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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 25-04-2019]

CAVB

Une charte qui prend corps

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La charte des bonnes pratiques a occupé une bonne partie des débats.
Entre deux gelées (4 et 14 avril) inquiétantes, le 12 avril à Beaune, la Confédération des appellations et vignerons de Bourgogne (CAVB) tenait son assemblée générale. Le gel n’est pas la seule menace pesant sur le millésime 2019. La société rejette de plus en plus massivement tout traitement dans les vignes. La CAVB veut donc accélérer sur sa charte des bonnes pratiques.
À l’heure de la conclusion de la partie statutaire de cette AG, le préfet de Région, ne s’est sans doute pas rendu compte des injonctions contradictoires qu’il renvoyait à la profession à l’image de celles envoyées par notre société à ces producteurs.

Revenant sur le sujet des traitements phytosanitaires, Bernard Schmeitz faisait le constat que «beaucoup de progrès restent à accomplir. Il faut renforcer la déclinaison concrète de votre Charte et votre plan de filière. Il ne faut pas attendre de miracle, toutes les études convergent pour mettre en exergue les dangers des phytos». Et pourtant d’enchaîner avec la lutte obligatoire contre la flavescence dorée, qui avait marqué en Bourgogne le début des polémiques, puisqu’il s’inquiète de voir «augmenter le nombre de foyers». Certes, il mettait en avant la diminution de la participation aux prospections obligatoires, plus que les traitements obligatoires mais l’on voit bien que le chemin est étroit entre réussite ou échec autour de ces questions…

500 €/ha non prospecté
Car le foyer historique en Mâconnais est «plus difficile» à contenir que prévu, soulignait auparavant Jean-Hugues Goisot puisque quinze communes se retrouvent désormais en zone «contaminées», notait le responsable de ce dossier à la CAVB. Pour tenter d’enrayer toute nouvelle expansion de la maladie, l’arrêté préfectoral bientôt publié mettra en œuvre de nouvelles dispositions concernant la surveillance générale du parcellaire. Elle pourra se faire sous le contrôle de la Fredon dans le cadre des prospections collectives, soit par la Fredon moyennant 500 €/ha. Le choix devra se faire d’ici le 3 juin. Les modalités pratiques seront diffusées largement une fois l’AP publié.

Dans son premier rapport moral de président de la CAVB, Thiébault Huber rappelait qu’il s’agit d’une maladie réglementée et qu’il y va de la «pérennité de nos vignes» à tous. La Bourgogne est citée en exemple au national pour sa gestion de la flavescence jusqu’à présent. La profession bourguignonne continue d’ailleurs d’innover en matière de lutte en expérimentant des zones non traitées autour de pieds infectés mais «peu contaminants» (après tests génotypes).

Accélérer autour de la Charte
Cette lutte collective est, en quelque sorte, symbolique de l’ambition de la Charte régionale de la CAVB. D’ailleurs, la CAVB embauchera très prochainement une chargée de mission en charge de la transition écologique, pour épauler Charlotte Huber sur la mise en œuvre de la Charte. Depuis deux ans, un énorme travail a été effectué auprès des collectivités, associations, concessionnaires, techniciens, chercheurs… Ce qui se traduit concrètement par des brochures sur le métier de vignerons, de Mémo-Vignes envoyés à chaque viticulteur avec les chambres d’Agriculture, par la création de programmes de traitements alternatifs, notamment sans CMR, en demandant aux concessionnaires de mettre en avant les pulvérisateurs face par face localisée, en faisant des journées de formation sur les réglages, en évitant le désherbage chimique…

Des ODG s’engagent
Sur le terrain, des projets naissent comme à Irancy avec un Groupe 30 000 pour abandonner complètement les CMR et le désherbage sous le rang, sur 80 % des surfaces de l’appellation.

L’appellation Saint-Bris devrait suivre cet exemple. Les Grands crus de Côte de Nuits s’engagent également dans l’abandon des CMR et des désherbages chimiques. L’UPECB, comme tous les ODG s’engageant, fait un état des lieux des pratiques mises en œuvre, permettant d’avoir une image fiable des pratiques en Bourgogne. Un GIEE à Viré-Clessé travaille à la bonne gestion de l’eau et de la flore, gestion des traitements, conservation des paysages etc.. Les cinq ODG communales de la Côte Chalonnaise vont également dans ce sens. «Chaque domaine va décrire ses pratiques et donner ses IFT» pour mieux suivre ses objectifs, témoignait Julien Bordet, président de l’ODG mercurey. Idem du côté de Pouilly-Loché et Pouilly-Vinzelles…

Compte à rebours lancé pour les phytos
«On met le paquet sur l’écologie. On n’a pas le choix. D’ailleurs, il faut féliciter les vignerons qui en ont pris conscience», motivait Thiébault Huber. Plusieurs ODG engagent leurs producteurs sur un ou plusieurs piliers de la Charte.

Le vigneron de Meursault envisageait même déjà un «label pour promouvoir ce modèle bourguignon». Ainsi, le président de la CAVB espère voir la majorité des ODG et vignerons s’engager «en 2020 pour pouvoir nous retourner avec fierté sur ces questions dès 2023».

Car le temps presse. La Draaf Bourgogne confirmait le projet Gouvernemental de rendre en libre accès sur Internet les données de ventes des produits phytosanitaires par code postal… malgré tous les biais d’interprétation, méthodologique et scientifique par rapport à la réalité toxicologique. Le compte à rebours est donc bel et bien lancé.
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