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YONNE

[Article mis en ligne le 23-11-2017]

Environnement

Faire de l’agroécologie une opportunité et non une contrainte

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Ancien agronome au CIRAD, pédologue et botaniste, Lucien Seguy, parcourt la planète pour promouvoir les couverts végétaux et le semis direct
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Un auditoire venu en nombre, parmi lesquels des élèves du lycée la Brosse
Consultant international, Lucien Séguy parcourt la planète pour promouvoir le semis direct sous couvert végétal permanent. Un thème que l’ancien agronome du CIRAD et pédologue, a longuement évoqué lors de la conférence donnée au lycée La Brosse, dans le cadre des colloques «Terre Eau Durable» organisés par la Communauté de l’Auxerrois.
L’eau potable est un bien commun et seule la mobilisation de tous permettra de trouver des solutions pour la protéger… Un concept développé depuis une vingtaine d’années par la Communauté d’agglomération de l’Auxerrois, en partenariat avec des agriculteurs locaux, notamment dans le cadre de la zone de captage de la Plaine du Saulce. C’est dans ce contexte qu’en 2015, la Communauté de l’Auxerrois a engagé la rédaction d’un diagnostic socio-économique par le biais d’un comité de pilotage scientifique regroupant plusieurs chercheurs. Une étude mettant en avant différents systèmes de cultures innovants, comme la modification des rotations culturales et leur allongement à 5 ans, plus économe en intrants. Avec cette question en toile de fond, rappelée par le vice-président de la Communauté de l’Auxerrois en charge de l’environnement, Denis Roycourt : «comment faire évoluer les systèmes d’exploitations agricoles, de manière à réduire les pollutions des nappes, tout en assurant la viabilité économique de ces exploitations..?» Un premier colloque au printemps dernier, avait pour thème l’agriculture biologique et ses filières. Il s’est poursuivi le 15 novembre dernier, par une journée dédiée à l’agriculture de conservation, avec pour invité et orateur, Lucien Séguy, l’un des pionniers en la matière. Ingénieur agronome, pédologue, botaniste, l’homme a passé sa carrière à sillonner la planète pour la mise en place, notamment, de couverts végétaux, avec l’objectif de «produire plus et mieux». L’agronomie comme levier à la compétitivité des exploitations ? Lucien Séguy en est persuadé et n’a eu de cesse trois heures durant, de le rappeler, à un auditoire venu en nombre l’écouter.

Une valeur des terres indexée sur leur teneur en carbone
«Trois heures pour moi, c’est à peine le début d’un discours ! Si je rentre dans les détails, je prends 16 jours à 8 heures par jour pour en faire le tour et je ne compte pas les questions…» L’auditoire est prévenu, le survol de la planète sera rapide et les diapos présentées donnent le tournis au rythme où elles défilent. Un tour du monde des différents pays où Lucien Seguy œuvre depuis plusieurs décennies à la mise en place de couverts végétaux quel que soit le type de terrain : «j’entends dire partout, «oui, mais ici, en France, c’est pas pareil !» Je vous le dis tout de suite, vous vous trompez car ça s’applique partout ! Je vais vous parler de principes universels que l’on applique aussi bien au Québec qu’en Argentine, au nord de l’Équateur comme en Asie». Balayant d’un revers de main l’objectif de 4/1000 de séquestration de carbone dans les sols, que s’est fixé la France au soir de la conférence COP 21 : «suivant les sols, ça ferait guère plus de 130 kg/ha. Allez voir ce qui se passe au Brésil. Là bas, on est à 1,2, voire 1,5 tonne/ha. Cela veut dire que si l’on faisait un véritable Plan Marshall de la séquestration de carbone dans les sols, pour 1,5 milliards d’hectares cultivés, à 1 t/ha de moyenne, on arriverait au chiffre de 1,5 gigatonnes ! On annulerait tout ce qui est rejeté dans l’atmosphère…» Appelant dans les années futures à une valeur des terres, indexée sur leur teneur en carbone : «à 3% de matière organique, c’est tant l’hectare, à 4%, c’est 20% supplémentaires…»

«On est nu, on ne sait rien…»
Les couverts végétaux sont des «mini forêts à intégrer dans les systèmes de cultures», souligne le conférencier : «ils sont multifonctionnels, à la fois régénérateurs et pourvoyeurs de fertilité biologique pour les sols, avec une qualité et une quantité de biomasse et de carbone sans pareil, obtenue entre autres par la biodiversité…» Un outil apportant une augmentation de la productivité, une fertilité croissante et des sols propres…
Il y a de par le monde 160 à 170 millions d’ha cultivés en Semis Direct. Un chiffre, rappelle Lucien Séguy, qui n’a pu être atteint que grâce au… glyphosat ! «Finis les labours, finis les gratouillages de sols et ça, on a pu le faire que grâce au glypho. L’accumulation de carbone, la fin de l’érosion, c’est quand même à mettre à l’actif de cet herbicide, que je ne défends pas mais que je considère comme génial quand on a des sols biologiquement actifs…» Usant parfois de citations : «les grands problèmes auxquels nous faisons face ne peuvent être résolus en suivant le raisonnement qui a conduit à les créer…», celui que l’on surnomme parfois le tatou, «car je fais des trous partout où je passe», n’a eu de cesse d’insister sur l’importance à maintenir un sol vivant : «la nature sait tout faire, c’est le meilleur scientifique de notre petite planète terre, mais quand la matière organique d’un sol s’en va, vous êtes sous perfusion chimique ! Dans une poignée de sol, il y a plus d’êtres vivants que tous les humains de la planète. Il faut être humble. On est nu, on ne sait rien…»

Dominique Bernerd

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