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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 10-08-2017]

Céréales

Croissance de la demande agricole en léger ralenti dans les dix ans à venir

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Les échanges commerciaux mondiaux de céréales (ici un chargement dans le port de Rouen) devraient progresser de 448 millions de tonnes d’ici à 2026
L’OCDE et la FAO viennent de publier leurs perspectives agricoles pour la période 2017-2026. Tour d’horizon.
Selon l’OCDE/FAO, les prix des céréales «vont vraisemblablement rester sous pression» à court terme en raison de la faiblesse des cours pendant la période de référence (2014-2016), des conditions de reprise économique plutôt ternes, des stocks importants, des prix du pétrole bas et un dollar fort. Ils devraient augmenter à moyen terme mais moins que l’inflation. Le riz, qui reste la seule matière première de cette catégorie à n’avoir que l’utilisation en alimentation humaine comme référence, souffrira plus fortement de cette évolution que les autres céréales. De façon globale, les prix de toutes les céréales devraient en moyenne être inférieurs à ceux de la décennie précédente mais bien supérieurs à ceux d’avant 2007. Leur production devrait progresser de 12 % sur la période sous revue par rapport à celle de référence.

Production et utilisation
Ce qui donnerait les chiffres suivants : + 78 millions de tonnes pour le blé (+ 11 %) avec l’Inde comme principal contributeur de cette évolution devant l’Union européenne (+ 10 millions), la Fédération de Russie (+ 7 millions), le Pakistan (+ 6 millions) et la Chine (+ 5,5 millions). La production de riz augmenterait de 58 millions de tonnes. Côté maïs, la production pourrait progresser de 138 millions de tonnes (+ 14 %), les États-Unis (+ 29 millions), le Brésil (+ 22 millions), la Chine (+ 14 millions), l’Argentine (+ 11 millions), l’UE (+ 9 millions) et l’Inde (+ 6 millions) contribuant à cette dynamique. Les céréales secondaires enregistreraient une hausse de 30 millions de tonnes (+ 10 %), l’Éthiopie, l’Inde, l’Argentine, la Fédération de Russie et le Nigeria poussant ce mouvement.
L’utilisation globale concernant les céréales devrait progresser de 338 millions de tonnes, soit + 13 %, et ainsi atteindre 2 863 millions de tonnes en 2026. Celle de blé pourrait avancer de 11 %, principalement en raison de la demande en alimentation humaine. La progression concernant les utilisations en alimentation animale viendra principalement de la Chine, du Pakistan et du Vietnam alors que les utilisations de blé dans le secteur des biocarburants compteront pour 1,2 % du total des utilisations en 2026.
Les prévisions d’utilisation de maïs en alimentation animale font état d’une augmentation de 121 millions de tonnes, soit 60 % des utilisations en 2016, en raison d’un développement rapide des secteurs du bétail dans les pays en développement. La consommation humaine avancerait de 19 % sur la période toujours dans les pays en développement.
L’emploi de céréales secondaires progresserait de 34 millions de tonnes (+ 12 %) à cause des besoins en alimentation animale en premier lieu et de ceux en alimentation humaine en second lieu. Le premier segment serait plus dynamique en Afrique alors que le second verrait son expansion provenir plutôt de l’UE et de la Fédération de Russie.
De ce fait, la consommation totale de céréales augmenterait de 560 millions de tonnes entre 2017 et 2026 (à comparer avec les 494 millions de plus de la période de base) et ce sont les pays d’Asie qui contribueront le plus (80 %) à cette dynamique.

Échanges mondiaux
Les échanges commerciaux mondiaux de céréales devraient progresser de 448 millions de tonnes d’ici à 2026, soit une augmentation de 14 %. Ce niveau de projection indique un taux légèrement plus rapide, année par année, que celui de la production. Ceci porterait la part de la production écoulée sous forme d’échanges commerciaux à 15,6 % de la production mondiale. C’est la part du blé mis à la vente sur les marchés qui augmentera le plus (23 % de la production) devant le maïs et les céréales secondaires. La Fédération de Russie, qui a commencé à jouer un rôle de plus en plus important depuis quelques années sur ces marchés mondiaux, devrait renforcer sa présence. Devenue le cinquième exportateur de blé en moyenne au cours de la décennie précédente, elle devrait grimper au second rang sur la période à venir, contribuant pour 15 % des échanges commerciaux globaux. Les pays développés devraient rester les principaux exportateurs de blé et de céréales secondaires dans les dix prochaines années vers les pays en développement.
L’OCDE et la FAO attirent l’attention sur quelques autres points. Parmi eux, les prix relativement bas des céréales par rapport à la décennie passée vont impacter les décisions de planter - ou pas - et par conséquent aussi les réponses à fournir. Ces prix bas mais aussi leur comparaison avec d’autres types de productions végétales «pourraient aboutir à une réallocation des ensemencements». Les changements en Chine et la problématique des stocks de maïs dans ce pays sont d’autres incertitudes pour la décade 2017-2026.

Thierry Michel

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