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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 03-08-2017]

Centre interprofessionnel laitier du Grand-Est

Perspectives laitières à terme

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Daniel Muller (vice-président), Jean-Claude Perrin (trésorier), Véronique Pilet (Cniel), Nathalie Mairet (présidente) et Thierry Bajolet (directeur)
Conjoncture et perspectives des marchés laitiers, décrites par Véronique Pilet, économiste au Cniel, lors de l’assemblée générale de l’interprofession Grand-Est.
Le Centre interprofessionnel laitier du Grand-Est (Cil Ge) couvre vingt trois départements, dont neuf des dix de la région administrative du Grand-Est, les Ardennes exceptées. L’ex région Franche-Comté, l’Ile-de-France, la Côte-d’Or et l’Yonne viennent compléter son périmètre. Ce bassin dispose d’une référence de près de 3,5 milliards de litres de lait, soit
15 % de la production nationale. La même proportion que celle des livreurs, au nombre de 12 202. Sur ces territoires sont fabriqués 28 % des 1,7 Mt de fromages (hors fondus) produites à l’échelle nationale. C’est en rappelant ces grandes tendances que la présidente, la bourguignonne Nathalie Mairet, a ouvert la partie publique de l’assemblée générale le 29 juin, à Laxou.

Installation de 1.500 jeunes
Une des autres caractéristiques du bassin est la grande hétérogénéité des tailles d’exploitation, des structures et de la densité laitière. Un nombre important d’entreprises de transformation conservent leur siège localement.  La Lorraine compte une tradition fromagère, tandis que l’Alsace s’est plus spécialisée dans les laits liquides et la Bourgogne dans les laits fermentés. Onze appellations d’origine protégée sont implantées à l’intérieur de ce bassin, où règne «une réelle dynamique de la production» estime Nathalie Mairet. Depuis 2011, la politique diligentée par le Cil a permis l’installation de 1 500 jeunes agriculteurs et la confortation de 55 000 producteurs, rappelle la présidente. Même si l’installation est un peu plus compliquée ces dernières années.
L’intervenante de cette demi-journée, Véronique Pilet, chef du service économique du Cniel, est revenue sur le contexte de forte crise laitière mondiale depuis deux ans. En cause, la surproduction et une demande stagnante. À l’abondance de l’offre depuis fin 2013 dans les grands bassins exportateurs, viennent s’ajouter la fin des quotas en Europe, puis l’embargo russe et enfin le recul des importations chinoises. Conséquence, le prix a fortement baissé passant de 400 €/1000 l en 2014 à 280 € à l’été 2016, pour remonter à 317 € en avril 2017. Dans le même temps, les charges à la production sont demeurées élevées et le revenu chute depuis deux ans. Véronique Pilet développe ensuite l’amélioration relative de la conjoncture depuis mi-2016 et la reprise des cotations des produits industriels. La poudre de lait écrémé est montée au-delà de 2 200 €/t fin 2016, pour redescendre à 2 000 €, un niveau qui laisse les experts «dubitatifs», compte tenu de l’accumulation des stocks.  

Jouer la démarcation
Concernant le beurre «la situation est inédite, avec une croissance de semaine en semaine, sans voir de plafond, au-delà de 5 000 €/t». En France, la hausse concernée est celle du beurre industriel qui représente 11,5 % de la collecte. Cette évolution s’explique par l’effet cumulé de la baisse des volumes de lait ; de la réhabilitation de la matière grasse laitière dans l’alimentation et de la moindre proportion de matière grasse dans le lait, pour lequel on privilégiait la matière protéique. La reprise est moins évidente pour la protéine, du fait d’un niveau de stock d’intervention de poudre de lait écrémé très important, à hauteur de 350 000 t, soit 21 % de la production annuelle de l’Union. Enfin, pour les produits de consommation, les évolutions positives se font plutôt attendre.
Véronique Pilet se risque à quelques perspectives de moyen et long terme. «Les experts tablent sur des croissances entre 5 et 10 % des marchés laitiers en valeur, à dix ans». La consommation a déjà progressé de
2,10 % par an sur les quinze dernières années. Un bémol toutefois sur le lait liquide  qui souffre du changement des habitudes de consommation, et dont le repli est pronostiqué. Sur le marché intérieur français, les perspectives sont plus mitigées, avec une stagnation de la consommation et une baisse des prix au rayon crémerie. L’économiste du Cniel termine sur le défi «pour tous les producteurs laitiers, de la création de valeur». La clé est, pour elle, la différenciation par les indications géographiques «ou tout autre moyen». Elle cite en vrac : territoires et/ou solidarité amont ; nutrition santé ; bien-être animal ; proximité consommateur ; alimentation de la vache «sans Ogm, lait de foin». S’il existe une multiplicité de démarches, «parfois le danger est collectif. Il faut s’emparer de la démarcation, afin d’éviter de se faire imposer des cahiers des charges ou des standards extérieurs à la filière».

Jean-Luc Masson

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