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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 30-11-2017]

CIL Grand-Est

95% de la population ne sont pas prêts à devenir végan

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De g. à d. : Thierry Bajolet, directeur, Véronique Pardo, anthropologue au Cniel, Nathalie Mairet, présidente CIL Grand Est, Daniel Muller représentant des Coopératives et Jean-Claude Perrin, représentant de la FNIL.
Une anthropologue au Cniel, Véronique Pardo, est intervenue sur le thème «demandes sociétales et controverse autour de l’élevage». Pour elle, les éleveurs doivent s’approprier les questions des consommateurs pour leurs apporter les réponses.
Lors de son assemblée générale le vendredi 17 novembre à Laxou, le CIL (Centre Interprofessionnel Laitier) Grand Est a convié Véronique Pardo, anthropologue au CNIEL. Son intervention a permis de dévoiler les principales questions que se posent les consommateurs, en fonction de leur tranche d’âge. Elle s’est plus particulièrement intéressée aux questionnements des 15-25 ans, la prochaine génération ayant été bercée par la protection de son environnement.

Compréhension et transparence
Son constat est général, les agriculteurs subissent depuis plusieurs années une perte de sympathie du grand public, phénomène encore plus marqué auprès des 15-25 ans. Malgré cela, les consommateurs comprennent les exploitants quand ils choisissent de s’agrandir ou qu’ils métamorphosent leur entreprise agricole pour une meilleure qualité de vie. Mais la population souhaite conserver les fermes familiales  «reflets de l’agriculture». L’impact fort des demandes sociétales sur la filière nécessite des réponses en termes de santé, de bien-être animal mais aussi sur le plan environnemental. Les français attendent de l’information sur l’élevage et la transparence du monde du travail. Les discours associatifs incitent la population à ce questionnement, tout en lui faisant réduire sa consommation de produit d’origine animale.

Des études à l’appel
L’intervenante a émis une alerte sur la multitude d’études qui se font sans continuité, ni même de réel intérêt. À contrario, l’OCHA (Observatoire CNIEL des Habitudes Alimentaires) a réalisé une étude en 2010 et 2016, sur toutes les familles de produits et particulièrement les produits laitiers, qui met en avant les inquiétudes alimentaires. En 2010, le principal facteur d’inquiétude concernait l’alimentation pour la moitié de la population interrogée et le bien-être animal était absent. En revanche, en 2016, ce dernier critère fait son apparition mais le facteur le plus important d’inquiétude est l’hygiène et la fraicheur pour 43 % des interrogés. Cette étude vient en corrélation avec les différents scandales sur la viande qui ont sensibilisé le consommateur sur l’origine des produits.

Hostilité envers l’élevage
Véronique Pardo a insisté sur la différenciation des critiques et compare les discours en fonction des régimes alimentaires. Elle distingue deux courants principaux ayant plus ou moins d’impact. Les ONG welferistes qui souhaitent améliorer les conditions de vie des animaux et les végétaristes qui ont une alimentation sans viande animale. Dans le même principe, il y a les végétalistes qui ne remettent pas en cause l’élevage, mais uniquement les conditions d’abattage. Ces courants n’ont aucune animosité envers les éleveurs et ne prônent en aucun cas l’abolition de l’élevage. Par contre, une seconde tendance renferme les plus hostiles, les anti-élevages, tels que les véganistes ou les antispécistes et la libération animale. Ces militants n’orientent pas seulement leur discours pour interférer dans la législation, ils refusent l’exploitation animale. De plus, ils espèrent faire changer les modes de vie et de consommation.

Une minorité influente
Malgré la faible représentativité des végans (moins de 1 % de la population en France) leur influence peut être néfaste. Une étude montre que 95 % de la population ne sont pas prêts à devenir végan. Toutefois, il faut être en capacité d’expliquer les pratiques et l’éthique de l’éleveur pour éviter le mauvais impact de ce type d’organisations. Véronique Pardo s’inquiète particulièrement des attentes des jeunes qui révèlent un besoin d’équité et de bien-être. Il lui parait important de les comprendre, c’est la génération de demain. Elle conclut sa présentation en précisant qu’il n’y a pas de bien-être animal, sans bien-être de l’éleveur. Ce que les agriculteurs présents n’ont pu qu’approuver.

L’ENSAIA au cœur du débat
L’échange avec la salle a permis de débattre avec la tranche d’âge étudiée par l’anthropologue puisqu’une classe de l’ENSAIA, des étudiants âgés d’une vingtaine d’années, était présente dans le cadre du module «Élevage». Quelques élèves n’ont pas hésité à prendre la parole pour revenir sur leur éducation, ainsi que leur connaissance du terrain. L’une d’elle précise qu’ils ont été élevés en prenant en compte leur environnement et son respect, c’est pourquoi elle se sent préoccupée par le sujet et a choisi cette orientation en agronomie. En réponse, Daniel Perrin, responsable lait Frsea, a répondu que les agriculteurs ne les avaient pas attendus et qu’ils prennent déjà en compte le respect de l’environnement dans leurs pratiques. Un autre élève ajoute que la plupart des premières années n’ont jamais mis les pieds sur une exploitation mais un stage est prévu dans leur cursus. Pour conclure le débat, des agriculteurs présents n’ont pas hésité à leur proposer de les accueillir pour leur présenter leur exploitation et leurs pratiques.

Virginie Brasseur

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