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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 25-10-2018]

Reproduction

La réussite se joue avant le vêlage

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2018 est marquée par une sécheresse qui s’éternise et qui aura mis à mal une partie des stocks fourragers récoltés pour la période hivernale. Les stocks restants seront-ils suffisants pour aller jusqu’au printemps ? Permettront-ils de couvrir les besoins des vaches et des génisses d’élevage ? C’est dans ce contexte qu’il faut envisager la rentrée des animaux, gérer la période de vêlage qui a débuté ou qui s’approche et anticiper la future période de reproduction qui suivra.
Cette nouvelle campagne hivernale intervient deux ans après une saison difficile qui, à cause de fourrages médiocres, avait déjà fortement affecté la reproduction des troupeaux, avec pour conséquence de nombreux vêlages retardés et des vaches vides.
Même si les recettes toutes faites n’existent pas, et que les solutions doivent être adaptées pour chaque exploitation, quelques mesures préventives peuvent être mises en œuvre pour ne pas subir de répercussions négatives sur la future période de reproduction. La première mesure, est d’évaluer ses stocks et de réaliser des analyses de fourrage, afin de caler les rations des animaux en fin de gestation. La chambre d’agriculture de Saône-et-Loire, Alsoni et Feder proposent deux journées d’analyses de fourrages à la fin du mois de novembre (dates à venir). La seconde mesure est de ne pas faire l’impasse sur la préparation au vêlage des génisses et des vaches.

Trois bonnes raisons de soigner la préparation au vêlage
La préparation au vêlage est un moment clé dans la conduite d’élevage, parce qu’elle conditionne pour beaucoup, les aspects mécaniques du vêlage, la santé du futur veau, puis le retour des fonctions de reproduction. Il existe trois bonnes raisons de soigner la préparation au vêlage. La première est mécanique. Une bonne préparation au vêlage favorise la tonicité des muscles lisses (col de l’utérus, vagin, vulve). Elle favorise les contractions dynamiques ; favorise l’expulsion du veau et limite les risques sanitaires liés (non-délivrance, métrite). La deuxième bonne raison est de santé. La préparation au vêlage permet la naissance d’un veau vif et tonique ; la production d’un colostrum riche qui déterminera pour l’essentiel l’immunité active du veau et elle lui confère une immunité passive élevée. Troisième intérêt d’une bonne préparation au vêlage, la reproduction. Elle prépare un appareil génital dynamique et tonique ; permet un développement folliculaire soutenu, une reprise du cycle plus rapide et un intervalle vêlage-vêlage amélioré.
La phase de tarissement est déterminante car elle doit permettre aux vaches de refaire leurs réserves. C’est pendant le tarissement que se préparent la lactation et la reproduction suivante. C’est aussi le moment de prévenir les troubles qui surviennent autour du vêlage.
Le tarissement, c’est une période de repos qui doit permettre de couvrir les besoins d’entretien, de préparer la mamelle, de favoriser une bonne santé des vaches (santé du foie, des pattes…), de favoriser un bon démarrage de la lactation et de favoriser une croissance et une santé optimale du futur fœtus.

Fibres et énergie au tarissement
Les ruminants ont besoin de fibres. De fibres digestibles qui assurent les apports de glucides fermentescibles pour la production des AGV (énergie). De fibres mécaniques, qui stimulent la rumination et la salivation et permettent d’avoir de bonnes conditions de pH ruminal (> 6). En fin de gestation, il faut garder un volume de panse maximal par de la fibre via la cellulose et récupérer l’énergie de cette fibre qui est très bien valorisée par l’animal.
Cependant, la capacité d’ingestion étant réduite du fait du volume du veau en fin de gestation, il est primordial de concentrer la ration dans le dernier mois de gestation pour permettre à la femelle d’avoir de l’énergie et des protéines suffisantes pour synthétiser le colostrum et les lactocytes qui permettront la production laitière.
Le rôle de l’énergie. L’énergie joue un rôle déterminant dans la reproduction des vaches. Un déficit énergétique dans la ration a pour conséquence : un retard et une diminution de l’activité ovarienne ; une rétention placentaire, métrite ; un retard d’involution utérine ; une absence de fécondation et une mortalité embryonnaire ; un avortement et une mortinatalité.

Alimentation minérale
Durant la phase de tarissement, l’alimentation minérale est l’occasion de reconstituer les réserves minérales qui seront fortement mobilisées lors du vêlage et du début de lactation.
Rôle de l’alimentation minérale en période de tarissement (source nutrition minérale des ruminants F. Meschy).
• Phosphore, calcium : gestion des réserves osseuses, prévention des fièvres de lait.
• Magnésium et rétentions placentaires : le magnésium joue un rôle important dans la fonction musculaire et favorise les contractions utérines permettant l’expulsion du placenta. En cas de déficit, le taux de rétention placentaire augmente fortement.
• Gestion de la BACA (Balance anion-cation) : nécessaire pour faciliter la mobilisation du calcium au vêlage. En pratique, l’ajout de 80 g/vache/jour dans les dix jours précédant le vêlage peut permettre de gérer cette période.
• Oligo-éléments et vitamines : défense immunitaire, troubles péri-partum, transferts au veau (transplacentaires et via le colostrum).

Recommandations d’apport minéral avant le vêlage
• Apports de la ration de base + complément minéral.
• Apport suffisant de Mg jusqu’à 4 g/kg de MS.
• Apports de vit D3 chez les sujets à risque (primipares, vache gestante de jumeaux, vache à rang de vêlage élevé), entre deux et huit jours avant vêlage.
Préparation au vêlage et à la reproduction
D’autres apports se révèlent utiles, mais les recommandations quantitatives font défaut : bêtacarotène, vitamine du groupe B, hépato-protecteurs. On sait qu’un déficit en bêtacarotène se répercute en limitant ou en stoppant la production folliculaire. Dans ce cas, cela retardera d’autant la possibilité de féconder la vache.

Rôle des oligoéléments dans la fonction de reproduction
En cas de carence en oligoéléments, les deux mois précédant le vêlage représentent le moment opportun pour corriger ces carences par une supplémentation en oligo-éléments. Cette supplémentation permettra d’être valorisée pour la santé du veau et pour la reproduction ultérieure.
• Zn, Se, Cu : infécondité
• Zn, Mn, Se : formation et développement des organes sexuels
• P, Zn, I, Cu : cycles anormaux, chaleurs silencieuses
• I, Cu : avortements, durée de gestation anormale
• Mg, Ca, Se, Zn, I : rétention placentaire
En conclusion : l’alimentation en fin de gestation est une phase essentielle pour préparer la future lactation et la réussite de la reproduction. Elle doit être mise en place dans les six à huit semaines précédant le terme.

Denis Faradji, Elva Novia

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