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YONNE

[Article mis en ligne le 22-03-2018]

Assemblée générale du Gaby

Regard sur la ferme bio Yonne

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Philippe Camburet, président des agrobiologistes de l’Yonne.
Le Groupement des agrobiologistes de l’Yonne (Gaby) s’est réuni en assemblée générale le 6 mars dernier. L’occasion de dresser un état des lieux de la bio dans l’Yonne à l’heure où la demande sociétale ne cesse de croître.
Fin 2017, le département comptait 321 fermes bio. Un chiffre en hausse de + 11% par rapport à l’année précédente, pour une SAU engagée en bio ou en conversion de 25 744 ha (+ 15%). Soit en part relative, 6,7% de toute la SAU départementale et 7,9% du nombre des exploitations.

En augmentation constante dans le département depuis une vingtaine d’années, l’agriculture biologique connait aujourd’hui un changement d’échelle sans précédent face à la demande sociétale et ce, en dépit de l’impact négatif qu’a pu avoir le non versement des aides en 2017. Grandes Cultures et Polyculture-élevage restent les secteurs les plus représentatifs, comptant respectivement 122 et 101 fermes engagées en bio, après avoir enregistré chacun 13 nouvelles conversions sur 2017. La viticulture semblant marquer le pas avec un compteur bloqué à 45 domaines. Le reste des exploitations bio se répartissant en maraichage (30), arboriculture et petits fruits (11), plantes médicinales (5) et apiculture (7).

État des lieux de la bio dans le département
Concernant la filière viande, en dépit de conversions importantes ces dernières années, toujours le même constat : la majorité des animaux vendus ne sont pas engraissés sur place, trouvant le plus souvent leur débouché en conventionnel.

Jeune éleveur de bovins et veaux rosés bio, Julien Bourgeois apporte quelques éléments d’explication : «les producteurs passés en bio s’aperçoivent que la marge est souvent la même, voire meilleure quand on n’engraisse pas les bêtes. Le grain bio est cher et même si les bêtes sont alors vendues moins cher, la marge reste intéressante». Principaux freins selon l’éleveur poyaudin : «les aides de la Pac, qui encouragent depuis plusieurs décennies au naissage des veaux, mais pas à l’engraissement. A noter également : pas d’aide possible à l’engraissement pour un cheptel de moins de 50 bovins». Si depuis 2015, les conversions se sont multipliées, les prix en secteur bovins restent faibles. Peu de projets d’installation ou conversion en revanche, en secteurs ovins et porcins.

En grandes cultures, les moissons 2017 auront été marquées par des rendements supérieurs à la moyenne, dans la quasi totalité des filières. Les sols les plus superficiels étant toutefois affectés notamment par la sécheresse de juin. La baisse significative des rendements enregistrée depuis une dizaine d’années, soulève des interrogations, que ce soit en matière agronomique (appauvrissement des sols en phosphore, changement climatique…) ou économique, avec l’obligation du maintien d’une valorisation importante des productions.

En lien avec la moisson catastrophe de 2016 et le faible niveau des stocks, l’année 2017 aura néanmoins été marquée par le maintien de prix élevés, notamment en blé. Hausse également des prix du lait bio, avec un prix de base à 460 €/1 000 l, la croissance de la consommation absorbant facilement les nouveaux volumes en conversion.

Suites aux difficultés rencontrées en 2016, les conversions en viticulture ont depuis, marqué le pas. En dépit d’un déficit hydrique conjugué à certaines périodes à un ensoleillement au dessus des normes, les vendanges 2017 auront permis des rendements corrects, voire bons en Pinot Noir, plus décevants en chardonnay.

«Un arbitrage pas en faveur de ce qu’on espérait…»
Objectif premier pour le Gaby en 2018 : «continuer à œuvrer pour l’affirmation de l’agriculture biologique au sein de l’agriculture icaunaise». C’est le vœu formulé par son président, Philippe Camburet, qui appelle les adhérents à se mobiliser pour renforcer leur nombre : «chacun d’entre nous a dans on entourage, quelques-uns des 200 producteurs bio qui ne sont pas encore adhérents au Gaby. Nous avons tous en notre possession un levier pour faire s’accroître la dimension représentative de notre structure».
Parmi les sujets évoqués, celui du transfert de fonds entre 1er et 2e pilier : «le ministre a fait un arbitrage qui n’était pas du tout en faveur de ce qu’on espérait et cela a des conséquences sur le quotidien des adhérents et de structures comme la nôtre. L’État s’est par ailleurs désengagé du dispositif d’aide au maintien, en reportant la responsabilité aux régions, qui ont bien d’autres choses à financer». Même scepticisme concernant les États généraux de l’alimentation : «annoncés comme salvateurs et rétablissant la vérité entre le pouvoir d’achat des consommateurs et le pouvoir de vivre des producteurs, mais pour l’instant, pas beaucoup de nouvelles!»

Dominique Bernerd

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