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NIEVRE

[Article mis en ligne le 28-03-2019]

Assemblée générale du Gabni

L’approvisionnement bio local en question ?

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Les échanges ont permis d’exposer les projets d’approvisionnement possibles dans le département.
Le Groupement des Agrobiologistes de la Nièvre tenait son assemblée générale le mardi 19 mars à la salle des fêtes de Pougny. La matinée consacrée au statutaire a permis aux adhérents de faire le point sur l’ensemble des actions menées pour le développement de la bio dans le département. L’après-midi fut consacrée à des échanges sur l’approvisionnement local en AB pour la restauration collective.
D’ici 2022, selon les termes de l’article 24 de la loi Egalim, 50% de l’approvisionnement de la restauration collective doit être issu de signes officiel de qualité, dont 20% en agriculture biologique. Le contexte est donc favorable pour les acteurs de la filière AB et du réseau  Bio Bourgogne (voir encadré). Plusieurs initiatives ont vu le jour récemment dans la Nièvre. On peut souligner la mise en place d’une légumerie bio à l’ESAT de Clamecy et plusieurs cuisines centrales nivernaises qui ont enclenché la démarche de l’approvisionnement bio. Côté agriculteurs, les conversions du conventionnel vers le bio ne cessent d’augmenter.  En 2018, la SAU conduite en bio représentante 17 392 hectares, soit 21% de plus qu’en 2017. «On sent une progression des projets en agriculture biologique. En 2018, nous en avons enregistré 7. Nous partions vraiment de loin» a indiqué Cyril Forest, le président de la Safer 58.
Le problème majeur qui est revenu durant les échanges, c’est la structuration entre tous ces acteurs. Certains agriculteurs seraient prêts à se lancer dans le pari de la restauration collective mais encore faut-il pouvoir s’organiser en filière pour livrer les cantines. D’où l’idée de Bio Bourgogne de proposer, en partenariat avec Interbio Franche-Comté, une plateforme d’approvisionnement, baptisée Manger Bio Bourgogne-Franche Comté, qui a l’ambition de jouer le rôle d’«un grossiste» entre les producteurs et la restauration collective.  Elle sera opérationnelle en septembre prochain, d’abord dans le Doubs, la Côte-d’Or, le Jura et l’Yonne. Concrètement, les promoteurs de ce projet souhaitent se concentrer sur les grandes cuisines en centralisant sur un seul point de livraison. L’objectif est de gagner en rentabilité, pour ensuite s’attaquer à des marchés moins porteurs. Les prix de cette plateforme vont être fixés en filière. Tous les types de fermes peuvent prétendre à participer à cette contractualisation. «Si on ne fait rien, des géants de l’approvisionnement collectif vont rentrer dans ce créneaux. L’intérêt c’est de structurer tôt pour pouvoir garder de la valeur ajoutée sur les fermes» indique Vincent Lagré, l’animateur de la plateforme Manger Bio. «Le problème de massifier l’offre, c’est qu’elle ne permet pas forcément aux éleveurs de valoriser 100 % de leur bête. Vendre du bourguignon à une école c’est facile, mais il est ensuite difficile de valoriser les arrières et ça, il faut l’avoir en tête» a indiqué Didier Ramet, le président de la Chambre d’Agriculture.

Théophile Mercier

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