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NIEVRE

[Article mis en ligne le 11-10-2018]

Semis d’automne

«On va vivre une sacrée campagne»

Conséquences de la sécheresse, les semis d’automne sont difficiles. Beaucoup d’agriculteurs se questionnent sur la gestion de leur assolement. Jean-Marc Krebs livre ses inquiétudes sur la campagne à venir.
Plusieurs problèmes sont aujourd’hui rencontrés par les agriculteurs. Le directeur de 110 Bourgogne, Jean-Marc Krebs partage ces inquiétudes. «Les agriculteurs étaient heureux en juillet à la fin de la moisson parce que la récolte était bonne, et dans les coins où c’était la catastrophe depuis 4 ans, ça a un peu relevé la barre. La quantité et la qualité étaient là, et les prix sont quand même bien meilleurs que les 4 dernières années. Mais alors là ils ont de nouveau le moral dans les chaussettes… en se demandant comment ils vont pouvoir semer».

Le premier problème concerne les semis de blé et orge d’hiver, compromis par l’absence de levée des résidus de grains de la culture précédente, laissés au sol à la récolte. «D’habitude à cette époque, tout est vert partout, les repousses sont levées, voire lèvent pour la deuxième fois, puis sont détruites avant le semis… Cette année, comme il n’a pas plu, rien n’a germé ! C’est vraiment problématique honnêtement. Beaucoup d’agriculteurs sont en travail du sol simplifié, le risque est donc que les repousses du précédent lèvent en masse dans la culture semée cet automne… Si du blé lève dans de l’orge de brasserie, il sera impossible à désherber, et la présence de grains de blé déclassera l’orge en catégorie fourragère».

Attendre au maximum avant de semer
«On a clairement dit à nos agriculteurs d’attendre un maximum pour semer, pour donner un maximum de chances aux graines résiduelles de germer. S’ils ne peuvent pas, on fera un truc agronomiquement incorrect… Mais là il faut choisir entre l’agronomie correcte et la valorisation de l’année prochaine ! On leur dit de remettre les mêmes espèces et la même variété sur les parcelles de l’an dernier… Sinon tout passera en fourrager».

La menace d’un déséquilibre des filières est prégnante selon le directeur. Et il va de pair avec les risques de déclassement des récoltes, induisant une plus faible rémunération des céréaliers. Les yeux des agriculteurs restent braqués sur le ciel désespérément bleu et sur les champs désespérément bruns, espérant qu’un peu de gris et de vert viennent s’ajouter au tableau de ce début d’automne compliqué.

La ruée vers les alternatives au colza
Dans les champs, le colza est souvent aux abonnés absents. Le directeur de 110 Bourgogne le confirme avec les statistiques de ses agriculteurs adhérents : «En moyenne, 70% du parcellaire de colza est semé, ça va de 0% à 90% de semis dans les fermes. Ça dépend des secteurs et des agriculteurs. Sur ces colzas semés, 50% sont désherbés, et 25 à 30% seulement sont levés». C’est la deuxième préoccupation du moment pour les agriculteurs, qui ne doivent maintenant choisir quelle culture implanter sur leurs parcelles destinées au colza, toujours vierges de semis ou au développement de la plante trop tardif. «On a des parcelles où un bout est levé, l’autre bout pas. Et dans le bout levé, il y a des insectes» Jean-Marc Krebs redoute la ruée vers les cultures de printemps, que les agriculteurs pensent utiliser en plan B sur les parcelles de colza. «On demande à nos adhérents d’être très prudents parce que tout le monde veut se rabattre sur des cultures de printemps comme le lin ou le sarrasin. Ils se tournent vers ces cultures à cause de leur prix rémunérateur. C’est légitime de chercher des solutions de repli, mais sur des cultures aussi pointues, si vous n’avez pas de contrat, c’est vendu au prix du marché ! Et là, les prix… on sait déjà qu’une centaine d’euros/tonne a disparu… Nous, on a des contrats avec nos agriculteurs, on peut donc garantir les prix en fonction du volume dont on a besoin. Les surfaces sont en train d’augmenter sur ces cultures de niche, sauf que si on rentre un bœuf dans la niche du chien… Il n’y a plus de niche, ça explose. On est dans une vraie cocotte-minute, des filières qu’on construit pas à pas vont exploser ! En plus on n’est pas vraiment dans une zone propice aux cultures de printemps… Les gelées tardives sont un vrai risque».

La météo hivernale sera peut-être favorable aux cultures. Pour l’instant les incertitudes planent en nombre sur la production végétale icaunaise. «On va vivre une sacrée campagne» d’après Jean-Marc Krebs.

Orianne Mouton

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