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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 28-03-2019]

Congrès de la FNPL

La filière laitière à l’écoute des attentes sociétales

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Le 21 mars, à l’occasion de la deuxième journée du congrès de la FNPL à Arras, les représentants de la société civile et de la FNPL ont débattu des attentes sociétales. Ces «controverses», ont permis à toutes les parties de s’écouter et d’exprimer leurs points de vue, parfois opposés.
Attentes sociétales, et si la filière laitière y avait déjà répondu ? Le 22 mars, dans son discours pour clôturer le congrès de la FNPL à Arras, Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, a répondu «OUI», «sans langue de bois» tout en soulignant que cela ne devait pas empêcher les éleveurs d’être dans une démarche de progrès. Les participants de la deuxième table ronde du congrès de la FNPL se sont eux aussi interrogés sur cette question au travers de trois dialogues entre membres de la FNPL et acteurs de la société civile, représentants de Restau’Co, de WWF et de Welfarme.
En amont des interventions, Véronique Pardo, anthropologue et responsable de l’Observatoire CNIEL des habitudes alimentaires), a brossé un portrait des attentes sociétales dominantes dans la société française. Une société qui s’interroge sur le monde de l’élevage qu’elle connaît mal, des citoyens qui veulent comprendre.

Une image plutôt bonne
L’anthropologue souligne d’ailleurs que d’après une enquête récente menée par le Credoc pour FranceAgriMer et l’OCHA, sur un échantillon représentatif de français, le végétarisme touche encore une faible part de la population puisque seulement 5,2 % des interrogés se déclarent végétariens et 20 % flexitariens. Toutefois, elle appelle à ne pas minimiser ces chiffres ; «ces changements d’habitudes alimentaires sont significatifs, il ne s’agit pas seulement d’un phénomène de mode mais ils s’inscrivent dans les normes sociales». Elle estime donc qu’il ne faut pas éluder ces questionnements et «ne pas se laisser étouffer par le militantisme anti-élevage». Les interventions en binôme, avec les représentants des ONG s’inscrivaient ainsi dans cette démarche d’écoute, de prise en compte des demandes. «Des duos directs, des controverses entre ONG et éleveurs», salués par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, qui reconnait qu’ils n’auraient pas été envisageable il y a 5 ans. Les sujets du bien-être animal en élevage laitier et de l’impact climatique de la filière ont donc été abordés «directement» afin que les deux parties puissent exprimer leurs attentes et leurs points de vue. Des désaccords sur le sujet du pâturage sont largement ressortis de ces discussions.
Arnaud Gauffier, représentant le WWF, et Sandy Bensoussan-Carole, représentant Welfarme, demandent tous deux que les vaches laitières pâturent plus régulièrement ; le premier pour des raisons climatiques car les prairies permettent de stocker le carbone, notamment, et le deuxième afin que les animaux puissent exprimer au mieux leurs comportements naturels.

Une filière déjà engagée dans une démarche de progrès
Les représentants de la FNPL, Daniel Perrin et Ghislain de Viron, leurs ont tous deux rétorqués que plus de 80 % des vaches laitières pâturaient en France, mais qu’il était impossible, pour des raisons climatiques notamment, de les laisser toute l’année à l’herbe. De plus, Thierry Roquefeuil a rappelé que la filière qui souhaite «concilier environnement et économie», était largement impliquée dans la réduction des émissions de Gaz à effet de serre, déjà avec des objectifs ambitieux dans son plan de filière mais aussi au travers des 8 000 exploitations diagnostiquées «fermes laitières bas carbone». Concernant le bien-être animal, il a souligné que «les éleveurs n’avaient rien à cacher et étaient aussi engagés dans des démarches de progrès». Si les avis se sont parfois opposés, les discussions sont restées cordiales. La présidente de la FNSEA considère ainsi que les professionnels ont acquis une culture du dialogue, qu’ils ont appris à contester «avec politesse et fermeté».
Des compromis ont d’ailleurs émergé de ces échanges, sur le sujet du bien-être animal, par exemple, les deux parties se sont accordées à dire que l’abattage devait se faire sans souffrance pour les animaux. «L’abattage doit respecter les animaux, ils nous fournissent du lait, de la viande, ils doivent donc être respectés jusqu’à la fin de leur vie». Ces questions, ces attentes, parfois perçues comme «gênantes», représentent, selon Véronique Pardo, des opportunités pour la filière. La question de «la répartition de la valeur», faisant partie de ces attentes, la juste rémunération des producteurs se place donc comme une attente forte des consommateurs français. «Les attentes sociétales sont une chance pour l’élevage français, il s’agit plus de questions que d’injonctions, il faut donc les entendre», conclut l’anthropologue.

Les prix toujours au cœur des combats de la FNPL
Les prix, et le chiffre 7, pour 7 ans de mandat au sein de la FNPL et du Copa-Cogeca, ont largement dominé le discours prononcé par Thierry Roquefeuil en clôture du congrès de la FNPL les 21 et 22 mars à Arras. Il n’a donc eu de cesse de marteler le combat de la filière «pour une juste rémunération des agriculteurs». Un objectif affiché clairement dans les EGA et la loi alimentation qui en découle, au travers de l’inversion de la construction des prix, du relèvement du SRP et de la prise en compte des coûts de production dans les contrats (grâce à des indicateurs définis par les interprofessions), notamment. Il s’est d’ailleurs félicité, en tant que président du Cniel et la FNPL, du travail mené par l’interprofession pour établir ces prix de revient à 396/1 000 litres. «Pas un chiffre syndical. C’est la vraie vie. Celle de nos fermes», insiste Thierry Roquefeuil. Toutefois il n’a pas manqué de mentionner que les producteurs de lait n’avaient pas encore «vu grand-chose des EGA». «Pourtant, j’ai beaucoup entendu dire au salon de l’agriculture que la filière laitière donnait l’exemple. Ne soyons ni naïf, ni dans l’euphorie béate. Je ne le suis pas. Dans tous les accords et partenariats médiatisés sur le lait par les industriels et les distributeurs, il n’y a aucune obligation, si ce n’est morale, d’améliorer le revenu des producteurs», précise-t-il. Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, semblait plus optimiste sur ce point puisqu’il considère que la filière a réussi à obtenir des prix relativement conséquents dans les dernières négociations commerciales. Une déclaration immédiatement «sifflées» par les congressistes. Il n’a donc pas manqué de rajouter que les prix avaient légèrement augmenté mais n’était pas encore assez haut. «Les prix ont commencé à monter mais ça doit aller plus loin», a-t-il déclaré, cette fois sous les applaudissements de la salle. Une juste rémunération qui doit permettre aux éleveurs de vivre de leur métier mais aussi d’assurer le renouvellement des générations, en donnant de la visibilité aux futurs installés un sujet qui inquiète particulièrement le président de la FNPL. Pour rassurer les jeunes générations il a aussi appelé à augmenter les retraites agricoles. «C’est un peu léger de penser que l’on pourra assurer la pérennité de notre modèle agricole laitier avec 75 % du smic net, voire 85 %, après avoir totalisé une vie entière de travail», s’alarme-t-il.
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