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YONNE

[Article mis en ligne le 28-09-2017]

Innov’Action

Vingt ans d’expérience en semis direct sous couvert

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( Crédit photo : Laetitia Le Breton Chambre agri 89. ) Jean-Charles Van Melle, engagé depuis longtemps dans le semis direct sous couvert.
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( Crédit photo : Laetitia Le Breton Chambre agri 89. ) Visite de la parcelle «semis direct».
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( Crédit photo : Laetitia Le Breton Chambre agri 89. ) Analyse de la structuration du sol et de la présence des vers de terre en semis sous couvert.
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Une centaine de participants pour cette journée organisée dans le cadre d’Innov Action.
Dans le cadre du programme Innov’Action, la Chambre d’agriculture de l’Yonne a organisé une journée Portes Ouvertes chez Jean-Charles Van Melle, agriculteur à Vauluisant, engagé dans une démarche de semis direct sous couvert depuis une vingtaine d’années.
Né à Vauluisant, Jean-Charles Van Melle s’est installé sur l’exploitation familiale en 1982, après des études d’ingénieur à Angers. Une formation scientifique qui n’est pas sans relation avec l’option choisie de se lancer dans le non labour : «après le décès de on père en 1988, j’ai repris deux ans plus tard une exploitation de 96 ha, quelques km d’ici, venant se rajouter aux 241ha du Gaec sur la ferme de Vauluisant et c’est là que j’ai démarré. En tant qu’étudiant, j’avais fait mon mémoire de fin d’études sur le thème des analyses de sol et travaillé pour cela sur plus de 1 500 analyses de terre différentes. J’ai pour cela rencontré de nombreux agriculteurs dans l’ouest, essentiellement éleveurs et c’est ce qui m’a fait mettre le doigt sur les différentes façons de travailler…» Ils étaient alors peu nombreux à se lancer dans le non labour. Un travail du sol superficiel, avantagé ici, par des exploitations d’un seul tenant avec de grandes parcelles, motivé au départ pour économiser du temps. C’est à partir de 2001, que Jean-Charles Van Melle a évolué vers le semis direct : «pas forcément un objectif en soi, mais plutôt un moyen, afin d’avoir des terres mieux structurées, tout en ne m’interdisant pas le passage d’un outil de déchaumage si besoin. On s’est vite aperçu qu’il fallait que les sols soient toujours couverts. Faire du semis direct sur un sol nu, ça n’a pas de sens et c’est là qu’on a mis en place un système de couverts végétaux». Aidé en cela par des types de sol adaptés : «dans l’ensemble des terres saines, qui drainent bien, principalement argilo calcaire à Vauluisant, avec des argiles et des limons et plus d’argiles à cailloux sur la seconde exploitation».

Passage total en semis direct sous couvert végétal en 2006
Premiers semis sous couvert avec des semis de blé dans des repousses de colza. Les orges de printemps et les blés de maïs étant encore semés avec le matériel acquis en 1990, un Sem Exact de chez Horsch. C’est en 2006 que toute la ferme a été passée en semis direct sous couvert végétal. Pour un assolement assez diversifié, comme en 2015, avec une quinzaine de cultures différenciées, où le blé occupe la première place (34%), suivi du colza (13%), des orges de printemps (8%) et des orges d’hiver (7%). Viennent ensuite : maïs irrigué, pois, soja, pois irrigué, luzerne, sarrasin, luzerne semences, féverole. Avec une partie des terres en jachère et l’autre en prairie : «on essaie de faire des rotations longues sur 5 ans, l’objectif étant de ne pas être obligé de faire des antigraminées dans le blé et le colza. On a au final très peu de vulpin, le brome a quasiment disparu, même s’il reste encore un peu de ray-grass». Type de rotation pour gérer les adventices sur le long terme : 2 cultures dicotes suivies de 2 cultures graminées et si possible, 2 cultures de printemps auxquelles succèdent 2 cultures d’automne. Les sols sont systématiquement couverts après la moisson, avec par exemple, en interculture longue, entre un blé et un maïs : féverole + vesce + radis fourrager + phacélie. Ou entre deux pailles : de la vesce + de la moutarde brune. Cette dernière étant également utilisée entre du pois et du blé.

Une réduction des charges liées à la mécanisation
Coté rendement, un comparatif de l’exploitation a été réalisé, portant de 1999 à 2016, avec les résultats obtenus par un groupe technique du secteur aux pratiques plus conventionnelles. A partir notamment d’un coefficient de variation obtenu à partir de la moyenne annuelle. Plus le CV est élevé, plus les rendements sont différents d’une année l’autre. Un bon point en blé pour la ferme de Vauluisant, avec un CV de 14% (contre 16,3% pour le groupe technique). Même tendance pour les orges d’hiver, avec notamment des rendements moins pénalisés en 2016 qu’ailleurs. Variation plus négative en revanche en colza, avec un taux à 11,8% pour le groupe d’agriculteurs voisins contre 18,2% pour Jean-Charles Van Melle. De bons résultats en orge de printemps, comme en 2015, avec des rendements à près de 90 q/ha pour Vauluisant, contre à peine plus de 70% pour le groupe. Les deux courbes au fil des années, étant assez proches, en marges brutes à l’ha. Même constat en ce qui concerne les charges en phytos, comme en 2016 : 154 €/ha pour Vauluisant, contre 147 €/ha pour les agriculteurs voisins.

C’est sur les charges de mécanisation que le système est le plus probant, avec un montant de 231 €/ha, contre 297 €/ha pour le groupe technique. Commentant les résultats, Richard Wylleman, technicien mécanisation à la Chambre d’agriculture de l’Yonne, reste prudent : «bien prendre en compte que c’est le résultat d’une exploitation et pas d’un système, lié à l’agriculteur lui-même. L’analyse porte sur 20 années d’expérience. Quid des systèmes en phase de transition?»

Dominique Bernerd

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