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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 04-10-2018]

Sécheresse

« Il est urgent d’accompagner les agriculteurs ! »

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( Crédit photo : La Vendée agricole )
Alors que l’agriculture française avait déjà été victime de la grêle printanière et de la canicule estivale, elle souffre actuellement d’un déficit hydrique important. Cette sécheresse, qui touche toutes les productions, entraîne notamment un sérieux déficit fourrager. Pour Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA, il est nécessaire de mettre rapidement en place des mesures pour accompagner les agriculteurs.
- Quelle est actuellement la situation climatique en France ?
Joël Limouzin : « Sur les dossiers climatiques, la FNSEA a été mobilisée durant tout l’été avec des déplacements sur le terrain. Le contexte climatique a été très difficile cette année. Cela a commencé au printemps avec des averses de grêle qui sont arrivées très tôt. Elles ont été suivies par une sécheresse accompagnée de la canicule. Ce phénomène caniculaire a exacerbé l’assèchement des plantes, tous les secteurs d’activité ont été touchés, notamment dans le Grand Est, du nord au sud, en passant par la Bourgogne Franche-Comté et le Massif Central. Après ces mois d’été difficiles tout le monde s’attendait à un retour de la pluviométrie en septembre mais rien ne s’est passé, nous sommes début octobre et la pluie n’est toujours pas en vue ».

- Quel est l’impact de la sécheresse sur l’agriculture française ?
J.L : « Le constat est alarmant, aujourd’hui le déficit fourrager est important et les semis réalisés ne poussent pas. Tout ce qui ne sera pas semé en octobre impactera les rendements pour l’année prochaine. Les grandes cultures ont aussi été très impactées, notamment pour le colza mis à mal par ce stress hydrique. Certains agriculteurs ont même décidé de ne pas semer en raison de la sécheresse. Je ne parle même pas des semis pour les SIE. La grande inquiétude concerne le déficit fourrager, il est actuellement difficile de s’approvisionner, certains fournisseurs se livrent même à une surenchère au niveau des prix. La paille, par exemple, est vendue à des tarifs exorbitants, ce qui entraîne des difficultés de trésorerie pour de nombreux agriculteurs. Nous craignons que cela entraîne une décapitalisation des cheptels, ce qui pourrait être catastrophique pour les années à venir. Les sorties trop massives d’animaux peuvent en effet déséquilibrer le marché. Il faut donc rester vigilant pour ne pas le désorganiser. Avec le froid qui arrive, ce déficit fourrager ne va pas s’améliorer ».

- Quelles sont les mesures à mettre en œuvre pour accompagner les agriculteurs ?
J.L : « À l’occasion du prochain Comité national de gestion des risques nous allons insister sur cette situation entraînée par la sécheresse, même si l’ordre du jour est tourné vers les impacts causés par la grêle. La sécheresse sera à l’ordre du jour du comité de décembre. Il est urgent d’accompagner les agriculteurs. Nous demandons que soit mis en place un système d’exonération sur la taxe du foncier non bâti. Cet été, sous la pression de la FNSEA, le ministre de l’Agriculture avait évoqué la possibilité de mettre cette exonération en place. En raison de la sécheresse qui continue à sévir il est encore plus d’actualité de la mettre en œuvre. Cela pourrait apporter de la trésorerie aux agriculteurs. Nous souhaitons que le système soit simplifié. Cette exonération doit être décidée à l’initiative des préfets pour qu’elle soit généralisée à l’échelle des départements, pour l’ensemble des agriculteurs, afin d’éviter les lourdeurs administratives. Toutes les productions étant touchées il est donc légitime que toutes les exploitations en bénéficient. En Haute Saône, par exemple, cette exonération s’élèverait à 1,5 million d’euros. Nous attendons que Stéphane Travert donne des instructions fortes, pour mettre en place cette mesure dans les plus brefs délais afin de soulager les trésoreries des agriculteurs touchés. Il est également nécessaire, qu’au niveau départemental, les comités de calamités se réunissent afin de faire remonter rapidement les dossiers au niveau national, si cela est jugé utile nous pourrons demander qu’un comité national de gestion des risques se réunisse en novembre afin de les examiner rapidement et ainsi limiter les délais entre le dépôt du dossier et la réception de l’aide. Je déplore également que trop peu d’agriculteurs soient assurés, soit 30 % en grandes cultures et 1 % en prairies. Il est à noter qu’un assureur est sur le point de décider, suite au visionnage de photos satellite, qui indique des pertes importantes sur les prairies, de verser un acompte aux agriculteurs bénéficiant d’une assurance prairie. Au vu de l’année écoulée on constate qu’il est de plus en plus nécessaire de pouvoir stocker de l’eau afin de sécuriser tous les systèmes de production».
Pierre Kons
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