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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 14-08-2018]

Marchés agricoles mondiaux

L’ex-empire du milieu à la barre

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( Crédit photo : UE )
Les politiques d’importations de la Chine orientent les marchés agricoles. Son influence est relatée dans la majorité des chapitres du Cyclope 2018, consacré à ce sujet. La dimension pharaonique de ses projets d’élevage réorientera cette dépendance.
La sécurité alimentaire de la Chine repose sur des importations massives de produits agricoles et agro-alimentaires. Le changement des habitudes alimentaires des Chinois et l’artificialisation massive des terres agricoles, expliquent cette dépendance croissante. Le dérèglement du climat rend aussi l’activité agricole des paysans plus difficile. La Chine ne vise plus l’autonomie que pour un nombre restreint de commodités (riz, blé en particuliers) tout en sachant l’équilibre précaire.
Une grande majorité des chapitres consacrés à l’agriculture de la dernière édition du «Cyclope - Les marchés mondiaux», coordonnée par Philippe Chalmin, met en exergue l’influence de la Chine. Le pays a multiplié par onze les quantités de viandes ovines importées. Premier pays importateur, l’ex-empire du milieu a détourné une partie des flux auparavant destinés à l’Europe à son profit. L’Union européenne ne s’en porte que mieux.
Selon les dernières informations communiquées par l’Institut de l’élevage, l’Australie a exporté l’an passé 112 000 TEC (+ 45 % en un an) et près d’un tiers des ventes néozélandaises sont réalisées en Chine (157 000 TEC sur les 475 000 TEC exportées).

Des projets titanesques
«Dans un pays où l’accès aux terres agricoles est désormais très contraint, les élevages industriels gagnent de la place en construisant des porcheries à étages», relate Jean-Paul Simier, économiste. «Ainsi dans le sud de la Chine, plusieurs projets sont en cours : complexe d’immeubles de six étages avec 6 000 truies (1 000 par niveau), totalisant 18 000, 24 000, 36 000 truies… ascenseur pour transporter les animaux, centrale d’air conditionné, usine de recyclage des lisiers», ajoute-t-il.
Cependant, la Chine est le premier importateur de viandes porcines (un tiers des échanges mondiaux). Par ailleurs, la seconde puissance économique mondiale a annoncé élargir la liste des pays auprès desquels elle se fournit en viande bovine. Pour la France, l’agrémentation a abouti début juillet. L’exportation de quelques dizaines de milliers de tonnes de viandes bovines suffirait pour redynamiser le marché français qui redoute l’afflux de viandes américaines, permis par les accords transatlantiques.
Aujourd’hui, l’ex-empire du milieu importe un million de tonnes de viande d’Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande) et d’Amérique du Sud (Brésil, Uruguay, Argentine). Sans compter les centaines de milliers de tonnes de carcasses indiennes qui transitent par le Vietnam. Les Chinois ont fortement contribué au redressement des marchés laitiers en augmentant de 250 milliers de tonnes les importations en trois ans, sans pour autant retrouver les volumes d’avant la crise de 2014.

Influence étendue jusqu’aux marchés fourragers
Entre ses projets de production massive de bioéthanol et ses 189 millions de tonnes de maïs estimées en stock (pour une production mondiale de plus de 1 077 millions de tonnes), la Chine a les moyens d’orienter le fonctionnement des marchés céréaliers pendant des années. Le début de la résorption de ses stocks est un signal fort donné aux marchés. Pour 2018-2019, le CIC prévoit une consommation de 246 Mt alors que la production est estimée à 220 Mt. Comme pour le soja (100 Mt importées par an), la Chine pourrait devenir à moyen terme un importateur majeur de maïs pour alimenter ses usines de production d’éthanol. Par ailleurs, des mesures ont été prises pour encourager l’incorporation de ce maïs dans l’alimentation animale et pour produire de l’amidon.

La Chine fait aussi le marché fourrager en préférant les importations de sorgho et d’orge aux dépens du maïs américain. Les disponibilités mondiales en orge sont limitées car la prochaine campagne sera de nouveau déficitaire. Les besoins sont estimés à 148 Mt alors que seules 145 Mt seront récoltées selon le Conseil international des céréales.
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