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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 02-08-2018]

Centre interprofessionnel laitier du grand Est

L’élevage, solution environnementale

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( Crédit photo : Réussir ) Jean-Claude Perrin (trésorier Cil), Nathalie Mairet (présidente Cil), Jean-Louis Peyraud (Inra) et Thierry Bajolet (directeur Cil).
Chercheur à l’Inra, Jean-Louis Peyraud va à l’encontre du «discours trop simpliste» sur la consommation de protéines végétales par les animaux. Il rétablit les vertus environnementales de l’élevage et son apport à l’économie circulaire.
«Quand je mange du bœuf qui, lui-même n’a mangé que de l’herbe et des céréales, je suis végétarien par procuration». Ces paroles extraites d’une méditation du «Chat», empruntées au dessinateur Philippe Geluck, résument assez bien les propos de Jean-Louis Peyraud, directeur scientifique adjoint à l’Inra qui intervenait dans le cadre de l’assemblée générale du Centre interprofessionnel laitier (Cil) du Grand Est, le 22 juin, à Laxou. Le chercheur prend le contrepied des thèses défavorables aux productions animales. Tant en ce qui concerne leur contribution aux émissions de gaz à effet de serre (Ges), que leur consommation de protéines végétales qui concurrencerait l’alimentation humaine. «Ces approches globales ne sont-elles pas trop simplistes ?» interroge-t-il.

Efficience protéique
Jean-Louis Peyraud veut porter un nouveau regard sur l’efficience nette de la production de protéines. Cet indicateur se définit en divisant le kg de protéines animales «consommables par l’Homme» produites, par le kg de protéines végétales «consommables par l’Homme» consommées par les animaux. «A partir du calcul d’efficience protéique «apparente», l’élevage ressort toujours très peu performant», car il subsiste un amalgame entre les protéines végétales destinées aux humains et celles qui ne le sont pas, dans l’esprit du grand public. Il existe une grande diversité de situations, même au sein d’une région donnée. L’usage de coproduits de céréales et de tourteaux de colza s’avère très efficient, tandis que l’achat d’aliments ou de résidus d’amidonnerie ne l’est pas. «Une vache efficiente est celle qui produit beaucoup de lait avec du fourrage». Les viandes de porc (on consomme tout) et de volaille (croissance rapide) sont bien placées ; ce qui n’est pas forcément le cas du bio qui ingurgite des céréales riches et ne pousse pas vite.
Concernant la problèmatique des Ges, l’Inra préconise une atténuation par la réduction de l’effectif bovin national. Pour produire autant avec moins d’animaux, une stratégie «gagnant-gagnant» est d’avancer l’âge au premier vêlage, tant en lait qu’en allaitant. En revanche, accroître la production laitière par vache n’est pas payant. La finition doit s’effectuer «ni trop tôt» pour les veaux de boucherie, «ni trop tard» pour les bœufs qui ne doivent pas être stockés en prairies. Jean-Louis Peyraud verrait d’un bon œil de produire plus de viande sur la base du troupeau laitier, à partir de races mixtes et de semences sexées. La présence des ruminants sur le territoire doit être présentée comme une solution au réchauffement climatique. «De nombreuses pistes existent pour réduire l’empreinte carbone du lait et de la viande. Il est urgent d’en revoir les méthodes de calcul» estime l’intervenant. Les bovins peuvent produire et entretenir de la biodiversité, à condition de maintenir des surfaces en herbe, et notamment des prairies permanentes. Pour lui, les arguments pour exclure les protéines animales des régimes «santé» ne «sont pas valides» tant sur un plan environnemental que social. Jean-Louis Peyraud conclut au caractère «essentiel» de l’élevage, et notamment laitier «pour une agriculture à faibles émissions, propice à une économie circulaire. Il convertit des biomasses cellulosiques en aliments à haute valeur. Il utilise les surfaces marginales et contribue au cycle de la biomasse, ainsi qu’aux fonctionnements des agrosystèmes».

Jean-Luc Masson

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