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YONNE

[Article mis en ligne le 03-01-2018]

Service de Remplacement de l’Yonne

On recherche des salariés

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Laurent Cartaut le reconnait : «il faut aimer les animaux avant tout, pour bien s’en occuper».
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Une solidarité sans faille de ses collègues éleveurs, voire employeurs, a joué à plein temps, à l’heure de la reconstruction de la bergerie, suite à l’incendie. D’où cette plaque apposée sur le bâtiment.
Le Service de Remplacement de l’Yonne peine à répondre à la demande, faute de candidats salariés. Une activité qui, à temps partiel, peut représenter une source de revenus supplémentaires pour tout exploitant, à l’image de Laurent Cartaut, éleveur ovin et viticulteur à Bleigny-le-Carreau.
Le mal est endémique. Victime de son succès, le Service de Remplacement de l’Yonne peine à pouvoir satisfaire toutes les demandes, faute de trouver suffisamment de salariés, que ce soit pour un temps plein ou un temps partiel. Les candidats ne sont pas légion, particulièrement en secteur laitier, où il est de plus en plus difficile de se faire remplacer, ne serait-ce que quelques jours.
Sont également recherchés, des salariés pouvant assurer des soins aux animaux en bovin allaitant. Le plus souvent, pour des missions n’excédant pas quelques heures par jour, pouvant se combiner avec le travail au quotidien sur sa propre exploitation, rappelle Anne Antoine, animatrice du Service de Remplacement de l’Yonne : «en moyenne, la traite et les soins représentent 5 heures de travail par jour. Une activité complémentaire pouvant très bien intéresser des exploitants en quête de revenus supplémentaires. D’autant que le système est très souple et que l’on n’est pas obligé d’accepter toutes les missions proposées. Le seul impératif : que la personne soit majeure». Une activité qui n’est pas incompatible avec le statut de jeune installé : «à l’image de ce jeune éleveur laitier, en Gaec avec son père et un autre associé, qui assure des traites sur une autre exploitation pour le compte du Service, en s’organisant en conséquence». Et pouvant également intéresser certains retraités qui souhaiteraient conserver une attache dans le mode professionnel, autre que familial.
Pour tout renseignement : tél 03 86 48 98 79

«Leurs problèmes sont les miens…»
Éleveur ovin et viticulteur, sur la commune de Bleigny-le-Carreau, Laurent Cartaut mène de front à 51 ans, une activité salariée pour le compte du Service de Remplacement. C’est en 2013 qu’il a décidé de franchir le pas, contraint à trouver un complément de revenus, suite aux rendements médiocres de la vendange 2012. A l’époque, son travail se limitait à un week-end de temps à autre, principalement chez des voisins et amis, dans un périmètre relativement restreint. Bien vite, ses qualités professionnelles ont forgé une réputation qui l’a conduit à monter en puissance et multiplier les remplacements. Jusqu’à ce 8 décembre 2015, de triste mémoire, où les trois quarts de son cheptel ont disparu dans l’incendie de sa bergerie. Un traumatisme qui l’a contraint à cesser un temps son activité salariée : « c’est vrai qu’on s’en remet, mais ça laisse des traces… » Ironie du sort, ses vignes ont gelé au printemps qui a suivi. Pas une goutte de vin attendue, il fallait trouver une solution et c’est ainsi qu’il a réintégré le service de remplacement au printemps 2016.

- Comment parvenez-vous à concilier votre activité d’éleveur et viticulteur avec un emploi à l’extérieur ?
Laurent Cartaut : «Depuis quelques années, je suis passé en bio pour l’élevage et c’est vrai que cela m’a aidé à tout mener de front. L’économie sur les heures de traitement m’a apporté du temps pour faire le reste. Pour ce qui est du vin, on a abandonné la vente en bouteilles pour ne plus faire que du vrac et le temps de travail s’est trouvé diminué là aussi de moitié. Quand je vais travailler à l’extérieur, je remplis bien les râteliers et dis à mes moutons : «vous me verrez demain, mais je ne sais pas à quelle heure et ils acceptent ! (rires)».

- Dans quel secteur fait-on le plus appel à vous ?
«C’est bien sûr dans les élevages laitiers que la demande est la plus importante. Aujourd’hui, cela représente pour moi un bon mi-temps. Et encore ! Je suis obligé de mettre un frein, sinon, je serai parti pour un temps complet. Financièrement, pour la filière, c’est dur, mais certains prennent quelques jours de temps en temps et je les comprends. Ils ont besoin de souffler. Trop souvent, on se réfugie dans le travail quand ça va mal, jusqu’à ce que ça casse. Il suffit parfois d’une journée de repos, pour mieux repartir».

- Est-ce toujours facile de mener ainsi plusieurs activités en parallèle ?
«Il faut savoir jongler ! En ce qui me concerne, c’est en juin que ça se bouscule le plus, du fait de la fauchaison combinée au travail dans les vignes. Je pars à l’extérieur de 5 h à 9 h et y retourne le soir, de 17 h à 20 h, avant d’aller travailler dans les vignes jusqu’à la nuit. Je reconnais que parfois les journées sont longues, notamment en période de vendanges. La fatigue s’installe, on décroche un peu, mais ça repart vite ! Pas toujours facile, mais suite à l’incendie, s’il n’y avait pas eu le Service de remplacement, je n’avais rien pour faire face ! C’est ce qui m’a permis de rester la tête hors de l’eau».

- Comment être à la fois patron sur son exploitation et salarié sur une autre ?
«C’est un pas à franchir et il faut savoir mettre un peu son orgueil dans sa poche, mais en règle générale, ça se passe bien. Il faut avant tout s’adapter à la maison et j’essaie toujours de respecter au maximum la façon de faire en vigueur, qui peut être très différente de la mienne. Je suis d’un naturel assez «speed», là où d’autres ont parfois un rythme plus lent dans leur travail. Tout dépend du caractère de chacun et c’est là qu’il faut savoir mettre le frein pour aller au rythme de celui qui vous emploie. Mais l’habitude aidant, les gens me font très vite confiance. Aidé en cela dans le fait que je suis moi même exploitant. Je suis un ouvrier allant travailler chez un patron, mais en même temps, suis mon propre patron sur mon exploitation et cela crée une relation particulière. On parle les mêmes choses, leurs problèmes sont les miens».

- En dehors du complément de revenus, que vous apporte cette activité salariée ?
«Par delà l’aspect financier, cela peut être intéressant d’aller travailler ailleurs que chez soi, ne serait-ce que pour avoir une autre vision des choses et de s’interroger sur ce que l’on fait depuis toujours au quotidien. Il y a toujours du bon à prendre quelque part, ça ne peut pas nuire, bien au contraire».

- Conseilleriez-vous à de jeunes retraités un emploi à temps partiel pour le Service de Remplacement ?
«C’est sûr que c’est parfois un peu physique, mais à 60 ans, avec un peu de volonté, on a encore la moelle ! Et puis du fait de l’expérience acquise tout au long de leur vie professionnelle, c’est vrai qu’ils passent mieux parfois sur certaines exploitations que des jeunes. Il serait peut-être intéressant d’ailleurs, avant d’envoyer ces jeunes sur le terrain, de créer pourquoi pas, des binômes avec des retraités, de sorte de les former et passer le flambeau… il faut d’ores et déjà, penser à la relève».

Dominique Bernerd

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