Abonnement Nous Contacter Participer Petites annonces Publications légales Extranet

BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 30-08-2018]

Se former à la triple performance

Un atout pour les exploitations

En 2017 et 2018, 52 formations mises en œuvre par plus d’une dizaine d’organismes de formation ont été réalisées en Bourgogne Franche-Comté en réponse à un appel d’offres « Triple performance des systèmes agricoles » lancé par Vivéa. Plus de 500 agricultrices et agriculteurs ont été formés en un an et demi.
Le comité Vivéa de Bourgogne Franche-Comté poursuit le développement de formations permettant aux agricultrices et agriculteurs de mettre en œuvre des pratiques répondant à des enjeux environnementaux tout en préservant ou améliorant leur revenu et leurs conditions de travail.
Il a ainsi mobilisé 546 000 € en 2017 et 2018 pour poursuivre le développement d’une offre de formation revisitée.
Les formations concernées permettent aux exploitants de faire évoluer leurs pratiques vers l’agriculture biologique ou des pratiques de médecines alternatives, plus d’autonomie alimentaire, des techniques culturales innovantes…
Si les formations ont une entrée technique, un temps spécifique permet d’identifier et comprendre les impacts économiques, environnementaux, sociaux et sociétaux de la mise en œuvre des pratiques étudiées dans le cadre d’une approche globale du système.
De plus, les stagiaires choisissent des indicateurs qu’ils pourront suivre dans le temps afin de mesurer l’amélioration globale des performances de leur système.
Les centres de formation qui proposent des actions dans ce cadre bénéficient d’un financement renforcé de la part de Vivéa et s’engagent, en contrepartie, à la présence d’un formateur garant de méthodes pédagogiques participatives. Certaines formations sont cofinancées par le Feader.

Une réelle opportunité d’accompagner, puis de mesurer les effets des formations
Etienne Faure, formateur à l’ADFPA du Jura : « Le cahier des charges de Vivéa est arrivé au bon moment ».
« Depuis quelques années j’organise des formations sur des techniques innovantes, particulièrement en élevage, mais je m’interrogeais sur les résultats chez les éleveurs car peu d’entre eux, suite aux formations suivies, pouvaient me relater des résultats concrets. J’ai été réactif à l’incitation de Vivéa car elle correspondait à des modifications que j’avais envie d’entreprendre ».
Définir des indicateurs de résultats
« J’avais déjà commencé à réorganiser les formations avec une dernière demi-journée décalée dans le temps afin de réaliser un retour d’expérience et de mesurer les premiers effets d’un changement de pratique.
L’obligation de travailler avec les éleveurs sur le choix d’indicateurs personnalisés et chiffrés m’a beaucoup plu. Souvent, ceux qui leur étaient proposés servaient à compiler des données pour plusieurs élevages sur une zone géographique. Là, chaque stagiaire s’est réapproprié les critères qu’il souhaite suivre pour mesurer l’évolution de son propre élevage et en apprécier globalement la performance.
Cet hiver, je retrouve des stagiaires qui se sont formés à la méthode Obsalim en 2015 puis ont réalisé en 2016 un perfectionnement Obsalim en se donnant des indicateurs. Aujourd’hui, le fait de chiffrer les effets d’un changement de pratique est acquis. Ils sont capables, par exemple, de calculer eux-mêmes l’efficacité de la ration de base pour rester réactifs entre deux résultats du contrôle laitier. Cette année, le nouvel indicateur qu’ils se donnent concerne le caillé de lait (analyse de son aspect, sa texture et sa qualité protéique). Ce nouvel indicateur permet d’appréhender le rendement fromager et la digestibilité du lait pour les veaux et ainsi de faire le lien avec la ration de départ ».
« Suite aux signes observés sur son troupeau, Guy Bonnet chez qui nous nous sommes rendus durant la formation Obsalim, a diminué de 2 kg de foin par jour la ration des vaches laitières avec une réponse positive de 2 litres de lait supplémentaires par vache et par jour. Sur un troupeau de 60 vaches, cela représente 120 kg de foin distribué en moins soit près de 50 € d’économie par jour.
De plus, le troupeau va mieux, le lait est plus digestible (un caillé amélioré) donc il y a moins de problèmes de diarrhées des veaux et moins de mammites. En termes de temps de travail c’est potentiellement moins de temps à soigner les animaux et également moins de recours aux antibiotiques ».

Plus autonomes dans les prises de décisions
La filière Volaille de Bresse impose depuis de longues années aux agriculteurs se lançant dans la production, de suivre une formation spécifique. Cette formation a été retravaillée pour répondre aux orientations de Vivéa et renforcer la réflexion autour d’indicateurs de suivi. Guillaume Chalon et Charline Boudier, stagiaires de la formation « Devenir éleveur en volailles de Bresse », proposée par la Chambre d’agriculture 71, témoignent.
« Le travail sur les indicateurs était intéressant pour structurer les visites d’exploitations et poser les bonnes questions. Mais il l’était également pour construire notre projet et affiner son chiffrage. Grâce aux visites d’élevage qui jalonnaient la formation, nous avons notamment réfléchi autrement les investissements en équipement pour les poulaillers, pour améliorer le temps de travail. Nous avons pu, au regard des références de la filière, adapter le volume de mise en place au temps que nous pouvions consacrer à ce nouvel atelier. Nous avons également vérifié que les astreintes liées à ce nouvel atelier permettront de continuer, au sein de notre Gaec, à nous libérer un week-end sur deux. Nos réflexions sur les complémentarités avec les autres ateliers ont mûri. Notre production de céréales nous conduira à l’autonomie pour alimenter nos volailles, et les échanges avec un éleveur nous confirment que notre atelier lait permettra de complémenter l’alimentation des volailles en épinettes. Sur le plan économique, l’analyse des références de la filière et la confrontation à notre projet nous ont confortés quant à la rentabilité de cette nouvelle activité et laissent entrevoir, au-delà d’une première phase centrée sur le poulet, des perspectives de développement dans un second temps vers la volaille fine. Pour résumer, nous sommes sortis de notre travail quotidien pour suivre cette formation. Les échanges, apports de connaissances et visites nous ont amenés à nous situer et prendre les décisions en toute autonomie ».

Des formations qui renforcent les performances des exploitations
Christian Coucheney, stagiaire de la formation « Semis direct sous couverts : des principes à la pratique » organisée par la Chambre d’agriculture 21, partage son expérience.
« Je participe à des formations financées par Vivéa tous les hivers et cette formation m’intéressait car faire revivre nos sols est une piste pour l’avenir, et le semis direct sous couvert y contribue.
Je pratique déjà le semis direct et il y a longtemps que je ne laboure plus mais les terres sont travaillées avec d’autres outils.  
Mon objectif est désormais que ce soit les plantes semées qui travaillent le sol.
La formation m’a permis de savoir quelles plantes sont à utiliser pour ne pas concurrencer la culture. Le formateur (Florent Sauvadet, conseiller grandes cultures CA 21) est passionnant et connaît parfaitement son sujet, il dispose d’expériences et de références locales.
Dans le nord Côte d’Or, on a souffert de gros dégâts de gel sur le colza en février-mars mais je constate que les parcelles avec féverole sont moins touchées car la féverole a limité l’impact du vent.
La technique du semis direct me permettra de restreindre l’emploi des désherbants car il y aura moins de possibilités de germination des graines d’adventices. Sur la prochaine campagne, je sèmerai du colza en août, sans désherbage, en l’associant avec des plantes compagnes principalement de la féverole, mais aussi du lin, de la vesse et de la gesse, et un peu de tournesol pour fissurer le sol. J’espère aussi limiter les phytos car la pression des maladies devrait être moins grande.
Avec cette technique, je pense gagner également en temps de travail et j’aurai une empreinte carbone plus faible. Le système devient multiperformant et la formation m’a conforté dans cette voie ».
Pierre Kons
photo article

Fertilité des sols - Le temps de la reconquête

[En ligne le 06-12-2018]

photo article

Session de la Chambre régionale d’agriculture - Contrats de filières : l’intelligence collective à la manœuvre

[En ligne le 29-11-2018]

photo article

Sécheresse 2018 en Bourgogne Franche-Comté - Aide d’urgence de la Région et des conseils départementaux

[En ligne le 29-11-2018]

RECHERCHE

ÉDITION N°1505

La une

LIENS EXTERNES

METEO

PUBLICITE

votre publicité

NEWSLETTER

Inscrivez vous à la Newsletter pour être toujours informé

Réseaux