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NIEVRE

[Article mis en ligne le 03-05-2018]

Environnement

Comment concilier apiculture et grandes cultures ?

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Jacques Vadel aux côtés de ses ruches.
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Emmanuel Brossard dans ses champs de moutarde.
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Quelques-unes des 150 ruches que possède Jacques Vadel.
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La charte de bonnes pratiques à retrouver à la Chambre d’agriculture de la Nièvre.
Pour répondre à cette question nous sommes allés à la rencontre de Jacques Vadel, apiculteur à Lichy et Emmanuel Brossard cultivateur et producteur d’huiles à Raveau. Ils nous livrent tous les deux leur vision du sujet.
Jacques Vadel est apiculteur à Lichy. Il a commencé son activité en avril 2015 avec seulement 30 ruches. Son cheptel est passé en 2016 à 72 ruches, soit le nombre obligatoire pour prétendre à l’installation. Actuellement, il se maintient aux alentours de 150 ruches. Jacques Vadel est un bio convaincu. Ce qui implique le respect d’un cahier des charges très précis : la cire pour les essaims doit être bio et l’alimentation doit comporter uniquement du sucre de canne bio. Sur le plan du traitement, seul l’acide oxalique est autorisé. Il permet de lutter contre le varroa, un acarien qui affaiblit l’abeille. Pour s’installer, Jacques Vadel a investi 50 000 euros. Investissement qu’il continue aujourd’hui à amortir. L’ensemble de ses ruches sont classées en Natura 2000.

Changements climatiques
Les changements climatiques, Jacques Vadel les constate tous les ans. Il dispose d’un indicateur simple : «avant, une reine était productive durant 5 ans. Aujourd’hui, il faut en lancer de nouvelles tous les trois ans». Pour une meilleure cohabitation entre apiculteur et céréalier, il avance plusieurs pistes de réflexions basées sur le respect mutuel. Pour améliorer les relations entre les deux professions il faut faire un petit effort de communication. Ainsi, l’apiculteur préconise par exemple que le céréalier prévienne l’apiculteur lorsque des traitements sont programmés. Ce qui permettrait de protéger ses ruches le temps nécessaire. Autre préconisation : décaler les traitements de préférence le soir. Cet arrosage génère de l’humidité et de fines gouttes d’eau. L’abeille étant une grande buveuse, elle peut vouloir boire les fines goutelettes imprégnées de substances chimiques, mais quand le soir elle a regagné sa ruche, le risque disparait. Jacques Vadel constate cependant que l’installation de bâches sur les semoirs pratiquée par certains agriculteurs représente un effort important. Reste que les abeilles gagneraient à profiter d’une plus grande diversité de cultures. Car une fois la campagne de colza terminée, elles peinent à trouver leur nourriture.
L’apiculteur n’est guère optimiste pour l’avenir, il estime que «nous aurons dans les prochaines années de moins en moins de volumes», en précisant que «la transhumance va devenir nécessaire en raison des grandes cultures». En dépit du caractère difficile de son métier pour lui «cette expérience a été intéressante à vivre».

Des initiatives intéressantes en Grandes Cultures
Preuve que les mentalités évoluent, des exploitants en grandes cultures ont souhaité intégrer l’élevage des abeilles dans leur plan de développement. À l’image d’Emmanuel Brossard, installé à Raveau depuis 2013, qui pratique une agriculture raisonnée  et produit des huiles de tournesols, de cameline et de lin. En 2017, il a produit 7 000 bouteilles d’huiles soit un volume de 4 000 litres. Ses abeilles ne sont pas destinées à produire des quantités importanres de miel, mais plutôt à favoriser une floraison permanente. Ce qui lui permet estime-t-il d’augmenter ses rendements en huiles, de 15 à 20%. Cet exemple parmi d’autres prouve que producteurs de grandes cultures et apiculteurs peuvent vivre en bonne intelligence. C’est possible et même indipensable dans  le contexte du renforcement de la législation européenne sur l’utilisation des produits phytosanitaires.

Théophile Mercier

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