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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 24-05-2018]

Chambre d’agriculture

Quatre rendez-vous à venir

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Le président de la Chambre d’agriculture, devant les locaux de Bretenière, évoque notamment les dossiers des ZDS et des États généraux de l’’alimentation.
Lundi matin, la Chambre d’agriculture entame une série de quatre rencontres en ferme ouvertes à tous les exploitants. Vincent Lavier donne rendez-vous et profite de l’occasion pour aborder différents sujets d’actualité.
• De nouvelles rencontres en ferme se préparent, quel est le programme ?
«Nous avons fait le choix de reconduire la formule expérimentée l’année dernière, qui vise à se réunir dans des exploitations en traitant une thématique particulière. Même si la participation n’avait pas été exceptionnelle en 2017, les agriculteurs présents avaient beaucoup apprécié ce nouveau format. Celui-ci permet aussi de déjeuner ensemble en abordant des questions plus ciblées et individuelles. Quatre visites sont programmées les 28 et 29 mai, puis le 1er et le 8 juin. Deux d’entre elles s’intéressent à l’évolution des systèmes de production et deux autres à l’optimisation des moyens (voir encadré). Par ce type de rendez-vous, nous voulons montrer qu’il reste encore des voies à exploiter, sachant que les marchés sont toujours atones, toutes productions confondues».

• Les récoltes approchent, quel est l’état de la campagne en cours ?
«Comme lors des précédentes années, nous avons connu des incidents climatiques importants, qui ne seront pas sans conséquences pour les agriculteurs. Le plus important est sans doute l’excès d’eau des mois de décembre, janvier, février et mars. Les secteurs les plus humides seront les plus impactés, je pense notamment au val de Saône et à la Vingeanne, où le colza et l’orge sont souvent en grande difficulté dans certaines fermes. Un autre incident à relever est le froid des 26, 27 et 28 février, qui a notamment sévi dans des parcelles de pois d’hiver, colza et moutarde du plateau. Le colza connaît dans le même temps une autre problématique, celle des insectes avec des altises et des charançons du bourgeon terminal. Ce problème, jusqu’à présent essentiellement cantonné aux confins de l’Yonne, prend vraiment de l’ampleur sur le département et se retrouve jusqu’aux portes de Dijon. Pour le reste, la pousse de l’herbe est intéressante en élevage. La vigne semble, pour sa part, avoir échappé au gel».

• En plus des thématiques abordées lors des quatre visites, quels dossiers de conjoncture allez-vous aborder ?
«Nous parlerons bien sûr des marchés qui entraînent un manque de rentabilité certain dans nos exploitations. L’un d’entre eux, celui du colza, nous inquiète plus particulièrement depuis la récente annonce gouvernementale autorisant le projet de Total à La Mède. L’utilisation d’huile de palme pour le carburant est en voie d’être acceptée et cela ne sera pas sans incidence sur la filière. Cela est complètement incompréhensible pour plusieurs raisons : en plus d’encourager la déforestation, nous allons continuer de sacrifier le colza qui, au-delà de produire de l’huile, est un produit local et tracé qui contribue très largement à la dépendance protéique de l’élevage français par la production de tourteaux. Avec de l’huile de palme, il y aura forcément moins de colza et moins de tourteaux. Nous allons réimporter en masse du soja, OGM puisqu’il n’y a plus que ça sur le marché. Nous ne comprenons vraiment pas ce choix. Ce dossier peut aller très loin : une baisse des prix pourrait condamner la culture. Les plateaux de notre département ont déjà du mal à trouver des cultures de substitutions intéressantes au colza. Les agriculteurs essaient de diversifier leurs assolements avec du pois ou de la luzerne, rien ne remplacera complètement le colza qui est le meilleur compromis technique et économique dans ces secteurs».

• Qu’en est-il des zones défavorisées simples ?
«La Côte d’Or fait partie des départements impactés par le reclassement des ZDS avec, a priori, l’exclusion des communes de la vallée de l’Ouche et de l’arrière côte malgré les efforts que tout le monde a pu faire dans le département. Nous continuons de nous battre pour récupérer au moins une partie de ces communes, au titre de la continuité territoriale mais nous n’avons pas de réponse aujourd’hui. Seuls 70 000 ha pour l’ensemble de la France seront réintroduits au titre de cette continuité. Dans la suite de ce dossier, les préfets ont reçu une instruction venant du Ministère. Celle-ci invite à se pencher sur les zones qui sortaient du dispositif, mais aussi sur l’ensemble des zones intermédiaires. L’intégralité de la Côte-d’Or et donc concernée. La mission consiste à expertiser les difficultés de ces zones et à proposer des voies d’évolutions. Le vice-président du CGEAR (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux) a reçu une lettre de mission de la part du ministre, lui demandant de mettre en place une mission sur les systèmes de production des zones intermédiaires afin de leur permettre de s’adapter et de retrouver de la visibilité. C’est pour nous le signe d’un début de reconnaissance des spécificités de ces zones, même si nous ne savons pas comment cela se matérialisera».

• Où en sont les États généraux de l’alimentation ?
«Plus le temps passe et moins je suis optimiste sur ce dossier. Ces EGA engendreraient plus de contraintes sans la certitude d’avoir un véritable retour sur les prix. Il est quasiment acté qu’une montée en gamme de nos produits va nous être demandée, avec une augmentation des contraintes et donc des coûts de productions. Concernant la prise en compte des coûts de production dans la construction du prix, je ne vois pas pourquoi les industriels achèteraient plus cher en France, ce qu’ils pourraient trouver dans de meilleures conditions à l’étranger. Pour les grandes productions, nous sommes sur des marchés mondialisés, donc ces EGA auront peu d’impacts. L’encadrement des promotions et le relèvement du seuil de revente à perte ne profiteraient pas non plus à nos grandes productions. Tout cela n’augure rien de bon. Dans un autre dossier, les échos que nous avons de la Pac 2021-2027 ne sont pas positifs non plus, avec des premières simulations allant dans le sens d’une diminution du budget ».

Aurélien Genest

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