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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 04-04-2019]

Couverts végétaux

«Une mauvaise direction»

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Vincent Chaplot, spécialiste de la qualité des sols, préconise l’utilisation de couverts racinaires plutôt qu’aériens.
Un chercheur côte-d’orien - également agriculteur - veut mettre en garde ses homologues producteurs : les couverts à forte biomasse aérienne ne procureraient pas tous les bénéfices escomptés pour les sols et les cultures suivantes.
Exploitant agricole domicilié à Époisses, Vincent Chaplot travaille également à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
Cet homme de 47 ans est spécialisé dans la qualité des sols et le cycle du carbone. De nombreuses missions lui ont déjà été confiées à l’étranger, notamment au Laos, au Brésil, aux États-Unis ou encore en Afrique du Sud.

Fort de cette expérience, Vincent Chaplot souhaite partager son point de vue sur certaines pratiques agro-environnementales adoptées par les agriculteurs et qui seront probablement retenues dans le cadre de la nouvelle loi carbone : «Clairement, nous prenons une mauvaise direction. En effet, les couverts à forte biomasse aérienne sont présentés comme la solution au stockage de carbone dans les sols et à la durabilité de la production agricole. À l’image de mes collègues chercheurs, je ne suis pas du tout d’accord, c’est une ineptie».

Des «claques» après de gros couverts
Vincent Chaplot affiche sa nette préférence aux couverts végétaux et plantes cultivées «forts en racines» : «la matière organique des sols provient de 50 à 80 % des racines des plantes et de leur activité, et peu des résidus aériens dont l’essentiel du carbone retourne vers l’atmosphère sous forme de CO2. Le monde agricole (formation et support technique) en est resté aux modèles de compréhension des années quatre-vingt alors que, depuis, l’isotopie du carbone a permis dès 1996 de mieux comprendre l’origine de la matière organique des sols. Si l’on cherche à accroître les teneurs en matière organique du sol, il faudrait, au contraire, implanter des couverts à forte biomasse racinaire et faible biomasse aérienne, j’en veux pour preuves les essais en station de recherche réalisés à l’échelle mondiale depuis 150 ans».
Vincent Chaplot alerte sur les conséquences potentiellement néfastes des couverts à forte biomasse aérienne : «ils immobilisent les nutriments azote, phosphore, potasse et les micronutriments comme le bore, le fer et bien d’autres. Cela explique que, dans la très grande majorité des sols français, certains agriculteurs rapportent déjà se prendre une claque après un beau couvert. En effet, tous les éléments précédemment cités se retrouvent bloqués quand on se met à produire des tonnes de biomasse aérienne».

Un frein pour la compétitivité
Un grand nombre d’exploitants se lancent pourtant dans les «grands» couverts. «L’investissement pour les implanter est conséquent pour un bénéfice limité pour les sols», poursuit Vincent Chaplot, «rien ne saurait remplacer un couvert comme le faisaient nos anciens avec du ray-grass et du trèfle nain, dont les racines fines forment une surface d’échange énorme sous terre. En résumé, les couverts, il ne faudrait presque pas les voir. Les crucifères, on les voit beaucoup et leurs racines sont trop grosses pour maximiser le stockage du carbone dans le sol ou la structuration du sol en vue d’améliorer sa réserve en eau. Nous prenons déjà du retard au niveau mondial au niveau de la compétitivité : nous risquons d’en prendre davantage avec des préconisations qui ne correspondent pas au fonctionnement du sol».

Aurélien Genest

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