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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 06-09-2018]

Sécheresse

Quelles mesures peuvent être mises en place pour tenter de s’adapter à cet épisode de sécheresse ?

Dans les troupeaux allaitants
Même si les conditions climatiques redevenaient favorables à la pousse de l’herbe, les prairies ne seraient pas exploitables avant 3 à 5 semaines. Il est donc nécessaire d’adapter la conduite des animaux au pâturage afin d’assurer un niveau de croissance suffisant pour les jeunes animaux (veaux mâles et femelles), en lien avec vos objectifs de production, et maintenir les vaches et génisses dans un état corporel qui n’altérera pas leur capacité de production ultérieure.
Maîtriser le phénomène de mobilisation des réserves corporelles chez la vache gestante et de croissance compensatrice des génisses est alors essentiel. Les adaptations possibles sont à raisonner selon la catégorie d’animaux concernée, la date de vêlage, l’âge au vêlage et votre système de production. Les leviers d’adaptation reposent sur :
• La complémentation des veaux et le sevrage précoce
Dans le cas de vêlages d’automne et de début d’hiver, si les veaux ne sont pas encore sevrés, il est souhaitable de le faire rapidement. Une fois sevrés, les veaux doivent avoir accès à une ration équilibrée (fourrages de bonne qualité et concentrés adaptés aux fourrages) et dont les apports sont adaptés à vos objectifs de croissance. Une attention particulière sera apportée à la transition alimentaire au moment du sevrage afin de limiter les risques d’entérotoxémie et de troubles métaboliques.
Au niveau des femelles, un GMQ de 700 à 800 g est l’objectif pour celles destinées au renouvellement. Il est possible de rechercher un GMQ supérieur, aux alentours de 1000 à 1200 g/j pour les animaux destinés à la vente.
Pour des veaux nés après janvier, il est nécessaire de généraliser la complémentation aux veaux mâles et femelles afin de compenser la baisse de production laitière des mères. Pour les veaux mâles, la complémentation peut se faire à volonté (aliment avec 11 à 12 % de cellulose brute minimum) ou rationné dans le cas d’un aliment avec une teneur inférieure en cellulose ou alors dans le cas d’un système naisseur-engraisseur car une forte consommation d’aliment avant sevrage dégrade les performances en engraissement. Pour les veaux femelles, la complémentation doit être rationnée et ne pas dépasser 2 kg/animal/j pour les génisses de renouvellement. La date de sevrage doit être avancée afin de limiter l’amaigrissement des vaches (les veaux peuvent être sevrés dès 6 mois à condition qu’ils pèsent au minimum plus de 270 kg et consomment 2 kg d’aliments par jour).
• L’affouragement des mères selon leur stade de production et leur état corporel
Des vaches ayant vêlé à l’automne ou en début d’hiver ont, une fois les veaux sevrés, des besoins relativement faibles. Il est alors possible, si leur état corporel le permet, de les nourrir de manière économique jusqu’à 1 à 2 mois avant vêlage. La paille est un aliment relativement pauvre d’un point de vue nutritionnel et n’est donc pas suffisante. Elle doit alors être complémentée avec un aliment liquide de type mélasse (1 litre d’aliment à 30 % de MAT pour 10 kg de paille) ou avec au moins 2 kg de concentrés à 20 % de MAT (céréales + correcteur azoté).
Pour des vaches ayant vêlé en seconde partie d’hiver, ces dernières sont encore suitées et il est donc nécessaire de les nourrir fortement afin de limiter leur tarissement. Selon vos stocks en fourrages, du foin pourrait être distribué à volonté ou alors de la paille avec 4 kg d’aliment à 20 % MAT.

• L’affourragement des génisses d’élevages
Pour les génisses de 18 mois, il est important de garder un certain niveau de GMQ afin de ne pas pénaliser le gabarit adulte. Un apport de foin ou d’enrubannage à volonté ou de concentré rationné est nécessaire.
Quant aux génisses de 30 mois, ces dernières sont gestantes et la conduite dépendra de la date de vêlage. Dans tous les cas, il est nécessaire que les animaux ne perdent pas d’état au risque de pénaliser le vêlage et le début de lactation. Ainsi, pour des animaux vêlant en seconde moitié d’hiver, du foin ordinaire ou de la paille mélassée peut suffire. En revanche dans le cas de vêlage d’automne ou début d’hiver, il est nécessaire de préparer la génisse au vêlage en concentrant la ration en protéines et en énergie. Du foin et de l’enrubanné de bonne qualité peuvent être suffisant tout comme de la paille mélassée et des concentrés.
Dans tous les cas, les animaux devront avoir accès à une eau de qualité disponible à volonté. Du sel devra également être présent en libre-service et pour les animaux en préparation en vêlage un CMV adapté est nécessaire.

Dans les troupeaux laitiers
Laissées à l’intérieur du bâtiment ou sur une parcelle ombragée proche de l’exploitation, les vaches laitières souffrent de la chaleur. Pour l’instant, peu d’impacts significatifs sur la production laitière en dehors de la qualité cellulaire du lait qui aurait tendance à se dégrader légèrement depuis le 20 août d’après les données laiteries collectées par Alysé.
Les silos d’ensilages sont réouverts ou le foin redistribué depuis plusieurs semaines et les vaches sont revenues à leur ration hivernale de production depuis la mi-juin, sans gros décalage, sauf cas particulier, par rapport à une année normale.
Dans la majorité des élevages laitiers les stocks fourragers avant les récoltes d’ensilages de maïs, composés des ensilages de maïs 2017 et des récoltes d’herbe 2018, étaient corrects.
C’est dans les systèmes « maïs » que la situation est la plus critique. En effet, les ensilages récoltés il y a quelques jours ont, pour la plupart, souffert des conditions climatiques de cet été, leur rendement et leur valeur sont souvent détériorés. Dans ces élevages, les récoltes étant en grande partie réalisées, il est urgent de faire un premier bilan fourrager « quantitatif » de l’herbe et du maïs conservés avec son conseiller. Ce bilan permet de mettre en œuvre rapidement les actions nécessaires pour pallier à un éventuel déficit fourrager cet hiver ou au printemps prochain et préparer les transitions alimentaires :
- Anticipation des réformes,
- Mettre de la paille à l’abri pour alimenter les animaux à moindre besoin cet hiver et réserver les meilleurs fourrages pour les vaches en production,
- Conserver des céréales pour complémenter les rations,
- Augmenter (jusqu’à 50 % maxi) la part d’herbe (ensilage et/ou enrubannage) dans les rations des vaches pour préparer la transition « maïs 2017/maïs 2018 »,
- Acheter du maïs sur pied uniquement pour faire de l’ensilage de maïs grain humide,
- Commander des coproduits « énergétiques » (pulpes de betteraves, corn gluten…). Attention, les achats risquent d’être compliqués et les prix vont monter, envisager plusieurs solutions avec son conseiller et vérifier le rapport « qualité/prix » avant de s’engager.
- Prévoir l’implantation de méteils « précoces » au mois d’octobre en dérobé pour une récolte au printemps prochain.
Pour les génisses, ne pas laisser les plus jeunes animaux sans complémentation, il est même préférable de les rentrer en bâtiment pour les alimenter et les surveiller plutôt que de les laisser dans une prairie dégradée.
Les génisses gestantes ou à mettre prochainement à la reproduction peuvent rester à l’extérieur mais doivent être alimentées pour qu’elles ne perdent pas d’état.

Pour tous les troupeaux
Préserver le potentiel de repousse des prairies est essentiel pour ne pas pénaliser la production de fourrage à venir et si les conditions le permettent de bénéficier d’un pâturage automnal. Ainsi, il est essentiel de ne pas surpâturer les prairies actuellement très courtes, de tout mettre en œuvre pour leur assurer un redémarrage rapide dès les premières pluies et de leur laisser un temps de repousse suffisant. Ainsi, les animaux doivent donc être resserrés sur une parcelle que l’on accepte de « sacrifier ».
En revanche, le fort déficit hydrique a entraîné la mort de certaines espèces prairiales dans le couvert. Un sursemis peut alors être pertinent pour éviter que ces vides ne soient colonisés par des espèces indésirables. On choisira dans ce dernier cas des espèces agressives et rapides d’implantation telles que le ray-grass, trèfle blanc ou encore trèfle violet.
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