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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 26-07-2018]

Transformation numérique des entreprises

Le numérique ? «Même pas peur...»

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De gauche à droite : David Barthe, Jean-Philippe Boyer, Michel Suchaut et Christian Decerle.
Après les moteurs et l’électricité, après la révolution agricole et industrielle, depuis la fin des années 1980, l’informatique prend de l’ampleur dans les entreprises. Aujourd’hui, le numérique -via Internet- transforme tous les métiers, de la production aux services.
Le 27 juin, les trois Chambres consulaires de Saône et Loire ont voulu montrer «comment votre entreprise peut en tirer profit pour se développer». Pas évident mais nécessaire, presque obligatoire, pour ne pas perdre ses clients ou perdre du terrain en terme de compétitivité demain.

La transformation numérique de mon entreprise ? «même pas peur !», on se voulait  confiant, en ce 27 juin à l’Ensam à Cluny. Un lieu qui ne doit rien au hasard puisque selon son directeur, l’Ensam est symbolique puisque se pensant aujourd’hui, non plus comme une école mais comme une «plateforme technologique de haut niveau» (outillage, transformation du bois…) avec son institut de l’image (réalité augmentée, réalité virtuelle). Cette école des arts et métiers accueille 200 élèves chaque année et forme 60 «talents» en plus en fin d’études. L’Ensam se tourne largement vers l’enseignement «personnalisé».

À la question «même pas peur ?», les présidents des trois Chambres consulaires de Saône-et-Loire répondaient un peu à la manière de l’avancée de leur réseau d’entrepreneurs. «C’est une véritable révolution, brutale et généralisée. Elle est d’ailleurs plus culturelle que technologique», jugeait d’emblée Michel Suchaut, pour le commerce et l’industrie. Pour lui, les entreprises n’ont d’autre choix que de s’adapter aux nouveaux modèles d’affaires et règles des marchés. Pour l’artisanat, Jean-Philippe Boyer se montrait plus «sceptique sur ce que cela peut apporter» mais ressentait l’obligation «de ne pas se laisser dépasser». Ce sont en effet les clients qui poussent en consommant et recherchant via Internet, y compris de l’art et des artisans. Pour l’agriculture, sans être «techno béat», Christian Decerle, président de la Chambre d’agriculture de Saône et Loire et président de la Chambre régionale d’agriculture BFC, voit dans le numérique un mouvement «complexe et incertain» mais également «prometteur et plein d’espoir». Au nom des trois Chambres, il invitait chacun «à décloisonner nos secteurs professionnels pour aller plus loin dans la dynamique de nos territoires».

Numériser ses produits
Après un exposé sur la transition numérique de David Barthe, directeur de la Chambre d’agriculture 71, également maître de conférence IAE Lyon en marketing digital, place était donnée au concret avec des témoignages d’entreprises de Saône-et-Loire. Tous les secteurs étaient représentés de la start-up à l’agriculture, en passant par l’artisanat et l’industrie lourde.

La fonderie charolaise numérise ses métiers notamment en terme de réalisation de plans (CAO), y compris à partir de pièces usagées pour après en assurer la réalisation. Les clients sont satisfaits. Mais la numérisation des produits amène aussi un problème de sécurisation de ces données. L’entreprise conserve donc ces informations sensibles dans ses locaux et non dans le «cloud» (serveurs informatiques à distance). Son confrère, Jean Patenet de Moules et outillages de Bourgogne, est lui déjà équipé. «GPAO, administratif, gestion clients… l’entreprise est déjà numérisée, sans oublier la robotisation pour l’outillage».

Des produits avec de nouveaux services
La transformation des produits et de l’image de l’entreprise ne s’arrêtent pas là. Si la fonderie charolaise peut réaliser des cuves, la start-up Fuel-it veut les connecter et créer de nouveaux services associés. Cette jauge connectée est déjà imaginée sur des cuves à lait, à eau, pour des engrais liquides.

Le client au cœur de la relation
Le grand témoin de la matinée, Laurent Fiard, président de la société Visiativ, estimait qu’il s’agit ainsi de «réinventer la proximité avec ses clients», particuliers comme professionnels, en les mettant «au cœur de la relation» afin d’anticiper leurs besoins pour mieux les fidéliser.
La compétitivité est aussi un axe de progrès avec le numérique, surtout dans un monde toujours plus en flux tendus. Et cela concerne tout le monde, y compris les artisans. À Rosey, avec sa femme, Florent Joinaud s’occupe d’aménagement intérieur. Il a toujours sur lui sa tablette numérique «renforcée» et réalise des devis directement chez les clients. Dès lors, le plan se transforme en devis. Un gain de temps estimé à 2 heures par jour– ainsi que pour les clients puisque la signature électronique permet de valider immédiatement la commande, envoyée par mail dans la foulée.

La gestion des  «données», un enjeu majeur
Les données sont le «nouveau pétrole» de cette économie. L’objectif étant de prédire l’activité (ventes, production…) avec un temps d’avance. La Cave de Lugny s’est lancée
- avec Orange, l’université de Bourgogne, Vitagora et des start-up - dans un projet d’Internet des objets et de big data. «Depuis des capteurs à la vigne (pieds, enjambeurs…) jusqu’au chai de vinification et après jusqu’au consommateur final, notre objectif est d’améliorer nos façons de travailler», détaille Édouard Cassanet, le directeur. Une agriculture ou plutôt ici, une viticulture de précision pour réduire notamment les décriés traitements ou intrants.

Des données qui pourront également alimenter l’étiquette du vin de demain (parcelle, date de vendange…). Si les clients dans les pays occidentaux restent ancrés dans leurs habitudes de consommation, ce qui  freine l’adoption des nouvelles technologies, il n’en va pas de même ailleurs. «Partant de zéro en matière de vin, les clients chinois rentrent dans les magasins avec leurs smartphones pour avoir l’histoire du vin. Ce n’est pas le futur…» a-t-il constaté lui-même.

Cédric Michelin

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