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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 02-05-2019]

Retraite

Les étapes clés pour réussir sa transmission

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Dans les cinq ans à venir, un exploitant sur trois devrait partir à la retraite.
Période charnière dans la vie d’un agriculteur, la retraite rime souvent avec la transmission de son exploitation. Passage en revue des étapes indispensables pour faire de cette transmission un succès.
Avec plus de cinquante ans de moyenne d’âge, les agriculteurs français sont eux aussi concernés par l’inversion de la pyramide des âges qui touche l’ensemble de la population française. Pourtant, au moment de se confronter à la transmission, il est difficile parfois de s’y retrouver entre des démarches administratives complexes, la recherche d’un repreneur sérieux et la demande d’aides auprès de l’État ou des collectivités territoriales. En 2010, 60 % des agriculteurs interrogés déclaraient d’ailleurs ne pas connaître le nom du futur repreneur de leur exploitation. Un chiffre toujours actuel qui se veut alarmant quand on sait que dans les cinq ans à venir, environ un exploitant agricole sur trois devrait prendre sa retraite.

«Une transmission, ça s’anticipe !»
Pour Chantal Lamadon, chargée de mission installation-transmission à la chambre d’agriculture d’Auvergne Rhône-Alpes, «une transmission, ça s’anticipe !» Et de poursuivre : «chaque agriculteur devrait commencer à se questionner sur le devenir de son exploitation huit à dix ans avant la cessation d’activité». Après cette première phase de réflexion, le cédant est ensuite invité à se rapprocher du Point accueil-transmission de la chambre d’agriculture de son département environ cinq ans avant la date butoir. C’est ici que les démarches à effectuer lui sont détaillées, comme celle de contacter la MSA pour anticiper ensemble la future baisse de revenu liée à la fin de l’activité professionnelle, en moyenne de 38 % pour les agriculteurs. Le processus de transmission va alors pouvoir démarrer concrètement avec la restitution de la «Déclaration d’intention de cessation d’activité agricole» auprès de la chambre d’agriculture, trois ans minimum avant la cessation d’activité.

Mettre en valeur son exploitation pour trouver un repreneur
Phase clé de la transmission, l’estimation de la valeur de l’exploitation permet de définir son juste prix de cession. Pour ce faire, l’expert mandaté s’intéresse principalement à trois indicateurs : le niveau de rentabilité moyen sur un an, la valeur du patrimoine foncier et celle du matériel. Si une majorité d’agriculteurs transmet encore son exploitation à un membre de sa famille, un tiers d’entre eux se tourne aujourd’hui vers des repreneurs extérieurs au cercle familial. Il est donc obligatoire pour eux de faire connaître leur intention de transmettre à de potentiels repreneurs. Pour Chantal Lamadon, « la première chose à faire est de s’inscrire au RDI (répertoire départ installation) ». Incontournable, ce répertoire permet en effet de recenser les exploitations à transmettre et donc de faciliter la mise en relation entre cédants et potentiels repreneurs. Restent sinon des techniques plus classiques qui ont fait la preuve de leur efficacité : petites annonces, mobilisation de son réseau et bouche-à-oreille.

Travailler sur les échanges entre cédants et repreneurs
Parce que l’installation représente à la fois une opportunité et une prise de risque, de plus en plus de jeunes agriculteurs choisissent aujourd’hui de passer par une phase test avant de s’installer. Le stage reprise, d’une durée maximale de deux ans, permet au jeune agriculteur de travailler dans une exploitation sans engager le moindre frais. Autre possibilité, se faire embaucher comme salarié à temps partiel. C’est le choix qu’a fait Jean-Philippe Auffranc sur l’exploitation de vaches laitières de son père à Vauxrenard (Rhône) : «À la fin de mes études, j’ai voulu m’installer à mon compte. J’en ai alors discuté avec mon père qui m’a proposé de m’embaucher à mi-temps. À la fin de cette période, je connaissais l’exploitation par cœur et j’étais prêt à la reprendre». Un système de formation sur le terrain qui fonctionne, et que tentent de promouvoir certains acteurs au niveau local. C’est le cas de Jeunes agriculteurs de Haute-Savoie qui expérimentent actuellement le Fast (Fonds d’accompagnement à la succession et à la transmission). Ce dispositif offre de nombreux avantages aux agriculteurs qui accueillent des jeunes sur leur exploitation : une aide pour effectuer les démarches administratives, la mise en valeur de leur exploitation ou encore des déductions de cotisations à la MSA. «Les résultats sont positifs», se félicite François Chamot, président de Jeunes agriculteurs de Haute-Savoie. «Plusieurs départements voisins sont intéressés, l’objectif c’est de développer ce projet ailleurs et qui sait, un jour, de le généraliser au niveau national !».

Pierre Garcia

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