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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 04-07-2018]

Moissons

Un mauvais départ

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L’orge d’hiver se retrouve déclassée en mouture, la faute à un taux de protéines supérieur à 12%.
La récolte d’orge d’hiver est souvent décevante en quantité et en qualité. C’est notamment le cas chez Alain Cattet, près de Mirebeau-sur-Bèze.
Les premiers tours de moissonneuse ont tout de suite donné la tendance : l’année 2018 s’annonce décevante en orge d’hiver dans plusieurs secteurs du département. Alain Cattet, exploitant à Arçon, a fauché ses 38 ha d’Étincel les 21 et 22 juin avec son frère Éric: «Les parcelles ont livré un faible rendement, estimé entre 50 et 60q/ha: c’est au moins 20q/ha de moins que l’an passé. Pour ne rien arranger, le taux de protéines dépasse les 12% et déclasse la production en mouture. Le différentiel de prix, de l’ordre de 30 euros la tonne, ne sera vraiment pas le bienvenu».
Les derniers mois pluvieux et le gel de début d’année dans les terres limoneuses du Gaec Cattet n’ont rien pardonné : «de meilleurs résultats auraient sans doute été obtenus dans des sols plus filtrants, comme cela est constaté chez plusieurs de mes collègues. L’orge d’hiver reste toutefois décevante cette année dans le secteur», poursuit le Côte-d’orien de 59 ans, annonçant un calibrage et un PS proches de 50.

De bonnes surprises ?
Rencontré la semaine dernière, Alain Cattet évoquait la suite des évènements sur son exploitation, lui devait débuter la moisson de ses 75 ha de colza ces tout derniers jours : «L’orge d’hiver sert généralement de baromètre pour l’ensemble de la moisson. J’espère qu’il n’en sera rien cette année ! S’il faut espérer de bonnes surprises, ce ne sera peut-être pas le cas pour le colza. Celui-ci n’est resté que très peu de temps en fleur. Cela n’annonce rien de bon, car nous disons souvent qu’un jour de floraison correspond à un quintal... Il y a eu aussi beaucoup trop d’eau au printemps, le colza n’aime pas ça. Les grains sont aujourd’hui assez petits. Seul le poids de mille grains pourrait faire la différence en notre faveur, si celui-ci est favorable. Dans tous les cas, nous ne nous attendons pas à un résultat exceptionnel comme l’an passé, quand nous avions dépassé les 45q/ha. Cette année, je pense qu’il faudra davantage tabler entre 30 et 35q/ha, mais tout ceci reste des suppositions. Il n’est pas facile de se prononcer avant la récolte, la moissonneuse sera le juge de paix, encore une fois !»

Bonne année pour le blé ?
La moisson des 92 ha de blé d’Alain et Éric Cattet devrait s’effectuer dans la foulée du colza. Les cultures étaient encore un peu vertes la semaine dernière, comme le décrivait Alain Cattet: «aujourd’hui, rien n’est encore fait, l’idéal serait d’avoir une petite pluie pour finir la maturité. Je reste optimiste pour le blé, même si des épis sont plus ou moins remplis. Aussi, nous avons eu des problèmes de fusariose, davantage dans la variété Cellule que dans ses homologues Sy Moisson et Goncourt».
Le producteur céréalier est également optimiste pour ses 25 ha d’orge de printemps : «leur fauche devrait avoir lieu en même temps que celle du blé. Les champs ont plutôt un bel aspect aujourd’hui, seuls de gros coups de chaud pourraient diminuer le potentiel. L’orge de printemps a été semée tôt, dans de très bonnes conditions. Elles ont reçu beaucoup d’eau et n’ont pas versé. Il n’y a pas de problème de calibrage avec cette culture qui est sans doute l’une des mieux valorisée sur la ferme».

Se refaire de 2016
La moutarde (très prochainement) puis le soja (en septembre) seront ensuite les deux dernières cultures à moissonner. Alain Cattet espère de bonnes récoltes pour se remettre un peu plus de la moisson de 2016 : «plusieurs années seront nécessaires pour combler le trou causé par cette récolte catastrophique. En 2017, les rendements étaient corrects mais les prix étaient déjà très bas. Aujourd’hui, ils font le yoyo et il n’est vraiment pas facile de vendre au plus haut». Alain Cattet termine par un mot personnel sur le métier d’agriculteur: «nous sommes constamment décriés, suspectés.... Ce n’est vraiment pas simple. Nous avons toujours une épée de Damoclès sur la tête. Des décisions au plus haut rang nous compliquent la vie et diminuent notre visibilité, je pense notamment à l’importation d’huile de palme qui vient totalement à l’encontre de l’agriculture. Notre métier est tributaire du temps, celui-ci nous pose déjà beaucoup de soucis, il n’y a pas besoin d’en rajouter».

Aurélien Genest

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