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YONNE

[Article mis en ligne le 30-11-2017]

MSA Bourgogne

Oser faire le premier pas...

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Première table ronde sur le thème : «Comment repérer les difficultés ?»
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Laurence Barbé et Marianne Ranque ont apporté leur témoignage : sur le dispositif Réagir 89 pour la première et la formation «Bien dans ses bottes» pour la seconde.
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Anne Antoine du Service de Remplacement de l’Yonne a vu, ces dernières, années les motifs d’absence changer.
La projection du film «Oser ! La MSA à vos côtés» à Auxerre, a été suivie de plusieurs tables rondes où se sont exprimés de nombreux professionnels et partenaires de l’accompagnement aux exploitants et salariés agricoles en situation de fragilité.
Depuis son lancement en mai dernier, le film «Oser ! La MSA à vos côtés», réalisé par la MSA Bourgogne avec l’appui de la Carsat, fait le tour des salles de projection, lors de réunions de terrain organisées à l’échelon local. Le 21 novembre dernier, il faisait étape à Auxerre et s’est poursuivi par trois tables rondes avec pour thèmes : le repérage des difficultés, la mobilisation des différents acteurs et les perspectives.
Créé avec l’objectif de libérer la parole pour que celles et ceux ayant besoin d’un coup de pouce n’hésitent pas à franchir le pas et prendre contact avec les services appropriés, le film d’une trentaine de minutes, compile le témoignage de cinq exploitants ou salariés agricoles que la MSA a accompagnés à un moment de leur vie. Parmi ces personnes, une icaunaise, Maud, qui était salariée dans les vignes et partageait son temps entre deux domaines viticoles. Une situation difficile, voire conflictuelle avec l’un de ses employeurs et à priori sans issue : «j’en avais ras-le-bol et ça a duré trois ans !» Passée par le service social de la MSA où elle a reçu l’écoute dont elle avait besoin, elle a intégré dans la foulée le dispositif d’action collective «l’avenir en soi». Un atelier de groupe, organisé en 6 à 8 séances d’une journée et structuré en 6 étapes, qui permet de dresser le bilan de ses compétences et bâtir un nouveau projet professionnel. Aujourd’hui, Maud travaille à mi-temps dans un domaine viticole et le reste du temps, développe sa nouvelle activité d’apicultrice. Aidée en cela par la synergie dégagée par le groupe, comme l’explique Fabienne Muris, conseillère sociale à la MSA, sur les secteurs du Tonnerrois et de l’Avallonnais : «l’exemple de Maud dans son témoignage, est vraiment révélateur de ce que peut apporter l’effet groupe. C’est ce qui lui a permis d’imaginer quelque chose de possible, une chose à laquelle, seule, elle n’avait pas osé penser et c’est ce côté un peu magique, de réfléchir en groupe, d’un coup, des possibles peuvent émerger».

Libérer la parole
Quelle que soit la structure, le travail est basé essentiellement sur l’écoute de la personne. Un travail de vigie pour repérer les personnes en souffrance, qu’elle soit professionnelle ou d’ordre privé. Délégué MSA, Michel Bonichon est salarié chez Yoplait, à Monéteau : «repérer des personnes en difficulté, c’est extrêmement délicat car il faut trouver le bon positionnement faute de quoi, un mauvais pas est toujours possible. La détection ne se limite pas seulement au jour où ça ne va pas, elle est le fruit d’un contact régulier, voire quotidien, qui permettra à la personne d’oser franchir le pas et de se confier». Mais la parole a souvent du mal à se libérer en milieu agricole confie t-il : «il faut savoir laisser des silences au cours d’un entretien, poser les bonnes questions, permettre aux gens de prendre un peu de recu pour les aider à s’exprimer, mais parfois, c’est compliqué». Travailleur social à la MSA, Fabrice Gressent a pour sa part un regard inverse : «je trouve que les personnes rencontrant un problème, qu’elles soient exploitant ou salarié, parlent avec lucidité de leur vécu. Avec pudeur aussi, ce qui est normal. La difficulté, c’est le premier pas, mais une fois la relation créée et la confiance instaurée, les choses avancent d’elles même».

Mettre sa fierté de côté
Par définition, l’accueil est le premier maillon de la chaîne et son rôle particulièrement important, pour repérer les personnes en difficulté, explique Muriel Sibille, co responsable du service accueil à la MSA Bourgogne : «tous nos agents sont sensibilisés au fait d’être particulièrement réactifs et communiquer sur les services existants. La principale difficulté pour nos adhérents franchissant ce premier pas, étant d’aller jusqu’au bout de leur démarche, une fois le premier contact pris. Il faut savoir parfois mettre sa fierté de côté».
Conseillère d’entreprise à la Chambre d’agriculture de l’Yonne, Laurence Barbé a rappelé ce qu’était le dispositif Réagir 89, créé depuis 2015, par la Chambre, avec le concours des autres partenaires sociaux : «il relève d’une démarche volontaire de la personne qui bien souvent, est identifiée par l’un des partenaires, créancier ou autre et orientée en ce sens». Avec en préambule à toute action, une table ronde avec l’ensemble des créanciers concernés par la situation, afin d’établir un plan de remboursement ou d’accompagnement lorsque la situation le permet : «en général, à compter de cet instant et en quelques chiffres, ils y voient plus clair et perçoivent mieux comment la situation s’est dégradée. Un prévisionnel est ensuite établi, permettant de dire si on peut on redresser la situation et en combien de temps».

Ne pas rester seulface aux difficultés
Outre l’action menée par les 24 travailleurs sociaux répartis sur l’ensemble de la MSA Bourgogne, la mission des 1 400 délégués élus, est également précieuse, souligne Guy Callué, président de Comité Paritaire : «c’est un maillon humain important car réparti sur l’ensemble du territoire. Un réseau à l’échelon cantonal, que tout le monde connaît et dont l’un des rôles est de faire remonter  aux travailleurs sociaux toute personne détectée. Il est impératif que tout le monde se sente concerné». Animatrice section animale à la FDSEA 89, Marianne Ranque a apporté son témoignage sur le dispositif «Bien dans ses bottes», une formation autour d’un intervenant spécialisé, lui-même agriculteur en Corrèze et adepte de la Programmation Neuro Lingusitique (PNL), amenant les participants à apprendre à se «réparer soi même», grâce à des outils simples : «car c’est typique au monde agricole, mais très souvent, quand on a un problème, on augmente la charge de travail et en fait, on s’enterre. Et à un moment, on est tellement enfermés, qu’on ne sait plus très bien comment s’en sortir». Depuis plus de 10 ans qu’elle anime le service de remplacement de l’Yonne, Anne Antoine a pour sa part relevé certains changements ces dernières années : «lorsque je suis arrivée dans le service, on faisait beaucoup de remplacements par choix de l’exploitant, notamment pour congés. Au fil des années, ce type de remplacement s’est amenuisé et aujourd’hui, nous sommes plus tournés vers des remplacements subis et amenés parfois à jouer un rôle d’accompagnement à notre niveau».
Autant de témoignages venus conforter l’importance d’un travail en réseau et d’une mobilisation de tous les acteurs sur le terrain, pour convaincre lorsque c’est nécessaire, qu’il ne faut pas rester seul face aux difficultés et ne pas hésiter à libérer sa parole pour demander du soutien.

Dominique Bernerd

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