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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 04-04-2019]

Congrès de la FNSEA

Prix, résilience, vitalité des territoires... des priorités rappelées au ministre

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Michel Barnier négociateur du Brexit, est intervenu au dernier congrès de la FNSEA
À la fin d’un congrès autour de deux thèmes très conjoncturels, la représentativité des corps intermédiaires et l’importance de l’Europe, Christiane Lambert n’a pas manqué de rappeler les sujets de fond sur lesquels il reste très attendu : suite des EGA, accompagnement de la transition, irrigation, loup, etc.
Le 73ème congrès de la FNSEA, qui s’est tenu à Nancy du 26 au 28 mars, a traité de deux thèmes d’actualité majeurs, le rôle des corps intermédiaires, que le gouvernement en place a tenté de minimiser, depuis le début de la mandature, avant d’être confronté à la problématique des gilets jaunes, et l’Europe, dans un contexte de Brexit, avec la négociation de la PAC post-2020 en ligne de mire. Néanmoins, d’autres sujets presque aussi conjoncturels inquiètent tout autant la profession agricole, ce que Christiane Lambert n’a pas manqué de rappeler au ministre de l’Agriculture venu conclure le congrès.

La présidente de la FNSEA a tout d’abord évoqué le chantier des prix, alors que les premières négociations commerciales après les États généraux de l’alimentation se sont avérées décevantes. «Nos trésoreries ont besoin de concret maintenant», insiste Christiane Lambert, incitant Didier Guillaume à mettre en œuvre les sanctions, pratiquer le «name and shame», voire mettre «des caméras dans les boxes de négociation». Pour le ministre, les EGA sont quoi qu’il en soit une réussite, puisque «le modèle de négociation a bougé». Une mission parlementaire de contrôle de la loi a cependant été mise en place le 14 février. Christiane Lambert comme Didier Guillaume se sont par ailleurs farouchement opposés à l’idée d’une TVA à 0 % sur les produits bios, comme proposé par Michel-Edouard Leclerc, une disposition qui, pour le ministre, «ne ferait qu’enrichir le distributeur».

Irrigation, PPA, prédateurs
Toujours côté économique, Christiane Lambert a salué la mise en place de l’épargne de précaution et le maintien du TO-DE «qui durera plus longtemps que deux ans», estime le ministre. Parmi les autres points positifs, les éleveurs peuvent se réjouir de l’annonce, par le président chinois Xi Jinping en visite à Paris la semaine dernière, que la régionalisation pourrait être mise en place, un soulagement alors que la peste porcine africaine reste proche des frontières françaises.
En revanche, si Didier Guillaume a rappelé avoir rouvert le chantier de l’irrigation, la profession agricole en attend davantage : «il y a toujours un blocage sur le financement par les agences des volumes au-delà de la substitution, ce qui était notre demande», précise Christiane Lambert. «On a besoin de l’irrigation, dans un contexte de changement climatique, mais aussi pour la montée en gamme», insiste-t-elle, citant les besoins en maraîchage et pour les semences.

Déception également sur le sujet des retraites agricoles, qui n’a pas vu d’avancées concrètes, ainsi que sur le loup, même si le préfet coordonnateur doit prochainement annoncer officiellement que le seuil des 500 loups a été dépassé, «ce qui nous ouvre des objectifs», a précisé Didier Guillaume.

Stigmatisation de l’agriculture
Thème cher à Didier Guillaume, la réconciliation entre agriculteurs et citoyens mais aussi, plus largement, entre ruraux et urbains, doit être accélérée, a rappelé Christiane Lambert, quand les territoires ruraux se sentent «abandonnés par l’État» en matière de services publics notamment. Face aux attaques dont ont été victimes des agriculteurs, des abattoirs, des boucheries, dont le travail a été régulièrement pointé du doigt dans les médias ces derniers temps, le ministre a indiqué que «Nicole Belloubet (ndlr : ministre de la justice) a fait passer une circulaire aux procureurs rappelant qu’il ne fallait rien laisser passer, les paysans, les abattoirs, font partie de notre vie économique et doivent être protégés».

Si cet état d’esprit est positif, il est contrebalancé par le projet de rendre publiques les quantités de glyphosate utilisées par code postal, a de son côté rappelé la présidente de la FNSEA. Le ministre, qui a plusieurs fois rappelé l’importance et la nécessité de la «co-construction», est donc désormais attendu dans les actes.

Questionner l’Europe pour réaffirmer sa nécessité
Les prochaines élections européennes se dérouleront en mai prochain. Pourtant, notamment en raison du Brexit, l’Union européenne semble fragilisée et sa légitimité est remise en question. Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit et les participants à une table ronde sur ce sujet se sont interrogés sur le projet Européen.

À quelques semaines des élections européennes, et dans la perspective plus ou moins éloignée du Brexit, l’Union européenne apparaît comme fragilisée. Elle semble peiner à rassembler, à intéresser les citoyens européens.

Le 28 mars, à Nancy, les participants à une table ronde intitulée «Comment et pourquoi parler d’Europe», lors du 73ème congrès de la FNSEA, ont échangé sur le projet européen et ont livré leur analyse sur la manière de le promouvoir auprès des citoyens. «L’Union Européenne est fragile, il faut penser à cette fragilité et aux risques si elle venait à se briser», souligne Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, en introduction de cette table ronde. Le Brexit se trouve au cœur de l’actualité, et la date de sortie des Britanniques vient d’être repoussée.

Les leçons «positives» du Brexit
Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit a pu communiquer son ressenti le 27 mars. Il tire tout de même  des leçons positives de cette période agitée du Brexit. «Ces négociations ont permis de créer une nouvelle unité au sein des membres de l’Union européenne» constate-t-il.
Et les autres pays ont mieux perçu la chance que représente l’Europe. «Depuis quelque temps on entend moins de discours qui appellent à sortir de l’Union européenne, les Français réalisent l’intérêt qu’il y a à rester dans l’Europe», explique Michel Barnier. «J’ai envie de dire merci aux Britanniques, car l’Europe était devenue comme l’air pur, on le respire tous les jours, mais on réalise qu’il existe et qu’il est important quand il est pollué», ajoute Michel Dantin, eurodéputé.

Toutefois, Michel Barnier regrette que des discours de «mensonges», des non-dits, aient entraîné le Brexit. Michel Dantin dénonce notamment l’habitude de nombreux gouvernements (dont les Britanniques et Français) de systématiquement rejeter la faute sur l’Europe, alors que ces mêmes gouvernements votent généralement «oui» ou s’abstiennent.

Parler plus et mieux d’Europe
«L’Union européenne est une réussite, une réussite qui est allée au-delà de nos espérances, elle a permis de décloisonner les pays, de créer un espace de paix, nous sommes aussi le premier PIB mondial, la première puissance commerciale, nous avons réussi notre mutation», expose Jean-Dominique Giuliani.

En dépit de leur attachement à l’Europe, Michel Dantin, Michel Barnier et Jean-Dominique Giuliani ne se «reposent pas sur un optimisme béat», ils reconnaissent tous les trois que l’Europe a ses torts et qu’elle doit continuer à évoluer, en misant, notamment sur l’innovation, et en faisant muter le système économique. «Tout n’est pas parfait à Bruxelles, il y a de nombreuses choses à corriger, l’une des erreurs fondamentales commises par l’Europe a été de céder aux sirènes de l’ultralibéralisme», synthétise Michel Barnier. «Si l’on n’est pas ensemble, on est foutu ! Nous deviendrons des sous-traitants, sous l’influence des Chinois et des Américains» résume ainsi Michel Barnier.

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