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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 03-01-2019]

Interbev Bourgogne Franche-Comté

Le transport des animaux accidentés en questions et réflexions

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La Draaf, représentée notamment par son directeur et deux autres agents, a participé aux réflexions du conseil d’administration d’Interbev BFC. Ce conseil d’administration fut aussi l’occasion de présenter une nouvelle collaboratrice : Caroline Mousseron,
Le conseil d’administration d’Interbev Franche-Comté s’est réuni à Beaune le 11 décembre dernier. La présence et la participation de la Draaf ont souligné l’importance de certains dossiers d’actualité, dont les nouvelles dispositions dans le transport des animaux blessés vers l’abattoir.
Un sujet sanitaire sur fond de bien-être animal a mobilisé l’attention des membres du Conseil d’administration d’Intervev Bourgogne Franche-Comté : le transport d’un animal vivant blessé vers un abattoir. L’évolution des textes et la nécessité de remplir un certificat vétérinaire d’information (CVI) avant le transport appellent quelques explications et la clarification des rôles des différents intervenants dans la procédure que sont : le détenteur de l’animal, le vétérinaire de ferme, le transporteur et l’abattoir où la décision finale peut souvent être le fait d’un autre vétérinaire. D’où la présence renforcée lors de ce conseil d’administration d’Interbev BFC de la Draaf, d’un représentant du groupement technique vétérinaire et de Pascal Martens pour le GDS.

À la recherche d’un consensus
«C’est un vrai sujet de filière», constate le président d’Interbev BFC,  Jean-Pierre Fleury ; un sujet qui peut générer des controverses et qui nécessite donc de dissiper certains malentendus, de préciser certains termes, «de prendre une position claire et de s’entendre sur une position commune».
Les éleveurs se trouvent souvent déstabilisés face à ce type de problème alors que les règles de la transportabilité des animaux évoluent et se compliquent. Les autres intervenants ne sont pas moins sollicités et impactés : les vétérinaires de terrain sont sous pression, le ramassage demande des aménagements et la situation n’est pas simple dans les outils d’abattage, qui n’ont pas toujours la possibilité de traiter ces animaux blessés.
Avant toute discussion, les services de la Draaf ont donc entrepris de revenir à la lettre des textes réglementaires sur la gestion des animaux accidentés et l’abattage en ferme, afin d’en préciser les objectifs et le sens. D’abord, il s’agit de répondre à deux enjeux majeurs : la sécurité sanitaire de la carcasse et la protection animale. L’animal accidenté doit être apte au transport, le vétérinaire de la ferme dressant un certificat (CIV) portant mention du lieu de départ, des circonstances de l’accident (le transport vers l’abattoir doit intervenir en moins de 48 heures après l’accident) et stipulant que l’animal était en bonne santé avant l’accident. Ce certificat est établi à partir des déclarations de l’éleveur, qui doit par ailleurs prévenir l’abattoir des circonstances et de la nature de l’accident. À ce stade chaque intervenant a sa responsabilité propre : le détenteur de l’animal, le vétérinaire de ferme, le transporteur et l’abattoir. Mais encore faut-il que l’abattoir soit en capacité de traiter ces «bêtes d’urgence», en fonction de ses équipements et de ses pratiques. Une enquête terrain diligentée par la Draaf devrait permettre de recenser les structures d’abattage adaptées à ces cas d’urgence.

Transportable ou pas transportable ? Qui décide ?
Le vétérinaire de ferme se prononce sur le transport en fonction de la blessure, de la distance entre le lieu de prise en charge de l’animal et l’abattoir, des conditions de transport ; ce premier examen ante mortem doit déterminer si l’animal est transportable ou non. Pour des animaux non transportables, la seule solution reste l’abattage à la ferme, dont les conditions restent à préciser, surtout en ce qui concerne la préservation et le transport de la carcasse, pour éviter des pertes financières trop importantes pour l’éleveur.
La vraie question reste celle de la transportabilité, ce qui conduit certains acteurs à réfléchir au principe d’un camion civière pour éviter que les animaux blessés soient euthanasiés purement et simplement. Il faudrait aussi codifier le niveau de blessures : plaies, fractures (qui peuvent être soulagées par une contention uniquement et sans trop de souffrance), les tours de rein… Et clarifier les relations entre le vétérinaire en ferme qui dresse le certificat et le vétérinaire à l’abattoir qui peut avoir une autre interprétation. Ces différences de jugement peuvent être source de conflits. Jean-Pierre Fleury a donc proposé la mise en place d’une réunion entre vétérinaires afin d’établir quelques règles communes.
Beaucoup d’éléments doivent être précisés : le nombre d’animaux concernés par les accidents, type d’accidents, capacité de traitement des bêtes d’accidents dans les abattoirs, conditions de transport, etc. Mais certains acteurs souhaitent aussi orienter la réflexion sur la mise en place d’actions de prévention : équipement des locaux, évaluation des risques potentiels, conduite d’élevage… Tout en sachant que ces accidents restent exceptionnels 2 à 3 bêtes accidentées par semaine sur 450 à 500 bovins/semaine.

Anne-Marie Klein

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