Abonnement Nous Contacter Participer Petites annonces Publications légales Extranet

BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 02-05-2019]

Égalim

La filière viande au pied du mur

Les derniers textes des ordonnances sortent, mais on peut se demander si toutes les conditions sont vraiment réunies pour que les éleveurs et la filière viande bovine sortent de l’ornière où l’élevage bovin s’enlise depuis des années. Amorce de réponses avec Jean-Pierre Fleury, président d’Interbev Bourgogne.
- Cette année encore les négociations commerciales ne se sont pas déroulées dans les meilleures conditions. Les Égalim sont-ils un coup pour rien où faut-il chercher d’autres explications ?
Jean-Pierre Fleury : «L’avantage est resté à la grande distribution par manque de souplesse encore des outils qui freinent l’intégration des coûts de production. Tout peut changer avec la promulgation des dernières ordonnances, qui vont permettre aux opérateurs de reprendre la main et à la filière de s’emparer enfin du double sujet du prix producteur et de la montée en gamme. Reste à chaque maillon de la chaîne maintenant à se responsabiliser pour sortir de l’impasse actuelle. L’élevage bovin se trouve dans la même situation que la viticulture il y a 40 ans : il est sinistré et pénalisé par un marché standardisé où le haché continue sa progression».

- La solution se trouve-t-elle dans une montée en gamme et comment faire pour que cette orientation profite aux producteurs ?
Jean-Pierre Fleury : «Un chiffre d’abord, sur les 115 000 tonnes abattues en Bourgogne Franche-Comté, 4 000 seulement le sont sous signe de qualité. La chaîne de qualité reste donc à construire et la montée en gamme seule ne fait pas tout, même si les contrats demain vont se construire en démarrant par les signes de qualité. Il faut aussi travailler sur la restauration hors domicile, dont les achats en viande sont réalisés à 70 % à l’export et qui doit prendre toute sa part dans l’origine France et pour un meilleur équilibre matière. La grande distribution porte une forte demande sur les avants, si importants pour le haché et qui génère des marges intéressantes. Elle doit être amenée à réévaluer ses prix au bénéfice des producteurs».

- Dans quelles mesures les ordonnances issues des Égalim vont-elles pouvoir inverser la situation actuelle ?
Jean-Pierre Fleury : «Les organisations de producteurs ont la chance historique de pouvoir grâce aux ordonnances proposer des contrats qui intègrent enfin les coûts de production, l’exception agricole est maintenant reconnue par le droit à la concurrence. C’était une étape essentielle qui permet de débloquer le verrou sur le prix abusivement bas. Il est désormais possible de construire un contrat qui intègre le volume, le délai, la quantité et le prix… puisque les organisations de producteurs peuvent obliger l’acheteur à appliquer l’indice de coût de production adopté par la filière. En cas de refus, l’ordonnance permet d’attaquer l’acheteur sur le motif de prix abusivement bas. Maintenant, la clé du bon fonctionnement du système reste la bonne volonté de chacun à enclencher une dynamique positive. Je veux parier sur cette évolution positive au sein de la filière. Mais s’il faut se battre pour que l’esprit des Égalim soit respecté, nous le ferons, car le système allaitant est au bord de l’implosion».

- Montée en gamme dans la grande distribution, origine France en RHD… Quel est le troisième élément du tiercé gagnant ?
Jean-Pierre Fleury : «L’export, qui n’est pas seulement une option mais une obligation. Pour rappel, ces marchés s’ouvrent à nouveau pour la France après 17 années de fermeture. C’est tout un savoir-faire à reconstruire. Côté positif certains marchés sont d’ores et déjà actifs comme le Japon. La Chine a référencé nos outils d’abattage les plus importants et nos grands acteurs sont agréés. Mais on se hâte un peu trop lentement et le nombre de conteneurs reste limité par rapport au potentiel de ces marchés. Le marché israélien est ouvert aussi tout comme le marché vietnamien. On a tout pour faire et les frais d’approche sont pris en charge. Pourtant les initiatives restent encore timides. Côté défensif, les enjeux se précisent sur les versants Ceta et Mercosur. Sauf que les problèmes sanitaires ne sont pas réglés et que la commission évite d’y regarder de trop près… La viande importée sera donc élevée aux antibiotiques activateurs de croissance. Un non-sens absolu. Et en plus le Brésil pourrait bénéficier de 35 000 t supplémentaires. Quant aux États-Unis, le président Trump met tout son poids dans la balance commerciale pour utiliser l’agriculture comme monnaie d’échange… Le bilan est donc mitigé mais il n’est pas question de lâcher l’affaire».

Propos recueillis par Anne-Marie Klein

photo article

Commerce extérieur - L’angoisse de la balance

[En ligne le 18-07-2019]

photo article

Future Pac - Réaliste, la présidence finlandaise du Conseil de l’UE ne prévoit pas d’accord en 2019

[En ligne le 11-07-2019]

photo article

Stations météo - Les stations météo connectées révolutionnent l’itinéraire cultural

[En ligne le 11-07-2019]

RECHERCHE

ÉDITION N°1536

La une

LIENS EXTERNES

METEO

PUBLICITE

votre publicité

NEWSLETTER

Inscrivez vous à la Newsletter pour être toujours informé

Réseaux