, «avec surtout nos labels» : label Rouge Pays d’Oc, Tendr’Agneau, engagement qualité Carrefour, AB… pour «près de 300 000 € de plus-values reversées à nos éleveurs».
Côté bovins, 16 % (9 427 têtes) des vaches et génisses sont certifiées en filière qualité. Sans donner le détail, le montant total de la plus-value s’élève à 336 000 €, «sans compter l’AOC Bœuf de Charolles et bio qui ont leur propre grille» de paiement. Au final, sur l’exercice 2018, Global-Feder aura donc «reversé 2,5 millions d’euros de plus-value», dont 1,5 million d’euros pour le Cœur de gamme et 436 k€ pour le contrat confiance. Autre indicateur important pour l’avenir, «nous avons su transformer la coopérative et son portefeuille est équilibré», mettait en avant Michel Millot.
Cette recherche de valorisation se manifeste également du côté de l’activité de découpe de Séléviandes, orienté circuits courts, réalisant un chiffre d’affaires des prestations de 762 k€, en hausse de 20 % (+129 k€) par rapport à 2017. Côté vente directe, les boucheries Coop’Amour réalisent un chiffre d’affaires de 1 626 000 €, alors même que la rue de la Citadelle à Chalon-sur-Saône est depuis trop longtemps en travaux.

Segmenter plus en 2019
«Notre métier de massification évolue vers plus de segmentation. Nous, intermédiaires, devons être vigilants, la segmentation a un coût. En 2019, 80 % des volumes devraient passer par des centres de tri, ce qui entraînera des charges nouvelles», anticipait Michel Millot. Alors que la coopérative a rétrocédé «95 %» de son résultat à ses adhérents, la marge de manœuvre - «déjà inférieure aux privés» - risque donc de se réduire encore. D’où, un zoom sur la logistique : «une demi-heure d’attente d’un chauffeur camion à la ferme, c’est une marge brute de perdue», prenait en exemple le directeur, appelant à la ponctualité de tous.
Toujours dans le seul objectif de conserver de la rémunération envers les adhérents, le président de Global Feder, Yves Largy se montrait offensif et réaliste à la fois pour revenir sur tous les éléments présentés aux éleveurs et élus présents. «La segmentation nous est imposée par nos clients. Ce sont de meilleures plus-values mais aussi plus de charges. Idem pour l’export. Nous saisissons toutes les opportunités qui se présentent», pensant au débouché chinois, mais ne sous-estimant pas non plus le risque d’afflux de viandes irlandaises en cas de Brexit.

Décapitalisation ou ruissellement
Mais ce qui l’inquiétait le plus, c’est la «situation alarmante des éleveurs avec la décapitalisation et la chute du nombre d’éleveurs». À cette économie difficile, Yves Largy rajoutait les accusations et autres critiques permanentes en France alors même que «nos pratiques sont très positives» en termes de qualité, bien-être animal et pratiques environnementales. Pour l’éleveur de Curgy, alors que les états généraux de l’alimentation avaient suscité de «solides espoirs», la sortie des ordonnances «interroge aujourd’hui» sur la volonté première de permettre aux agriculteurs de vivre de leur production. «On se demande même si les grands distributeurs sont favorables à augmenter leurs achats de viandes sous signe de qualité». Sans eux, point de commandes, ni donc de possibilité de valoriser. Une remarque claire envoyée en direction d’Olivier Allain, coordinateur des Égalim, invité à répondre lors d’une table ronde (article la semaine prochaine) quant au théorique «ruissellement» de la valeur jusque dans les cours de ferme.

Cédric Michelin

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