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NIEVRE

[Article mis en ligne le 23-11-2017]

États Généraux de l’Alimentation

Le deuxième chantier cette fois sur le terrain

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États Généraux de l’Alimentation : une réunion plus restreinte ou la discussion était ouverte
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Exploitation : La visite de l’Earl Vernillat a précédé les discussions
C’est en effet sur l’exploitation d’Isabelle et Thierry Vernillat à Billy-sur-Oisy que s’est tenue cette rencontre autour du thème : «Une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous». Un rendez-vous, né de l’annonce d’Emmanuel Macron en juillet dernier, visant à relancer la création de valeur avec pour objectif de trouver des solutions concrètes afin que les paysans puissent vivre dignement.
Le premier chantier avait eu lieu début octobre autour d’une large table ronde intitulée : «Agriculture nivernaise, le défi de la valeur ajoutée». Elle avait pour ambition de faire des propositions afin de rendre les prix d’achat et les produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs et adapter la production aux besoins de différents marchés. Cette fois, il était question d’un autre atelier de ces États Généraux puisqu’on y a parlé des attentes sociétales fortes en matière d’alimentation. Mettre en adéquation les souhaits des consommateurs mais sans perdre de vue le nœud du problème qu’est la rémunération. Contrairement au premier rendez-vous, ce n’est pas dans une salle qu’a débuté cet atelier mais sur une exploitation qui répond à un certain nombre de ces attentes de la société. Circuits courts et diversification, conservation des sols mais aussi énergie verte avec une production d’électricité photovoltaïque. Autre changement de méthode, cette fois le nombre de participants était plus restreint, tout en conservant une diversité de point de vue. L’objectif affiché étant de laisser une place importante aux jeunes puisqu’ils feront l’agriculture de demain. Après cette visite d’une heure de l’EARL Vernillat, les participants ont ensuite continué le débat et leur questionnement à la salle des fêtes de Billy-sur-Oisy. Étaient présentes, entre autres personnalités, la sénatrice Nadia Sollogoub et le député Patrice Perrot, le préfet Joël Mathurin ainsi que plusieurs représentants de la DDT, de la DDSPP, de la Chambre d’agriculture, des syndicats agricoles, de la MSA ou de la filière agro-alimentaire... Gaspillage alimentaire, sécurité sanitaire, alimentation favorable à la santé, transition écologique et solidaire, rentabilité, les sujets étaient nombreux. Éric Bertrand a donc donné la parole aux élèves de l’EPL de Château-Chinon puisque leur rôle était bien d’interpeller le monde agricole et ses représentants. Ce qu’ils ont fait à travers plusieurs salves de questions. Mais rapidement, le débat a été recentré. Pour certains, en France l’alimentation est depuis des années saine, sûre et accessible. Ainsi Benoit Mathé, président de la «commission grandes cultures» à la Chambre et polyculteur  de déclarer : «Je vis ça comme une agression ! On a une sécurité alimentaire jamais vue. En 1950, il y avait 50 000 morts du fait de l’alimentation. En 1970, 4 000 et aujourd’hui c’est zéro». Pour lui, le problème est ailleurs mais chacun a une vision différente sur le constat et la méthode. Les élèves s’inquiétant, eux, de savoir si la viande présente en grande surface est française, et s’il y a localement moyen de travailler. Patrice Perrot se questionnant sur «comment structurer les filières, comment atteindre les consommateurs, comment rétablir des filières courtes de qualité et à un prix accessible».

Ne pas opposer des modèles
Mais pour Stéphane Aurousseau, il faut poser les choses autrement car à l’heure de la mondialisation, il faut changer le sens du mot «local» : «Est-ce que, exporter en Europe, c’est de l’exportation ? Puis exporter, ce n’est pas un gros mot, ici 75 000 broutards le sont chaque année (…) De toute façon, aujourd’hui, les faiseurs c’est l’Inde. Nous, en comparaison, on est l’épicier du coin». D’ailleurs pour Didier Ramet, secrétaire général à la Chambre d’agriculture : «Il faut emmener notre viande plus loin car il n’y a pas assez de consommateurs ici. Mais il faut qu’on s’organise. Puis, il faut cadrer dans le temps, avec des moyens». D’un point de vue local, il précise : «En ce qui concerne les cantines par exemple, c’est aux élus de se prendre en main» et d’ironiser : «Soit on met des budgets dans l’alimentation, soit on les met dans des ronds-points». Mais pour Denis Sanchez du CFPPA, «le local reste une partie de la solution. La vocation exportatrice a plombé les revenus. Même si je ne m’oppose pas à cette exportation, il faut se poser la question d’un repositionnement local. Là, il y a des choses à créer». Pour Éric Bertrand, il faut se demander : «C’est quoi le local ? Est-ce de l’exportation que de travailler avec nos voisins Italiens ?». Mais d’ajouter : «Il faut aussi favoriser la diversification, utiliser tous les leviers que l’on a». Et à la question posée «est-ce qu’il ne faudrait pas des modèles et non pas un modèle», certaines tensions persistent au sujet du bio. Notamment aux aides apportées. Stéphane Aurousseau soulignant que «les gens ont déjà saisi cette diversité qui existe au sein des exploitations. Mais sur la question bio, on n’a pas répondu au positionnement stratégique. C’est présenté comme le mieux-disant mais il bénéficie encore de beaucoup d’aides publiques. La filière doit gagner en autonomie financière». Le débat aurait continué, mais le temps manquant, les sujets concernant par exemple les biotechnologies n’ont été qu’effleurés. En conclusion de la matinée, Stéphane Aurousseau a affirmé qu’il fallait «s’inscrire dans la continuité d’un savoir-faire mais aussi s’interroger, se remettre en cause. Être ouverts et vigilants sur les nouvelles opportunités». Pour Éric Bertrand : «on a besoin de clarté car je n’ai jamais été aussi perplexe face à ce qu’on demande à notre métier» réaffirmant qu’il «ne faut pas opposer les modèles mais tirer dans le même sens en dynamisant la ferme Nièvre». Joël Mathurin a conclu, quant à lui, en disant aux jeunes qu’ils ont «la chance d’être à un moment où l’agriculture a un certain nombre d’acquis» dont la sécurité alimentaire fait partie. Quant à l’agriculture durable, allant dans le même sens que Stéphane Aurousseau : «Elle doit être connectée aux marchés et non pas sur-administrée. La subvention n’étant pas une politique durable». On le voit, plus que des réponses, ces États généraux ont donc soulevé nombre de questions et d’oppositions. Pour l’heure, sans y répondre.

Fabienne Desseux

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