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YONNE

[Article mis en ligne le 05-10-2017]

Traité CETA

Côte de bœuf au sirop d’érable

En dépit de nombreuses protestations d’organisations professionnelles agricoles ou syndicales, l’accord Ceta de libre échange avec le Canada est entré dans sa phase active le 21 septembre dernier.
Négocié pendant plus de 7 ans, l’accord de 1 600 pages visant à faciliter les échanges commerciaux entre l’Europe et le canada a réussi à faire l’unanimité syndicale contre lui : FNSEA, Confédération Paysanne, Coordination Rurale...,  tous les syndicats agricoles ont rappelé chacun par un communiqué, leurs inquiétudes face au traité entré en vigueur le 21 septembre dernier.
Concrètement, le Ceta a supprimé depuis cette date, les droits de douane agricoles sur plus de 92% des produits échangés entre les deux continents, à l’exception de certains produits reconnus «sensibles», comme la volaille et les œufs. Si certaines filières en France, s’en trouvent confortées, comme les producteurs de fromages ou d’alcools, l’inquiétude grandit dans le milieu de l’élevage, face notamment à un quota d’importation de viande canadienne équivalent à terme à 60 000 t. de bœuf et 75 000 t. de porc. Pour autant, les consommateurs français ne devraient pas voir arriver dans leurs assiettes de bœuf aux hormones, de poulet au chlore ou de saumons transgéniques, l’accord stipulant qu’en matière sanitaire, l’UE continuera à en interdire l’importation. De nombreuses questions demeurent cependant, liées au fait que les normes sanitaires et environnementales sont plus faibles de l’autre côté de l’Atlantique, provoquant une concurrence jugée  déloyale. Dans un communiqué, la FNB vient de rappeler que selon un rapport d’experts sur le sujet : «46 substances actives interdites depuis longtemps en Europe, sont toujours autorisées au Canada et que les limites maximales de résidus de pesticides autorisées dans les produits alimentaires, y sont beaucoup moins exigeantes». D’autant qu’en matière de traçabilité, les contrôles n’y sont effectués qu’au stade de l’engraissement et non pas tout au long de la vie de l’animal. Inquiétudes économiques également, alors que les exportations de bœuf canadien vont se concentrer sur des morceaux nobles, risquant de déstabiliser la filière allaitante française.
«Nous on tondra l’herbe»
L’éleveur et président du syndicat charolais de l’Yonne, Jean-Louis Riotte, ne cache pas son hostilité au Ceta : «on ne peut être que sceptique par rapport à la traçabilité de leurs produits et à la conformité de leurs mises en marché par rapport au marché français. Ce qui est gravissime aussi, c’est que la consommation de viande et le pouvoir d’achat sont en berne et que rien n’est fait pour ouvrir de nouveaux marchés à nos animaux. Comme si l’export était devenu un «gros mot» ! Où va-t-on… ?» Même scepticisme pour le président de la Section porcine à la FDSEA de l’Yonne, Eric Saison : «c’est pour moi plutôt une mauvaise nouvelle. Quelle monnaie d’échange en contre-partie de tout ça ? Ce qui me désole, c’est que la profession agricole se soit mobilisée sur le tard contre cet accord, avec au bout du compte, le fait qu’on aille toujours plus loin dans le libéralisme. Une source d’inquiétude supplémentaire aussi, avec l’impression qu’on est en train de lâcher notre modèle français d’agriculture familiale… Ouvrons les frontières toutes grandes et demain on mangera peut-être de la viande russe ou turque et nous, on tondra l’herbe pour que la France reste un beau pays touristique!».
Satisfaction en revanche pour les producteurs fromagers, avec la reconnaissance d’une quarantaine d’IGP françaises, comme le rappelle Didier Lincet, à la tête de la fromagerie éponyme à Saligny : «nous sommes déjà présents sur le marché canadien et bien qu’absents de la liste des fromages reconnus en tant qu’appellations d’origine par le Canada, la mise en œuvre du Ceta est bénéfique et devrait nous permettre d’augmenter de façon significative nos exportations vers ce pays. Restera à nous faire reconnaître, afin d’éviter tout risque de voir nos chaources ou époisses copiés par les fromagers canadiens».

Dominique Bernerd

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