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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 15-05-2019]

Production porcine

Des systèmes vertueux en région Bourgogne Franche-Comté

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Emmanuel Thiery, président d’Interporc, de l’Union régionale des producteurs de porcs de Bourgogne et administrateur de Cirhyo, coopérative couvrant 35 départements et représentant une production de 1 350 000 porcs.
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L’élevage d’Emmanuel Thiery limite de façon drastique l’usage des antibiotiques et n’utilise que des produits naturels (huiles essentielles, argiles, etc.) pour préserver la qualité sanitaire des céréales stockées, qu’elles soient destinées à l’alimentati
Les difficultés de la Chine, victime de la peste porcine, profitent pour le moment aux éleveurs de porcs du continent européen. Les importations chinoises augmentent et sur un marché tendu, les prix en font autant. Tout est-il pour le mieux pour les producteurs français et bourguignons ? Réponse avec Emmanuel Thiery, naisseur engraisseur à Agencourt (21), président d’Interporc, de l’Union régionale des producteurs de porcs de Bourgogne et administrateur de la coopérative Cirhyo (35 départements - 1 350 000 porcs).
La rapide propagation de la peste porcine inquiète tous les éleveurs de porcs, mais dans le même temps, elle profite au marché et favorise les exportations, tout est-il pour le mieux dans la filière porcine ?

Emmanuel Thiery : «C’est un fait que la demande et les prix sont portés par la demande chinoise, mais tout le monde n’en profite pas. Pour certains opérateurs, comme les salaisonniers, les négociations avec la grande distribution se sont déroulées sur la base des prix de février, les prix négociés ne correspondent donc pas à l’augmentation réelle des prix de marché. Cette situation illustre le manque de souplesse actuel du cadre dans lequel se déroulent les négociations commerciales, en dépit de la loi Égalim, dont toutes les dispositions n’ont pas encore produit leurs effets. Pour les éleveurs le prix est plus rémunérateur, mais ce n’est pas un indicateur de bonne santé économique, alors que les exploitations supportent de lourdes charges. Face à cela, la politique des prix bas est bien ancrée dans notre société de consommation. L’embellie actuelle ne doit pas cacher les problèmes de fond et les enjeux auxquels sont confrontés les acteurs de la filière».

Parmi ces enjeux, il y a celui de l’acceptabilité de cette production par l’environnement social dans lequel elle s’insère. Les élevages sont souvent mal vus par la population, même dans les zones rurales les plus reculées. Comment remédier à cette hostilité et permettre des installations un peu plus sereines ?

E. T. : «Deux chiffres, on comptabilise en Bretagne 400 porcs/m2 contre 4 porcs/m2 en Bourgogne… Pourtant et en dépit d’un modèle de développement limité et de pratiques vertueuses, les élevages bourguignons sont victimes des mêmes résistances et des mêmes a priori que leurs collègues bretons. En Bourgogne comme dans toute la zone de la coopérative Cirhyo, la densité porcine reste faible, mais cela peut représenter un atout pour ces zones de polyculture élevage où la production de céréales est importante. Notre activité peut en tirer parti sur le plan économique et l’environnement en profite aussi. Le lisier est utile aux cultures et les céréales peuvent être autoconsommées localement. L’alimentation à la ferme peut ainsi valoriser les orgettes et les grains non panifiables. Le développement actuel de nos élevages porcins (+2 % à 3 % pour Cirhyo) est surtout porté l’Ain, l’Aube et la Marne. Et pourtant, ce message passe mal en Bourgogne. Notre production est mal connue et génère de forts a priori, alors même que les produits transformés sont de grande qualité. La vente locale, la tendance locavore a le vent en poupe, mais encore faut-il justement encourager les productions locales où la viande porcine a toute sa place. De nouveaux projets, avec des technologies adaptées peuvent très bien s’insérer localement et concourir à l’économie des territoires et à l’emploi».

Toutes les exploitations se trouvent-elles en situation d’investir pour se moderniser et limiter ce que certains dénoncent comme des nuisances ?

E.T. : «Nous avons pris du retard par rapport à l’Espagne et à l’Allemagne où les éleveurs porcins mieux rémunérés ont pu investir et moderniser leurs élevages. En France les prix trop longtemps bas et déconnectés des coûts de production ont découragé certains investissements productifs. Pourtant, la technologie permet de limiter les nuisances éventuelles, prévient les critiques. Dans mon élevage, la fosse est couverte, les ventilateurs canalisent l’air ambiant vers des cheminées hautes. Nous utilisons des diffuseurs d’huiles essentielles et portons une grande attention à toutes nos interventions. Dans nos régions, la meilleure configuration pour un naisseur-engraisseur se situe entre 45 et 50 truies. C’est l’optimum pour le suivi sanitaire, l’équilibre économique et l’approvisionnement en continu de marchés organisés et différenciés. Le niveau de productivité étant par ailleurs un bon indicateur du niveau de confort des animaux. Mais cela reste un message difficile à faire passer, alors que la déconnexion entre gens des villes et gens des champs s’accentue et que la notion même de «naturel» pose question. Les consommateurs veulent plus de «naturel» tout en attendant des produits formatés au prix le plus bas possible. Dans le même temps, toutes les paroles, même celles des scientifiques sont mises en doute ou dénoncées. Notre génétique est pourtant bien adaptée aux attentes de la société et nous satisfaisons au mieux les besoins physiologiques des animaux, reste à en convaincre nos détracteurs».

Tout est bon dans le cochon dit-on… Mais est-ce que l’on mange vraiment tout dans le cochon ?

E. T. : «L’ensemble de la production est très segmenté, avec des labels, des signes de qualité, des dénominations régionales… Mais la viande de porc c’est d’abord un ensemble de morceaux consommés en fonction des préférences alimentaires de différents pays et de leur culture gastronomique. La France consomme beaucoup de jambons et notre production n’y suffirait pas, la Chine importe des oreilles, des queues, des pieds, des têtes… Les échanges commerciaux sont donc indispensables si l’on veut valoriser l’ensemble de la carcasse et répondre aux demandes diversifiées des marchés pour écouler notre production».

Anne-Marie Klein

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