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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 08-03-2018]

Polyculture-élevage

Phytoel  : Évaluer des systèmes économes en phytos

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( Crédit photo : C.Delisle ) Les systèmes de polyculture élevage réduisant leur utilisation de phytosanitaires seront, selon les simulations, plus autonomes, moins émetteurs de GES, moins productifs, plus typés élevages (augmentation de la part de SAU à d
Afin d’anticiper les évolutions techniques, organisationnelles et économiques liées à la réduction de l’usage des produits phytosanitaires, des travaux de recherche ont exploré des voies d’adaptations.
Initié par l’institut de l’élevage en 2014 pour une durée de trois ans, le projet Phytoel avait pour intention d’évaluer l’incidence de la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires en élevage et ce, à l’échelle de l’exploitation. «Aussi, 32 exploitations (12 en bovins lait, 10 en bovins viande et 10 mixtes lait et viande) ont été choisies dans les réseaux Dephy (fermes de démonstration du plan Écophyto) et Inosys (élevages suivis par un dispositif associant Institut de l’élevage et Chambres d’agriculture). Dans chacune d’entre elles, agriculteur et couple d’experts (agronomie et élevage) ont co-construit un nouveau système économe et répondant aux objectifs personnels de chaque structure. Le but recherché étant de réduire de moitié l’usage des produits phytosanitaires», rapporte Philippe Tresch de l’Institut de l’élevage.

Objectif atteint  : réduction de 53 %
Globalement, l’objectif de réduction de l’usage des phytos est atteint, avec une baisse de
53 % de l’IFT initial (Indicateur de fréquence de traitements phytosanitaires) par hectare labourable. «Toutefois, cette moyenne cache une grande variabilité puisque les niveaux de réduction s’échelonnent de 0 à 100 %. Deux types de moyens ont été mis en œuvre pour diminuer les IFT  : des leviers dits «pratiques» et des leviers appelés «sole». Les premiers consistent à changer les pratiques d’utilisation des phytosanitaires (améliorer les conditions d’application pour limiter la dose de matière active appliquée, substituer par un passage d’outils des traitements, supprimer l’un des traitements en retardant la date de semis d’automne, faire appel à la génétique…)». Ces leviers pratiques permettent en moyenne de réduire l’IFT de 20 %. Les leviers «sole» sont plus efficaces avec en moyenne une réduction de l’IFT initial de 30 %. Ils impliquent en revanche de modifier en profondeur l’assolement en remplaçant une partie des cultures de vente les plus consommatrices de phytos comme le colza, le blé tendre par des cultures de vente moins demandeuses en produits phytos (tournesol, maïs grain) et des cultures fourragères (méteil, prairies temporaires).
«Ces modifications entraînent une complexification de l’atelier cultures : davantage de cultures, une réorganisation des assolements, une augmentation de la surface allouée à l’élevage. Côté élevages, le nombre d’UGB baisse (- 3 %), l’autonomie en concentrés s’améliore, les achats de correcteur azoté diminuent. On observe ainsi, une érosion des performances au profit de l’autonomie».

Baisse des performances animales
Dans les systèmes mixtes, la tendance est à la réduction de l’atelier viande. On arrête l’atelier jeunes bovins ou la finition plus longue. Globalement, le volume de lait produit est à la baisse de 4 %, le volume de viande produit chute de 14 %. «Malgré des performances moindres, les résultats économiques sont équivalents (EBE n’évolue pas). Cette moyenne cache toutefois de fortes disparités selon les stratégies globales mises en place par chaque exploitant». Sur le plan du travail, 73 % des systèmes ont dû le réorganiser, mais 43 % des exploitations estiment avoir réduit leur charge de travail et 20 % l’avoir augmentée.
«Dans l’ensemble, les objectifs du plan Écophyto sont atteints mais individuellement, les niveaux de réduction d’usages de phytosanitaires sont hétérogènes. Au-delà de l’exploitation, c’est également à l’échelle de la filière et du territoire qu’il serait nécessaire d’anticiper ces évolutions (moins de cultures de vente, moins de lait, moins de viande)», conclut Philippe Tresch.

Cyrielle Delisle

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