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YONNE

[Article mis en ligne le 01-02-2018]

Chambre d’agriculture

Enfin une bonne année ?

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Encore un peu tôt pour mesurer les dégâts aux cultures consécutifs à l’épisode d’inondations que vient de connaître le département.
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L’idée de réintroduire de l’élevage ovin dans le département fait son chemin, suite au plan de relance de la production ovine initié par le groupe Sicarev, repreneur de Sicavyl.
Comme chaque début d’année, le président de la Chambre d’agriculture de l’Yonne, Étienne Henriot, a reçu la presse départementale, pour dresser le bilan de l’exercice et les perspectives pour 2018.
Si après l’année 2016, catastrophique pour l’ensemble des productions agricoles et viticoles départementales, tout le monde comptait sur 2017 pour reconstituer une partie du chiffre d’affaires perdu lors de la campagne culturale précédente, il n’en a rien été et nombreuses ont été les exploitations à voir leurs difficultés augmenter ou même empirer. Si en viticulture une flambée des prix a pu être constatée, des marchés ont été perdus, faute de volumes au rendez-vous les années précédentes. En grandes cultures, c’est dans le Tonnerrois et en zone plateaux de Bourgogne, qu’une nouvelle fois, des aléas climatiques sont venus briser les espoirs des exploitants, avec à la clé, de faibles rendements. Si les cultures d’automne se sont, d’une manière générale, bien comportées, c’est la baisse historique des cours mondiaux des céréales qui restera dans les mémoires, mettant à mal, tout espoir de rattrapage de la funeste année 2016. Pas d’amélioration non plus pour ce qui est des éleveurs icaunais, du fait là encore, de cours du lait et de la viande toujours insuffisants. Une situation qui oblige à s’interroger, rappelle le président de la Chambre d’agriculture de l’Yonne : «tout cela met l’accent sur la fragilité de notre agriculture départementale, qui connaît de façon un peu récurrente les aléas climatiques, les aléas prix, les aléas sanitaires, parfois même, tous réunis. Ce qui oblige au niveau agricole à se poser des questions sur nos façons de travailler et à voir comment faire évoluer nos exploitations…» Parmi les évènements majeurs 2017, la tenue des États Généraux de l’Alimentation et le débat qui a suivi, sur les orientations agricoles, même si Étienne Henriot se veut prudent : «les textes sur la nouvelle loi agricole devraient sortir au premier trimestre 2018, même si on ne s’attend pas forcément à des révolutions. L’élément phare de tout ça porte sur le partage de la valeur ajoutée. Comment les choses vont-elles se traduire ? On ne le sait pas trop…» Concernant la cellule Réagir 89, 90 contacts ont été pris en 2017, débouchant sur 30 entrées dans le dispositif. Un chiffre relativement modeste reconnaît le président de la Chambre : «en fait, beaucoup d’exploitants sont parvenus à gérer. Mais en ce début d’année, on sent que c’est un peu dur au niveau des trésoreries. Même si ce n’est pas pour autant, la débâcle, on est dans une situation où cela peut vite être tendu. Il y a une part de résilience de la part des agriculteurs par rapport à ça, mais il faut pour autant que tout aille bien en 2018. On ne peut pas passer son temps à gérer des problèmes de trésorerie et ne plus investir…»

Du chanvre et des moutons
Les aléas climatiques récurrents conjugués à des faibles potentiels de rendement fragilisent chaque année un peu plus les exploitations situées en zone Plateaux. Certains agriculteurs du secteur ont même fait moins de chiffre d’affaires en 2017 que l’année précédente : «le Tonnerrois nous interpelle car pour certains, on tourne un peu en rond. Il n’y a pas de solution miracle, mais certainement plusieurs solutions à trouver. A commencer par la diversité des cultures, avec pour avantage de rallonger les rotations, ce qui, d’un point de vue environnemental, n’est pas mal non plus. Le chanvre peut aussi être une solution, d’autant que la Chanvrière de l’Aube est en train de construire une nouvelle usine, plus près de chez nous, autour de Troyes. Cela peut d’autant plus intéresser le département de l’Yonne que sur ce type de produit, la logistique et la distance comptent beaucoup. Sur d’autres produits type sarrasin, pois chiche, avoine nue, on achoppe un peu, du fait de marchés qui ne sont pas extensibles à l’infini et auxquels il faut faire attention. A l’exemple de ce qui s’est passé cette année avec l’avoine nue, où tout le monde s’est jeté dessus et le marché a été anéanti…»
Retrouver une pérennité économique sur son exploitation peut passer par une diversification de ses productions. Le plan de relance de la production ovine, initié par le groupe Sicarev, pour augmenter le nombre d’animaux abattus chaque semaine à Migennes pourrait conduire à réintroduire de l’élevage ovin, notamment dans le Tonnerrois : «économiquement, c’est une des productions qui aujourd’hui, fonctionne bien, même si ce n’est pas garanti dans le temps. Cela pourrait intéresser des agriculteurs souhaitant s’installer, ou offrir la possibilité, à des groupes de céréaliers, d’installer une personne faisant du mouton. Cela permettrait aussi de rallonger les rotations. L’idée étant qu’en 2018, on soit un peu plus précis sur les modèles économiques à mettre en place, pour venir devant les agriculteurs intéressés, en ayant tous les éléments de réflexion…»
Autre sujet d’actualité, les crues et leurs conséquences sur les récoltes à venir : «certaines cultures résistent mieux à la «noyade», les céréales notamment, peuvent tenir le choc un peu plus, contrairement au colza. Autre difficulté : l’eau ne va pas forcément se retirer partout. Elle est piégée, alors que pour intervenir dans les cultures, fin février, début mars, on a besoin que les sols soient ressuyés. Se pose néanmoins le problème des zones d’expansion des crues, avec la conséquence pour un département comme l’Yonne, de voir de larges zones inondées, du fait de l’obligation de protéger Paris. Il faut, en cas de dégâts dans les cultures, que s’instaure une réelle solidarité entre l’amont et l’aval et aujourd’hui, ce n’est pas le cas, la solidarité n’est pas flagrante…»

Dominique Bernerd

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