Abonnement Nous Contacter Participer Petites annonces Publications légales Extranet

BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 01-02-2018]

Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne

Des statuts à «dépoussiérer»

photo article
Le nouveau Comité permanent du BIVB est composé de (de gauche à droite) : Albéric Bichot (négoce, 21), Louis-Fabrice Latour (négoce, 21), Jean-Michel Aubinel (CAVB, 71), Bruno Verret (viticulture, 89), François Labet (viticulture, 21), Frédéric Guéguen (v
Le 25 janvier, le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) tenait son assemblée générale. Après de multiples rebondissements en coulisses, l’élection des membres et des postes au BIVB s’est déroulée «normalement».
Lors de l’assemblée générale du BIVB qui s’est tenue le 25 janvier, François Labet a été élu président à l’unanimité, tandis que Louis-Fabrice Latour, est redevenu président-délégué, comme le veut le principe d’alternance entre les deux familles. Cette élection a donné lieu à de multiples rebondissements et la famille viticole, veut éviter à l’avenir de telles interférences de la part du négoce et entend, pour cela, que les statuts du BIVB soient rapidement modifiés.
La Confédération des appellations et vignerons de Bourgogne (CAVB) a, à ce titre, tenu une conférence de presse l’après-midi même pour, officiellement, faire un bilan des chiffres de la récolte 2017 mais surtout pour passer quelques messages à la famille Négoce.
Déjà, pour rappeler et montrer que la viticulture bourguignonne reste soudée. «François Labet a été élu à la CAVB à l’unanimité des voix» pour se présenter, au nom de la famille viticole, à la présidence du BIVB, insistait d’emblée Jean-Michel Aubinel, président de la CAVB.
Pour rappel, la règle veut que la CAVB vote en interne pour désigner ses quarante-cinq membres appelés à siéger au conseil d’administration du BIVB pour les quatre années à venir. Ce sont les trois unions à la CAVB - Grands crus, Villages et premiers crus et Régionales - qui s’organisent pour proposer une représentation équilibrée. La Fédération des négociants (UMVGB, ex-Fneb) en fait de même de son côté. Ensuite, les quatre-vingt-dix membres ainsi désignés de l’assemblée générale du BIVB sont appelés à élire, chacun pour leur famille, quinze membres de leur conseil d’administration respectif, et cela toujours pour un mandat de quatre ans. Enfin, chacun des deux conseils d’administration doit désigner cinq membres en vue de former le Comité permanent avec, comme membres de droit, le président de la CAVB et celui de la Fneb. Les présidents sont également élus. L’assemblée générale pleinière du BIVB approuve ou non par un vote les membres du comité permanent.

Ambigus, flous et complexes
Si ce mode d’élection n’avait jamais posé de problème majeur jusqu’à présent, la CAVB réclame à l’avenir un «toilettage des statuts du BIVB» qui, selon Jean-Michel Aubinel, «sont encore très ambigus», «flous» et «complexes». Bien qu’interrogé par les journalistes, ce dernier refusait de rentrer dans la polémique et donc de livrer les détails des «quelques soucis» survenus depuis l’été 2017 et le premier vote à la CAVB. De fait et chacun le sait, Louis-Fabrice Latour avait manifesté entre temps et à plusieurs reprises son refus de travailler avec Jean-Michel Aubinel à la tête du BIVB. Une opposition à rebondissements qui a incité la CAVB à voter à nouveau en fin d’année 2017 pour désigner ses quarante-cinq membres du futur conseil d’administration. Pour Jean-Michel Aubinel, la page semble tournée et le vigneron mâconnais accorde tout son soutien à François Labet. L’occasion pour lui d’avertir le négoce : «la viticulture est en ligne pour travailler sur ce nouveau mandat».
Et pas question pour les ODG de perdre un pouce de leurs prérogatives, notamment en ce qui concerne la gestion de la production. Et cela, alors que le négoce plaide en faveur d’une gestion interprofessionnelle des autorisations de plantation notamment.

Statuts à dépoussiérer
Propriétaire du Château de la Tour, seule exploitation à l’intérieur du Clos de Vougeot dont il est le plus important récoltant, François Labet abondait dans ce sens. «Les statuts du BIVB pourraient être dépoussiérés car ils ont été «pondus» alors que le BIVB n’était encore que balbutiant» en 1989, soulignait-il, lui pour qui il est en effet anormal de voir une famille interférer sur le choix de l’autre famille.
Passant rapidement à un autre chapitre, le vigneron côte-d’orien endossait très vite son nouveau costume de président de l’Interprofession et rassurait l’ensemble des autres vignobles de Bourgogne sur sa volonté de ne pas les délaisser. «Les frontières sont celles d’un manque d’intelligence et d’un manque de complémentarité», dénonçait-il, en précisant être «à 100 % pour la région». Une manière de faire oublier son image de responsable de l’Union des Grands crus au sein de la CAVB.
Il prouvait ensuite sa déjà bonne maîtrise des dossiers interprofessionnels, lui qui soulignait «s’engager à 2 000 % pour la communication sur les appellations régionales». Bien que dynamique sur les marchés, la commercialisation à venir pourrait, selon lui, se complexifier avec la mise en marché des faibles volumes des 2016, notamment en Côte-d’Or. Pour le nouveau président du BIVB, les épisodes de gel, de grêle, les maladies et les ravageurs obligent en effet à «prévoir l’avenir. C’est essentiel». François Labet réaffirmait donc le besoin pour l’Interprofession de continuer à travailler sur la partie amont, et notamment sur le volet technique. Il reprenait en cela les grandes lignes développées lors de l’assemblée générale du BIVB qui avait eu lieu le matin même.

La gestion des Cités
Dans cette même mâtinée, le directeur du BIVB, Christian Vanier, avait par ailleurs rappelé la «décision» prise lors de la dernière assemblée générale de lancer le projet des Cités des vins de Bourgogne à Beaune, à Mâcon et à Chablis. L’ouverture est prévue en 2021 mais auparavant, «en 2018, le BIVB devra décider du mode de gestion». Une question «très politique», faisait-il observer.
Autre sujet «pas évident», la Charte des bonnes pratiques viticoles, laquelle doit désormais être transposée en actes concrets sur le terrain. «Le plus dur est devant nous», estimait-il à ce sujet. En revanche, au sujet de la production de matériel végétal et après «avoir perturbé» les acteurs du marché, le BIVB pourrait «présenter une décision en juillet» lors de sa prochaine assemblée.
Enfin, Christian Vanier annonçait le lancement d’un recours auprès de FranceAgriMer en raison de la «réfaction des financements» à l’adresse du BIVB. «Nous n’attaquons pas l’administration, mais nous entendons défendre nos droits», précisait le directeur du BIVB.
«Partant du principe qu’on n’aura rien» par précaution, le trésorier du BIVB, Albéric Bichot, annonçait un provisionnement de 400 000 € même s’il a bon espoir «de récupérer» les aides de l’OCM vitivinicole non perçues sur les années 2014, 2015 et 2016. Quant au directeur financier du BIVB, Jérôme Vincent, il expliquait les arbitrages qui avaient prévalu pour «un exercice de maîtrise budgétaire», avec une réduction de 500 000 € des dépenses Marketing.

Les «enfants gâtés» de France
Si le résultat du BIVB sur l’exercice 2016/2017 s’affiche déficitaire, la récolte 2017 avoisinant 1,5 million d’hectolitres (hl) et les bonnes sorties à destination des marchés rassurent autant les finances du BIVB que celles à venir des exploitations.
«La situation économique a rarement été aussi bonne» reconnaissait Louis-Fabrice Latour dans de son rapport moral lors de la première partie d’assemblée générale, avec un bémol tout de même pour les vins de Chablis. Après cinq mois de campagne, les prix sont «stables» dans leur ensemble. Côté ventes aux clients, «c’est une bonne année pour la Bourgogne. Nous sommes les «enfants gâtés» de France. Le marché français s’est maintenu et l’export balance entre satisfaction et frustration, avec -1 % en volume mais +10 % en valeur», et cela en raison de la rareté de certains vins de Bourgogne. Le négociant beaunois invitait cependant chacun à rester «prudent» du fait du «renchérissement de l’euro» et de la baisse des volumes expédiés en Angleterre (-7 %), baisse de volumes pour l’heure compensée en valeur (+12 %).
Louis-Fabrice Latour s’est dit prêt à travailler et «faire œuvre commune» avec François Labet. L’avenir le dira…

Cédric Michelin

foire aux pieces d usure
photo article

Élevage - À saisir… une opportunité “sciure” comme alternative à la paille

[En ligne le 15-11-2018]

photo article

Sécheresse en Bourgogne Franche-Comté - Des mesures exceptionnelles mises en œuvre par l’État en faveur des agriculteurs

[En ligne le 08-11-2018]

photo article

Pépinières viticoles - L’origine France, marqueur de qualités

[En ligne le 08-11-2018]

RECHERCHE

ÉDITION N°1502

La une

LIENS EXTERNES

METEO

PUBLICITE

votre publicité

NEWSLETTER

Inscrivez vous à la Newsletter pour être toujours informé

Réseaux