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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 18-04-2019]

Métier

Exploitant agricole, un métier en voie de « normalisation »

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D’après l’étude menée par le ministère, le nombre d’actifs agricoles continue de baisser, un quart d’entre eux ont disparus en quinze ans, alors que le travail salarié, notamment temporaire, a tendance à augmenter.
Alors que le nombre d’exploitants agricoles continue de se réduire, le métier d’agriculteur s’est reconfiguré tant dans ses manières de s’organiser que dans ses façons d’exercer, pour se rapprocher de plus en plus de celui de « chefs de très petites entreprises d’autres secteurs économiques », constate le Centre d’étude et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture dans un ouvrage à paraître au mois de mai.
Des modèles agricoles d’une « hétérogénéité croissante » : désengagement du modèle d’agriculture familiale, concentration de la main-d’œuvre, développement de la sous-traitance et de la diversification dans les exploitations… Tels sont certains des constats apportés par Actif’Agri, vaste exercice d’analyse économique sur les évolutions de l’emploi agricole ces 25 dernières années, mené par le Centre d’étude et de prospective du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de septembre 2017 à décembre 2018, et dont un premier aperçu a été donné le 10 avril. L’ouvrage, qui a rassemblé plus d’une trentaine d’experts, devrait paraître au mois de mai prochain.
Il rappelle d’abord certains points de contexte. Le nombre d’actifs agricoles continue de baisser, mené par les exploitants (disparition d’un quart d’entre eux en quinze ans) alors que le travail salarié, notamment temporaire, a tendance à augmenter (+2,2 % entre 2000 et 2016). La part des agriculteurs de plus de 60 ans est passée de 10 à 17 % de 2000 à 2016 et un agriculteur sur trois n’est pas remplacé à son départ, notamment dans le secteur bovin lait. Les salariés agricoles sont eux « plus jeunes, moins qualifiés, plus précaires et moins bien rémunérés que dans les autres secteurs », rappelle l’étude.

« Travailler sans la famille »
Plus que l’exploitant agricole lui-même, c’est la place de sa famille dans l’exploitation qui apparaît comme une évolution majeure. « L’exploitation familiale laisse place à une diversité de structures où la famille est de moins en moins présente », notent les auteurs, qui dénombrent cinq formes d’exploitations allant de l’exploitant seul à la sous-traitance ou le développement de « nouvelles formes d’organisations agricoles » comme les holdings agricoles ou le regroupement d’exploitants. Cette dernière forme aurait augmenté de 79 % entre 2000 et 2016. « L’exploitant agricole s’organise pour travailler sans la famille, en s’appuyant sur du travail salarié ou en externalisant des activités », relève l’étude.
De ce constat découlent trois tendances définies comme « structurantes » pour comprendre les exploitations actuelles, selon les auteurs. D’abord une concentration de plus en plus grande de la main-d’œuvre dans les unités les plus importantes économiquement. Les 10 % d’exploitations les plus grandes emploient ainsi à elles seules « 22 % de la main-d’œuvre totale, 14 % des actifs familiaux et 40 % des salariés ». Ensuite, le développement de la « délégation intégrale » d’exploitation, avec des entreprises de travaux agricoles (ETA) de plus en plus tournées vers cette activité. Cette forme d’organisation représenterait près de 12,5 % des exploitations de grandes cultures. Et enfin la montée en puissance de formes de diversification des revenus, que ce soit à travers la diversification des activités de l’exploitation (circuits courts) ou la pluriactivité croissante des ménages agricoles, notamment dans les grandes ou moyennes exploitations. Dans ces dernières, deux tiers des conjoints non-exploitants ne travaillaient pas sur l’exploitation, et au total, les revenus agricoles ne contribuent plus qu’à 53 % des revenus des ménages agricoles.

Une porosité plus grande avec l’extérieur
Le métier d’agriculteur perd donc peu à peu ses spécificités pour converger progressivement « vers les métiers et les statuts des chefs de (très) petites entreprises d’autres secteurs économiques », remarquent les auteurs. À cela, vient s’ajouter le constat d’une activité de plus en plus mobile et « poreuse » avec les autres secteurs d’activité. Un tiers des installations aidées est ainsi réalisé « hors du cadre familial » et 20 % des agriculteurs aujourd’hui sont « d’ascendance paternelle non agricole (contre 10 % 25 ans auparavant) », ces installations ayant souvent lieu après des expériences professionnelles hors agriculture.
Autre évolution significative, 30 % des départs de la profession en 2015 sont des départs définis comme précoces (avant 55 ans), 84 % de ces derniers ayant débouché sur l’exercice d’une activité hors agriculture. « Les sortants de l’agriculture » exercent ainsi majoritairement dans les services (20 %), le BTP (14 %) ou le commerce (11 %). Longtemps vu comme une activité patrimoniale, liée à une forte charge affective pour ceux qui l’exercent, le métier d’agriculteur est en voie de « normalisation » par rapport au reste de la société, constate les auteurs. Aujourd’hui, il peut y avoir une vie avant, mais également après l’agriculture.
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