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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 11-04-2019]

Journées nationales de la Trufficulture à Leuglay (21)

Un fruit du sol porteur d’espoir pour tout un territoire

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Christine Dupaty, présidente de la Truffe Côte d’Orienne et vice-présidente de l’Association régionale des Truffes en Bourgogne (au centre) milite activement afin que la filière se structure et se développe. Elle a accueilli Marie-Guite Dufay, présidente
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Les Journées de la Trufficulture viennent de se dérouler en Côte d’Or à Leuglay les 2 et 3 avril derniers. L’occasion de mettre un coup de projecteur sur l’un des berceaux de la truffe de Bourgogne et sur une filière discrète. Leuglay a ainsi rassemblé pendant ces deux jours des chercheurs, des techniciens et des acteurs de la trufficulture venus des quatre coins de la France.
Quarante-cinq participants aux Journées nationales techniques de la Trufficulture, c’est une belle réussite pour des rencontres de haute tenue scientifique organisées annuellement par la Fédération française des trufficulteurs (FFT) et l’Inra. Techniciens et scientifiques issus des Chambres d’agriculture, des CRPF, de l’Inra… ont ainsi convergé vers Leuglay, petite commune qui abrite en territoire truffier, une truffière expérimentale, ainsi qu’une Maison de la Forêt et son centre d’interprétation de la truffe.

Truffe Noire ou de Bourgogne… Des produits complémentaires
La tenue de cette réunion à Leuglay témoigne de la volonté de dépasser les clivages habituels entre truffe noire du Périgord et truffe de Bourgogne. Les deux truffes intéressent désormais autant l’une que l’autre les trufficulteurs français, du fait de leur complémentarité en matière de gamme et de récolte. Elles ouvrent une voie de diversification intéressante grâce à l’étalement des périodes de récolte et de consommation, ce qui permet d’augmenter le potentiel de production et donc la rentabilité de l’activité. Encore faut-il que le terrain s’y prête, car la truffe noire du Périgord (melano sporum) et la truffe de Bourgogne (acenatum) ont des caractéristiques et des exigences différentes.

La récolte de la truffe reste encore largement une activité de cueillette soumise à de nombreux aléas. Quant à développer la culture en créant des truffières, cela nécessite des investissements importants alors que la truffe conserve toujours une part de mystère. C’est ainsi que la culture de ce champignon rare et délicat passionne les chercheurs comme les initiés.

Consciente des enjeux économiques et de territoire, la filière entreprend de se structurer et de faire la chasse aux indélicats qui ne manquent pas sur ce créneau à haute valeur ajoutée. L’enjeu est d’importance pour la trufficulture française, précise Christine Dupaty, présidente de la Truffe Côte d’Orienne et vice-présidente de l’Association régionale des Truffes en Bourgogne, car «la France ne produit que 40 % de sa consommation de truffes». Les perspectives sont donc intéressantes, alors que «nous exportons nos belles et bonnes truffes en négligeant souvent la qualité de nos importations».
La truffe naturelle aiguise bien des appétits et pas seulement autour d’une bonne table. Elle se trouve confrontée à la concurrence de produits bas de gamme (importés de Chine et de certains territoires européens) et à celle de la chimie et des arômes artificiels. Autant d’ersatz à bas prix qui trompent le consommateur mais pas le nez des professionnels… Christine Dupaty insiste sur les efforts de la filière pour moraliser le marché, combattre le braconnage et les «pilleurs de truffières», tout en démasquant les fraudeurs qui tentent de maquiller des truffes hors d’âge en produit frais. Le travail des 300 adhérents de la filière régionale concourt ainsi à la rendre irréprochable et transparente.

Une filière soutenue par l’Europe et les Régions
La trufficulture bénéficie désormais de la reconnaissance et du soutien de l’Europe grâce à un projet européen nommé «Incredible», qui intéresse les truffes et les champignons forestiers. Ce soutien doit permettre d’accélérer les progrès dans les domaines technique, agronomique et génétique. La culture de la truffe reste en effet auréolée d’un certain mystère, car ce fruit souterrain ne livre pas facilement ses secrets. Dame nature fait d’ailleurs en sorte de protéger ce joyau, puisque l’on évalue que plus de 40 % des truffes restent inaccessibles au flair ou au groin des auxiliaires canins et porcins des trufficulteurs.
La présidente de l’association La Truffe Côte d’Orienne compte aussi beaucoup sur la création du Parc National des forêts de feuillus en Champagne Bourgogne, qui concerne directement ce territoire du Châtillonnais, «vraie terre à truffes et potentielle source de diversification pour les agriculteurs et les forestiers locaux».
Les acteurs de la filière peuvent ainsi y trouver de nouvelles voies de développement économique et d’ouverture au monde, notamment en s’investissant dans l’agrotourisme. Une façon comme une autre d’ancrer un peu plus économiquement et culturellement la trufficulture dans son territoire de prédilection.

Anne-Marie Klein

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