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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 28-09-2017]

Enjeux pour l’agriculture de conservation des sols

Explications avec Sarah Singla, ingénieur agronome et agricultrice

Ingénieur agronome de formation, agricultrice en agriculture de conservation des sols dans l’Aveyron, Sarah Singla. En marge d’une conférence organisée le 18 septembre en Eure-et-Loir, elle a fait le point sur les conséquences d’une possible interdiction du glyphosate sur les pratiques agricoles vertueuses comme l’agriculture de conservation.
- Que peut devenir l’agriculture de conservation des sols sans le glyphosate ?
Sarah Singla : «Elle risque d’être freinée… Aujourd’hui, c’est un outil, mais notre objectif est vraiment de développer une agriculture qui va permettre de répondre aux enjeux auxquels on est confronté, dans le cadre du plan climat, du 4 pour 1 000 qui permettait de stocker du carbone dans le sol. Ce dont on a besoin, c’est que l’on nous aide à trouver des alternatives pour aller encore plus loin demain».

- Existe-t-il justement des pistes d’alternatives aujourd’hui ?
«Aujourd’hui, il n’y en a pas. C’est la raison pour laquelle il faut que l’ensemble des acteurs se mettent à nous aider, notamment la recherche : on veut diminuer l’utilisation de ce produit, ok, comment est-ce qu’on peut faire ?»

- Cette interdiction mettrait donc en danger l’agriculture de conservation, qui est pourtant un atout vis-à-vis de l’environnement ?
«Elle va mettre cette agriculture en danger dans le sens où certaines personnes vont faire marche arrière, c’est très clair, et du coup en faisant marche arrière, tous les engagements que l’on avait pris vis-à-vis de l’accord Climat, du 4 pour 1 000 en disant qu’on allait séquestrer du carbone dans le sol via les plantes vivantes, via le fait qu’on ne travaille plus le sol, tout cela va s’arrêter. D’autre part, au niveau international, si nous agriculteurs français on n’a plus le droit d’utiliser du glyphosate, la France continuera quand même d’importer des matières premières sur lesquelles il y aura eu cette matière active».

- Y-a-t-il aussi un risque d’utilisation de plusieurs désherbants en même temps pour remplacer un seul produit ?
«Malheureusement, on va polluer plus, parce qu’on risque d’utiliser plus d’antigraminées, plus d’antidicots, et je ne pense pas que la solution soit là. La solution est plutôt que l’on s’axe, tous ensemble, tous ceux qui travaillent sur cette problématique agricole, sur comment diminuer l’utilisation, et que ce ne soient pas uniquement les agriculteurs qui cherchent, mais qu’il y ait un réel partenariat, que l’on vienne nous aider sur les parcelles à développer une agriculture qui puisse répondre à tous les enjeux. Nous, on est prêts à avancer beaucoup plus loin, mais il faut qu’on nous donne le temps aussi de trouver des alternatives et que l’on soit accompagnés».

- N’est-ce pas contradictoire d’utiliser un produit comme le glyphosate tout en prônant la préservation de la vie du sol ?
«Non, il faut être très clair : aujourd’hui, toute agriculture quelle qu’elle soit a un impact sur la nature. Une agriculture naturelle, c’est un oxymore. Soit on laisse faire la nature, soit on fait de l’agriculture, mais même l’agriculture biologique a un impact. On s’est rendu compte qu’un travail du sol a plus d’impact qu’un peu de produit phytosanitaire. Le glyphosate, son action est d’arrêter la photosynthèse. Donc temporairement, on arrête une plante en place, mais juste après, comme on met en place une nouvelle culture, cette nouvelle culture réalise de la photosynthèse, sécrète des sucres au niveau des racines, et elle va nourrir la vie du sol. On minimise l’impact, d’autant plus que la dégradation de ces molécules-là, du fait qu’elles soient sur de la matière organique vivante, et par la microbiologie, va se faire beaucoup plus rapidement».
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