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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 26-07-2018]

Commerce international

Les tensions commerciales redessinent les échanges sur les marchés

Les hausses des droits de douane entre les États-Unis et quelques-uns de ses principaux partenaires commerciaux, l’UE, la Chine, le Mexique et le Canada, commencent à bouleverser les échanges mondiaux des matières premières agricoles, très concernées par ces mesures de rétorsion. L’agriculture américaine est la première touchée et va devoir trouver de nouveaux débouchés.
Le bras de fer commercial entre les Etats-Unis et le reste du monde bouleverse les échanges et l’Amérique pourrait perdre beaucoup de parts de marché au profit d’autres pays, comme la France notamment, sur certains marchés.

L’opportunité majeure concerne l’exportation de produits laitiers et de laits infantiles en Chine, selon FranceAgriMer. Le porc français pourrait également en profiter indirectement.

Lait, viandes, grains, et même certains fruits
La myriade de mesures de rétorsion annoncée par le Mexique, le Canada, la Chine ou encore l’Union européenne, après les hausses de droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium, concernent un large spectre des produits agricoles exportés par les États-Unis.

Et les marchés mondiaux commencent déjà à en être affectés, notamment depuis l’imposition des premières mesures chinoises sur le soja. Le différend commercial entre Washington et Pékin «n’est pas sans conséquence sur des marchés agricoles interconnectés», a indiqué FranceAgriMer lors de son conseil mensuel céréalier le 11 juillet.
Nombre de ces rétorsions devraient pénaliser l’industrie agricole américaine, et offrir des opportunités aux autres partenaires de l’UE, du Mexique, du Canada ou de la Chine, en premier lieu le Brésil.

Mais «l’issue de ces tensions reste incertaine», nuance toutefois FranceAgriMer. «Ainsi, dans l’ensemble des secteurs, des accords bilatéraux pourraient tout aussi bien faire peser un risque pour les exportateurs français, si elles aboutissaient à une augmentation des importations de la Chine en provenance des États-Unis».

Lait : une place à prendre en Chine pour le lactosérum français
Le principal flux d’exportations agroalimentaires françaises vers la Chine concerne les produits laitiers avec 810 milliards de dollars en 2017, rapporte FranceAgriMer. Les hausses de droits de douane contre les produits laitiers américains constituent donc «l’opportunité majeure» pour l’agroalimentaire français. Les États-Unis sont le premier exportateur de lactosérum en Chine (42 % des parts de marché), juste devant... la France, avec 17 % des parts de marché. Des marchés devraient s’ouvrir aux laiteries françaises.

Toutefois, nuance FranceAgriMer, «cet effet pourrait être limité par la différence entre les produits», car les États-Unis exportent essentiellement du lactosérum brut, destiné à l’industrie agroalimentaire et l’alimentation animale, quand la France exporte du lactosérum haut de gamme, destiné à la fabrication de poudres de lait infantile. Des opportunités existeraient également, mais moindre pour le fromage américain.

Soja : la Chine pourrait se reporter massivement sur le Brésil
En grains, comment fera la Chine pour se passer du soja américain? Elle en importe chaque année 39 millions de tonnes (Mt) au Brésil, 7 Mt à l’Argentine et 29 Mt aux États-Unis. Autrement dit elle doit trouver 29 Mt d’approvisionnements alternatifs, a exposé Marc Zribi, chef de l’unité «grains et sucre» de FranceAgriMer.

La Chine pourra accroître ses achats à l’Argentine, au Paraguay et à l’Inde, «mais ce sera insuffisant». Elle pourra aussi substituer du maïs au soja dans les formules d’aliments du bétail, mais dans une mesure limitée car le maïs est de l’énergie et le soja de la protéine, or il faut les deux dans les aliments composés.

L’Europe devrait privilégié le soja US en baisse de 15 %
Mi-juillet le cours du soja coté à Chicago a chuté à son niveau le plus bas en neuf ans, affecté par l’escalade des tensions commerciales entre Pékin et Washington.

Une baisse qui représente environ 15 % depuis fin mai, tandis que les taxes douanières chinoises imposées le 6 juillet sont de 25 %.

Profitant d’un soja US meilleur marché, les triturateurs européens en utilisent aujourd’hui de gros volumes.
L’UE triture habituellement beaucoup de graines de soja d’Amérique du Sud et d’Amérique du Nord, mais compte-tenu de la réduction nette du prix américain par rapport au sud-américain, tous les triturateurs achètent l’origine US et cela devrait se poursuivre ; car l’UE devra toujours importer du tourteau vu ses capacités de trituration inférieures aux besoins.

Maïs : l’UE de plus en plus dépendante de l’Ukraine
Autre produit dans le viseur, le maïs fait l’objet d’une riposte de Bruxelles contre Washington : l’UE applique depuis le 22 juin un droit de 25 % ad valorem sur les importations de maïs venant des États-Unis. Il s’agit d’une contre-offensive aux taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium décidées par Donald Trump. Cette mesure a «fait sortir le maïs US du marché européen», constate Matthieu Çaldumbide, directeur adjoint de l’AGPM (producteurs de maïs). 1,7 Mt sont concernées, en reprenant les volumes de 2017-2018, soit 10 % des importations de l’UE, d’après ses chiffres. Problème, «les alternatives ne sont pas légion» : le marché mondial est dominé par quatre fournisseurs avec les États-Unis, le Brésil, l’Argentine, l’Ukraine, souligne-t-il. «Le marché européen est plus que jamais tributaire des importations de maïs ukrainien».

Porc :des opportunités limitées pour les Français
L’industrie porcine aux USA est lourdement touchée par la guerre commerciale avec la Chine, mais aussi avec le Mexique.

La Chine a imposé un droit de douane supplémentaire de 25 % sur certains produits porcins américains, notamment sur les abats, ce qui pourrait sortir les Américains du marché chinois, rapporte Rabobank, le porc américain étant aussi concerné par des mesures de rétorsions mexicaines. Ce qui pourrait profiter aux européens et aux Canadiens.

Malgré les difficultés des Américains, l’effet sur les marchés européens n’est pas garanti, encore moins pour la France. «La France n’apparaît pas la mieux placée pour profiter d’une sanction des États-Unis : le prix français est environ 20 % plus élevé que la moyenne de ses concurrents», estime FranceAgriMer.

Elle pourrait en profiter indirectement si l’Espagne et l’Allemagne, «en meilleure position» pour exporter vers la Chine, allègent ainsi le marché européen.
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