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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 07-03-2019]

Spécial mise à l'herbe

Optimiser le rendement des prairies en post-sécheresse

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Certains troupeaux profitent déjà de la repousse de l’herbe.
Certaines prairies ont beaucoup souffert de la sécheresse et du surpâturage. À l’heure de la mise à l’herbe, Alysé livre ses recommandations pour assurer des prairies productives.
Problèmes de piétinement excessif, chaleur, arrêt de la pousse : les prairies ont subi la sécheresse de plein fouet et se sont retrouvées dans des états quelques fois préoccupants, avec une densité végétale très affaiblie. Dans certaines prairies, la mort des pieds de graminées a ouvert l’espace au trèfle qui a pu refournir les prairies de façon intéressante. Malheureusement, des espèces non désirées ont également pu remplir les espaces laissés. C’est pourquoi un diagnostic est primordial pour anticiper une opération d’amélioration. Pour cela, il suffit d’observer la prairie et de recenser les espèces d’intérêt. S’il y a moins de 30 % d’espèces productives, il faut détruire et ressemer entièrement une nouvelle prairie en réalisant, par exemple un semis direct de printemps. Il est réalisé avec un semoir spécialisé après traitement herbicide total. La prairie est désherbée au moins une semaine avant le semis avec un herbicide non rémanent (glyphosate), en fin d’hiver lorsque le sol est réchauffé ou en cours de saison, après un pâturage ou une fauche.

Entre 30 et 70 % d’espèces d’intérêt : le sursemis comme solution
S’il y a entre 30 et 70 % d’espèces productives, un sursemis est intéressant. À réaliser au printemps avant le démarrage de la végétation si le sol porte ou après un déprimage à 5 cm de hauteur d’herbe. Il faut une herbe rase pour faciliter l’accès à la lumière. Ou en fin d’été - début d’automne, toujours sur végétation rase. Attention cependant à ne pas semer de légumineuses en sursemis après le 10 septembre, le trèfle doit atteindre 3 feuilles vraies et les graminées 4 feuilles avant les gelées.
Pour réaliser le sursemis, il faut prévoir 1 ou 2 passages préalables de griffages du sol, permettant la destruction d’adventices : pâturin annuel, renouées, agrostis. Ces passages d’étrilles ou herse à prairies doivent générer également un peu de terre fine. Par la suite, un semis à la volée, nécessitant un autre passage de herse étrille après le semis, pourra être réalisé, de même qu’un semis en ligne avec un semoir spécifique. S’il y a présence de mousse, préférer un semoir à sabot. Ensuite, un passage de rouleau et/ou le piétinement par les animaux au pâturage permettra une implantation idéale. Les apports d’azote sont à proscrire après un sursemis, par contre, un pâturage tournant et/ou des fauches précoces l’année du sursemis amélioreront grandement les chances de réussite en laissant les jeunes pousses accéder à la lumière. Quant aux espèces à implanter, mieux vaut choisir des espèces agressives qui prendront facilement le dessus sur les espèces inintéressantes : le Ray-grass anglais, le Ray-grass hybride et le trèfle blanc.

Avec plus de 70 % d’espèces d’intérêt, un entretien classique
S’il y a plus de 70 % d’espèces d’intérêt dans une prairie, quelques pratiques d’entretien sont à mettre en place.
Rouler les prairies : si les prairies ont été semées en 2018 et sont peu développées, c’est-à-dire moins de 10 cm de haut, un passage de rouleau permettra
de les faire taller, idem pour celles qui se sont «resemées» naturellement.
La fertilisation s’effectue à 200 °C base 1er janvier pour les prairies pâturées ou exploitées en fauche précoce, avec une forme d’azote rapidement disponible (ammonitrate). Les 200 °C ont été atteints dans la région vers le 20 février. La date d’atteinte des 200 °C base 1er janvier est disponible par commune sur www.datenprairie.arvalis-infos.fr. Pour les prairies exploitées en foin, un apport aux 350 °C est préconisé afin d’éviter une récolte en foin trop précoce, cette somme de températures devrait être atteinte dans l’Yonne entre le 5 et le 10 mars.
Pour le maintien de la diversité des variétés prairial, un pâturage tournant ou une alternance de fauche/pâture est l’idéal. Enfin, lorsqu’il n’y a plus de pousse de l’herbe, retirer les animaux des prés ou les cloisonner dans une petite parcelle afin de les affourager est la meilleure chose à faire pour préserver l’herbe.

Mise à l’herbe : une année pas si particulière
Malgré les conditions très difficiles qui ont duré jusqu’à l’automne, il n’y a pas de recommandation particulière pour la mise à l’herbe, une fois que l’on s’est assuré de l’état de ses prairies. La fertilisation reste un point majeur pour assurer le bon développement de l’herbe. Pour la période de mise à l’herbe, il est préférable d’attendre les 250 °C en base février et une hauteur d’herbe de 8 cm mesurée à l’herbomètre (11 cm au mètre), en système de pâturage tournant, et 300 à 350 °C et 12 cm de hauteur d’herbe (15 cm au mètre), pour le pâturage continu. Des journées «bout de prairie» avec Alysé ont eu lieu cette semaine pour parler des prairies. D’autres rencontres se tiendront à la fin du mois de mars.

A lire également:
• Comment réussir sa mise à l'herbe
• La fertilisation azotée pour sécuriser la production

Ophélie Collard,Alysé

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