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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 15-11-2018]

Semis direct

Une journée pour approfondir la gestion de la flore adventice

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Jérôme Séguinier, président du GIEE Magellan (micro en main) aux côtés de Stéphane Cordeau de l’Inra de Bordeaux.
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La journée s’est prolongée par des démonstrations de semis en semis direct.
Le GIEE Magellan en partenariat avec Terres Inovia et la Chambre d’agriculture de la Nièvre ont organisé une journée technique sur le thème du semis direct. Un événement suivi par plus de 200 personnes.
Il y avait foule ce vendredi 9 novembre à la salle des fêtes de Sully-la-Tour pour suivre la journée technique consacrée au semis direct. Pour Jérôme Séguinier, le président du GIEE Magellan «cette journée est une réussite. Les participants sont venus de toute la France. Plus les années passent, plus il y a de monde à nos journées. C’est une grosse satisfaction». Cette journée a débuté par une conférence de Stéphane Cordeau chercheur dans l’UMR Agroécologie, à l’Institut National de la Recherche Agronomique de Dijon.
L’objectif de sa présentation était de voir comment on peut réguler la flore adventice. Ce spécialiste étudie la question depuis 6 ans à l’Inra et lors d’une année aux États Unis (Université de Cornell, NY).
Dans un premier temps, il a souhaité démentir quelques résultats publiés récemment au sujet de la relation entre présence d’adventices, rendement des cultures et utilisation des herbicides. Ces derniers n’augmentent pas le rendement mais visent plutôt à réduire les adventices pour préserver le potentiel de rendement. Gérer les adventices reste une priorité, même dans les systèmes à bas niveau d’herbicide.
Le premier point de sa présentation concernait la perturbation du sol. Globalement, moins l’agriculteur travaille le sol, moins la flore adventice a de chances de germer et lever. Arrêter de travailler le sol, c’est modifier l’habitat des adventices ayant co-évolué avec 10 000 ans d’agriculture et de travail du sol. Photos et résultats d’essai à l’appui, Stéphane Cordeau a également insisté sur l’intérêt de laisser les adventices en surface. C’est le cas souvent en semis direct.
Le deuxième point de l’intervention de Stéphane Cordeau : «Concurrencer les adventices en couvrant les sols». Plusieurs techniques existent alors : faire plusieurs couverts en inter-cultures (été, hiver), ou couvert permanent (comme le pratique le GIEE Magellan). Il est possible de détruire le couvert et de laisser agir un mulch vivant ou mort pour couvrir le sol. Le choix variétal de la culture suivante peut aussi s’orienter vers des variétés plus compétitives. «Toutes ces pratiques sont intéressantes à condition que l’agriculteur ne gratte plus le sol. Le fait de regratter favorise la germination des adventices» explique Stéphane Cordeau. Néanmoins, les couverts ne sont efficaces que lorsqu’ils sont très développés et s’installent plus vite que les adventices. Retournant la fable de La Fontaine il précise : «quand il s’agit de concurrencer des adventices, rien ne sert d’arriver à point, il faut courir (il faut couvrir) !»
La compétition pour les ressources aériennes et souterraines dépend de la densité des individus, de la diversité des espèces (caractéristiques biologiques), de l’aptitude des espèces à prélever les ressources, de leur durée de co-occurrence et du niveau et de la diversité des ressources disponibles. «Si les conditions sont limitantes, et c’est souvent le cas en inter-cultures, la compétition est forte».

Une plateforme pour étudier l’agroécologie : CA-SYS
Récemment l’Inra de Dijon a lancé une plateforme de recherche et d’expérimentation en agroécologie à différentes échelles appelée CA-SYS. L’objectif est de concevoir des systèmes agricoles sans pesticides en se servant de la diversité (cultivée et sauvage) comme moyen de production, de tester leur faisabilité et d’évaluer leurs performances. Rappelons que la France s’est engagée à supprimer le glyphosate d’ici trois ans. Ce type de plateforme sert donc à expérimenter des systèmes en ruptures fortes et à trouver des solutions plus raisonnées. Cette plateforme va donc étudier deux voies d’agriculture en quatre systèmes de cultures. C’est-à-dire des systèmes sans labour comme le semis direct, qu’il soit permanent (perturbation minimale du sol) ou non-permanent (avec scalpage des couverts et désherbage mécanique), et des systèmes avec labour et autre travail du sol avec ou sans azote minéral exogène. C’est donc l’ensemble du domaine expérimental de l’Inra de Dijon (Domaine d’Époisses à Bretenière, 21) qui passe en agro-écologie sur 125 ha. «Ces études ont vacation à durer au-delà d’une dizaine d’années pour évaluer les équilibres écologiques et la performance des systèmes». Cette plateforme co-construite avec le monde agricole se veut collaborative jusqu’au bout : «L’objectif est d’ouvrir les portes au plus grand nombre pour des visites au bout du champ et d’échanges sur les résultats, afin de partager les réussites et les échecs, sources d’inspiration pour chacun» explique Stéphane Cordeau.

Théophile Mercier

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