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NIEVRE

[Article mis en ligne le 05-04-2018]

Portrait

Un Ch’ti à Magny-Cours !

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David Merlin au sein de son exploitation
David Merlin, 49 ans était éleveur de vaches laitières à Montreuil-sur-Mer dans le Pas-de-Calais. Mais las des quotas, des normes et d’un travail qui ne lui était plus profitable, ce passionné de moto a préféré tout plaquer pour s’installer avec sa femme à Fonsegré, un lieu-dit de la commune de Magny-Cours. Retour sur un changement de vie et de vocation...
David Merlin, a donc débuté sa formation d’agriculteur dans le Pas-de-Calais en 1986 en BEP en Maison Familiale. Il intègre par la suite un Bac professionnel agricole à Rollancourt et réussi à se faire embaucher pendant 10 ans à Haulleville, un ETA situé à Boisjean dans le Pas-de-Calais. «J’avais un patron qui m’a bien formé» se souvient-il. «Cet emploi m’a permis de connaître parfaitement mon territoire. J’ai pu également découvrir les différentes méthodes de travail. Puis c’est en 1999, à la retraite de mon père, que j’ai décidé de me lancer. à l’époque il était en Gaec avec mon frère, j’ai donc racheté ses parts».

Un héritage syndical
Lorsque David Merlin intègre le Gaec familial, il est touché par le virus du syndicalisme. Son père et son frère sont des adhérents très actifs de la FDSEA dans le Pas-de-Calais. Implanté depuis de nombreuses années dans le département, l’exploitant connaît bien son territoire.

La section locale lui demande donc de se présenter en 2011 aux élections afin de remplacer le président du canton. David Merlin se lance, et il est finalement élu président du canton de Campagne-lès-Hesdin. Une expérience de 6 ans qui aujourd’hui encore, le marque : «on prend des coups c’est certain. Mais c’est une bonne école. On apprend à répondre aux gens et surtout à expliquer nos actions. Car bien souvent, les adhérents et les non adhérents disent que la “fédé” ne fait rien, c’est faux ! C’est juste que la FDSEA en locale ne sait pas bien vanter ses actions».

Durant son mandat, il se sera surtout battu pour les prix du lait qui, selon lui, cause la ruine du producteur. Pour lui, il n’est pas normal que l’exploitant s’endette pour faire plaisir à tout le monde, surtout à Lactalis ou Sodiaal. C’est à partir de ce constat qu’il a fini par tout plaquer et faire du repérage dans toute la France.

«Des projets d’agrandissement»
À partir de 2006, David Merlin élève donc seul 45 vaches laitières réparties sur 70 hectares. Il a de grands projets dont celui d’agrandir son exploitation. Problème : de nombreuses mises aux normes doivent être réalisées.
«J’ai hésité longtemps avant de faire ces mises en conformité, car avec cette réglementation qui change en permanence, je ne voulais pas trop investir...  et surtout pour rien». Installé au centre du village, il souhaitait délocaliser sa vingtaine d’îlots pour avoir plus d’espace et augmenter son chiffre d’affaires. Mais acheter des terres est difficile. C’est plus la location de terrain qui est de mise dans le Pas-de-Calais. Délocaliser lui aurait coûté aux alentours de 8 000 euros par vaches.

De plus, il n’était pas certain des cours du lait. En 2008, il fait la connaissance de sa femme Isabelle. Et c’est ensemble que va mûrir le projet de déménagement.

Trois ans de repérages
Son idée de départ était de trouver un endroit touristique. Avant leur déménagement, Isabelle gérait le patrimoine des Anglais en France, une sorte de tour-opérateur. Le couple souhaitait donc un endroit qui puisse marier les deux activités. Ils ont donc visité le Limousin quatre fois ; le Cher deux fois et enfin la Nièvre… Il avait un temps envisagé de s’installer dans ces deux départements, mais les terrains étant trop chers, l’investissement aurait été trop coûteux au regard de la prévision de rendement.

Pour David Merlin l’intérêt de Fonsegré, c’est le bâtiment qui avait déjà été mis aux normes. La solution était quasiment clefs en main. D’autant que Magny-Cours offrait avec son circuit, une possibilité d’ouverture sur le monde. C’est ainsi qu’avec sa femme, ils ont créé des chambres d’hôtes.

«Je ne veux plus être esclave»
En s’installant dans la Nièvre, le nordiste voulait élever une vingtaine d’Angus. Mais il s’est vite rendu compte que la demande en fourrage était forte dans la Nièvre. C’était une opportunité à saisir, d’autant qu’il ne voulait plus  «être esclave des bêtes et se faire bouffer par les intermédiaires».
Ce changement de stratégie a été payant, car depuis son installation en mai 2017, l’ensemble de son stock a été vendu. En parallèle à l’activité des chambres d’hôtes sur la ferme, il loue 80 hectares de terre, dont 60 ont été transformées en prairie et le reste est resté en culture. Un test pour voir comment l’activité agricole va évoluer en fonction des rendements. à terme, il envisage l’acquisition de ses terrains, les prix restant attractifs par rapport à ceux du Pas-de-Calais. Et demain ? Comment envisage-t-il l’avenir de son métier et sa vie dans la Nièvre ? Côté métier, il espère que les consommateurs se tourneront toujours vers la viande de qualité issue des exploitations locales. Pour les éleveurs, le marché italien reste porteur.
Mais il pense que le modèle dominant du fermier propriétaire ne sera plus le seul. Les entreprises agricoles vont aussi attirer des investisseurs, ce qui amènera le statut de l’agriculteur à évoluer.

Théophile Mercier

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