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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 03-05-2018]

Assemblée générale de Bio Bourgogne à Arnay-le-Duc (21)

40 ans de bio en Bourgogne

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Les administrateurs de la CGAB et du Sedarb, en 2002, acteurs “historiques” du développement de la bio en Bourgogne.
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Marianne Fouchet a été élue à la présidence du Sedarb en 2002, après Philippe Cabarat en 1990 et Didier Ides en 1998. Bernard Krempp lui a succédé en 2007. Il présidait là, sa dernière assemblée générale.
2017 marque une fois de plus un fort accroissement des demandes des conversions en bio. C’est aussi l’occasion pour les agrobiologistes de Bourgogne de revenir sur quarante ans d’histoire et de développement. De 5 agriculteurs bios en moyenne par département en 1977, jusqu’au cap symbolique des 1 000 producteurs bio certifiés en 2015, la bio a su tracer sa route et s’imposer comme une alternative réaliste.
40 ans c’est l’âge de la maturité et c’est le temps qu’il a fallu à l’agriculture biologique pour se faire une place, convaincre, travailler à son développement et finalement, se trouver en résonance avec l’évolution de la société. L’aura de la bio est sans commune mesure avec ses parts de marché, mais l’image est solide et garante d’authenticité, de sécurité alimentaire, d’éthique et pas seulement sur le plan environnemental. Le logo bio rassure une société plurielle, en mal de repères et déboussolée dans sa relation à l’alimentation comme à l’environnement et à la nature.

Maîtriser la croissance
Ne pas se couper de ses racines c’est important, il était donc important comme l’a souligné Laurent Barle, directeur de Bio Bourgogne, «de regarder d’où l’on vient pour se projeter et jeter un regard sur l’avenir». L’avenir, ce sont les défis à relever pour éviter que les producteurs ne soient victimes de leur succès auprès du grand public, alors que s’aiguisent les appétits féroces des grands de la distribution alimentaire. L’important, c’est aussi de maîtriser cette croissance sans renier ses valeurs, en conservant la valeur ajoutée au producteur, qui doit rester maître de son produit et un acteur incontournable de la filière.

Historiquement, le mouvement bio pour beaucoup d’anciens, a pris ses racines dans les années 70, sur le plateau du Larzac. Les années 80 l’ont fait mûrir et ont amené les pionniers à faire évoluer et à structurer l’organisation. Quelques précurseurs se sont alors relevé les manches pour donner des bases solides au mouvement émergent. Au fil des décennies, le mouvement va se renforcer jusqu’à prendre l’allure d’une puissante lame de fond. Les témoignages d’agriculteurs qui ont émaillé cette assemblée générale, anciens et modernes, ont bien montré toute la diversité du mouvement bio. André Lefebvre, qui fut le premier conseiller technique bio dans l’Yonne, département précurseur, deviendra ensuite le premier directeur de la CGAB puis du Sedarb. Sans nostalgie, il se souvient que : «l’important c’était d’établir des ponts entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique». C’était aussi de se doter d’une organisation pérenne, qui assure le développement de la bio et l’assoie sur un cahier des charges partagé. Aujourd’hui, le contexte a évolué, mais l’objectif c’est bien encore de rester dans l’action et de se projeter. Il faut toujours entretenir les passerelles et en lancer de nouvelles, entre les bios de générations différentes notamment. Pour l’ancien directeur du Sedarb, ce qui compte «c’est que ceux qui viennent à l’agriculture biologique, quelles que soient les raisons de leur conversion, y restent !»

La vie des sols, fondement de l’éthique bio
Les impasses techniques, notamment, conduisent de plus en plus de producteurs à choisir l’alternative Bio. Reste à transformer cet «élan de ces conversions en réussite collective», ce qui suppose «d’entretenir une synergie entre tous les acteurs». Le message de Bernard Krempp, président de Bio Bourgogne, se veut rassembleur, tout en alertant sur «les opportunismes porteurs de manoeuvres business-business». Directement visé, un certain pan de l’industrie agroalimentaire qui voit là un nouveau filon à exploiter. Face à ces grandes manœuvres commerciales, il faut faire front. Rien de mieux alors que «le collectif et la force d’un réseau qui doit se positionner comme le gardien du temple et rester vigilant» face aux dérives possibles, comme l’industrialisation des productions bio. Le président du Sedarb rappelle que l’agriculture biologique n’est pas une simple façade, elle fonde ses pratiques sur une éthique basée sur «la préservation de la vie et de la fertilité des sols». Après 45 ans de pratique sur sa propre ferme, Bernard Krempp est plus que jamais convaincu que ce chemin est le bon.
En 40 ans, les conversions se sont multipliées et l’année 2017 confirme la forte croissance de la bio en région. Le contexte n’était pourtant pas favorable, miné par des retards de paiement, l’incertitude sur l’avenir des aides, le manque de visibilité politique... Mais les demandes de conversion n’ont pas ralenti. L’agriculture bio apparaît de plus en plus comme une alternative réaliste et pérenne, dans des situations où les impasses techniques et les aléas climatiques plombent les systèmes d’exploitation conventionnels. Reste à trouver les moyens d’accompagner ce mouvement de grande ampleur, sur le plan du conseil, des aides, de logistique et du stockage. La bio telle qu’elle se pratique aujourd’hui a de l’avenir, à condition selon ses acteurs de «conserver des règles de production exigeantes, ancrées dans les territoires pour une économie agricole relocalisée et rémunératrice pour les producteurs».

Anne-Marie Klein

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