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NIEVRE

[Article mis en ligne le 10-08-2017]

ICHN

«Révolté par la faible qualité de la parole de l’Etat»

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«Les déficits de trésorerie ne pourront se combler qu’en plusieurs années», souligne Stéphane Aurousseau, président de la FDSEA 58.
Arrêté sur les zones de non traitement, interdiction d’épandage sur les SIE, financement des ICHN, c’est une rentrée pour le moins animée qui s’annonce pour la FDSEA de la Nièvre. Stéphane Aurousseau, président du syndicat nivernais, nous dresse le panorama des principaux dossiers à l’ordre du jour.
- Un nouvel arrêté est en cours de rédaction, qui doit réglementer l’usage des produits phytosanitaires à proximité des cours d’eau. Où en est ce dossier ?
Stéphane Aurousseau : «L’arrêté est toujours en cours de rédaction. Les zones de non traitement sont définies par l’agrément des produits phytosanitaires par rapport à des cours d’eau. Ce qui est discuté principalement c’est la définition de ce qu’est exactement un cours d’eau. Nous étions régis jusqu’à présent par un arrêté de 2006. Celui-ci a été cassé à cause d’un problème de légalité en début d’année. Naturellement, la Préfecture doit proposer un nouvel arrêté. Les discussions ont démarré au mois de juin, la DDT a réuni les quatre syndicats agricoles et la Chambre d’agriculture. Après consultation, le Préfet va rédiger un projet d’arrêté qui sera soumis à consultation publique fin août. Cette procédure de consultation précédera l’arrêté définitif.»

- Quelle est la position de la FDSEA ?
S.A. : «Notre position, c’est d’avoir une protection des cours d’eau et de retenir comme définition d’un cours d’eau la même que celle utilisée pour la loi biodiversité. Il ne faut pas que l’on ait plusieurs définitions.»

- Quel serait le danger, selon vous, d’avoir plusieurs définitions d’un cours d’eau ?
S.A. : «L’enjeu pour les agriculteurs c’est la perte de la surface agricole... c’est pour cela qu’il faut s’entendre sur ce qu’est un cours d’eau et éviter que l’on en classe de manière excessive. Dans la prise en compte des points d’eau, nous souhaiterions qu’il y ait une taille minimale et que l’on retienne ceux qui sont d’une taille supérieure à 2 hectares. Or l’administration veut retenir tous les points d’eau et ne tient pas compte de nos remarques. On va mobiliser les agriculteurs afin qu’ils participent à la consultation publique car à chaque fois, ce sont des surfaces agricoles perdues et plus cultivables.»

- Depuis un mois environ, l’épandage est interdit sur les surfaces d’intérêt écologique (SIE). Comment cela est-il vécu par les agriculteurs ?
S.A. : «Cette interdiction d’épandage va entraîner une disparition de ces surfaces d’intérêt écologique. Dans la PAC, sur une exploitation d’au moins 5 hectares, les agriculteurs avaient la possibilité d’implanter des cultures de pois, luzerne, protéines utilisées dans l’alimentation animale... Mais sans protection herbicide, les agriculteurs vont devoir arrêter la production car ce n’est pas possible d’avoir une rentabilité. Ce qu’on craint c’est que ces cultures disparaissent. On est dans une démarche où l’on essaie par tous les moyens de limiter les produits phytosanitaires mais on ne mesure pas bien toutes les répercussions que ça peut avoir. Cela ne va pas dans le bon sens car on va faire disparaître des cultures plutôt intéressantes pour le pays car elles se substituent à des cultures d’importation.»

- Par ailleurs le gouvernement a annoncé que les aides ICHN ne pourraient être financées comme cela avait été promis. Quel est votre sentiment ?
S.A. : «853M€ figuraient dans les aides prévues par la PAC. Mais le gouvernement a annoncé que les aides ICHN n’avaient pas été prévues par le budget du gouvernement précédent. Le ministre a rendu publique le 15 juillet dernier sa décision de prélever 4,5% sur les aides de la PAC versées aux agriculteurs. Ceci afin de financer les aides ICHN 2019 et 2020. Donc on va prendre aux agriculteurs pour les indemniser ensuite. C’est insensé. On est révolté par la faible qualité de la parole de l’État. François Hollande s’était engagé sur cet ICHN, sauf qu’on découvre aujourd’hui que cela n’était pas prévu au budget. Et le nouveau gouvernement n’assure pas la continuité et refuse de prendre cet argent sur le budget de l’État. On a alarmé les parlementaires et le Préfet et on va se mobiliser et réagir. On est déçu que le gouvernement actuel veuille faire des économies  mais fasse si peu de cas de l’agriculture, alors que l’on ne cesse de dire que l’agriculture est en situation dégradée. La moitié des agriculteurs auraient moins de 350€ par mois pour vivre. Malgré cela, on va ponctionner des aides aux agriculteurs sans vergogne. Donc il y a d’un côté les mots, d’un autre les actes.»

- La situation semble néanmoins moins catastrophique que l’an dernier pour les agriculteurs, qui ont connu de meilleures récoltes...
S.A. : «Il y a une amélioration par rapport à l’année dernière sur la partie céréales, et heureusement. Les moissons sont dans la moyenne supérieure mais ne suffisent pas à restaurer une vraie rentabilité dans les exploitations. Les déficits de trésorerie ne pourront se combler qu’en plusieurs années. Côté élevage, les cours restent bas. La démarche Coeur de Gamme, avec l’engagement des grandes surfaces à payer la viande au coût de production, n’avance pas très vite.»

Céline Clément

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